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	<title>Le Bricabrac Schizophrénique</title>
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	<description>des idées en vrac, une pincée de bonne humeur et une bonne dose d'amitié...</description>
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		<title>VeÖ &#8211; chapitre V</title>
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		<pubDate>Tue, 04 Jan 2011 19:33:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Ewillana</dc:creator>
				<category><![CDATA[fictions]]></category>
		<category><![CDATA[Voyages en Ogäll]]></category>

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		<description><![CDATA[  V. Les Monts Neigeux À Drakensvärt, l&#8217;agitation était à son comble. La nouvelle d&#8217;une Haxä s&#8217;étant enfuie à dos de Scythe afin d&#8217;échapper à son jugement s&#8217;était répandue comme une trainée de poudre parmi le peuple et avec elle s&#8217;était levé un vent de panique. Déjà, on cherchait les responsables d&#8217;une telle catastrophe et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> </p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><br />
</i></font></p>
<p align="CENTER"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3"><b>V.</b></font></font></i></font></p>
<p align="CENTER"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3"><b>Les Monts Neigeux</b></font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><br />
</i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><br />
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<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">À Drakensvärt, l&#8217;agitation était à son comble. La nouvelle d&#8217;une Haxä s&#8217;étant enfuie à dos de Scythe afin d&#8217;échapper à son jugement s&#8217;était répandue comme une trainée de poudre parmi le peuple et avec elle s&#8217;était levé un vent de panique. Déjà, on cherchait les responsables d&#8217;une telle catastrophe et on préjugeait des conséquences de cette impardonnable négligence.  Chacun redoutait en son fort intérieur une nouvelle levée des Haxä et des images de guerre, d&#8217;asservissement, de messes noires, ressurgissaient du passé comme un lointain cauchemar. Mais si prononcer le mot Haxä faisait frissonner d&#8217;horreur tout un chacun et suffisait à remémorer les pires moments d&#8217;Ogäll, il n&#8217;en avait pas toujours été ainsi. Il y avait de cela cinq cent ans, les Haxä vivaient au milieu de tous et formaient une caste vénérée pour ses pouvoirs et sa sagesse. On les croyait élus des dieux et leurs représentants sur terre. De fait, ils tenaient une place importante dans la vie religieuse en Öskaalie mais aussi dans tout Ogäll. Chaque caste de chaque comté était rattachée à un vaste réseau et le dirigeant de ce réseau était un Haxä à la puissance redoutable, appelé Vilmang. Vilmang était un être d&#8217;une extrême intelligence dont le coeur était aussi dur que la pierre. Une pierre qui n&#8217;en était pas moins dotée de failles infimes qui furent le début d&#8217;une longue période de souffrance pour le monde entier. Vilmang était ambitieux. Une ambition sans bornes ni refuge qui le conduisit à pousser ses pouvoirs toujours plus loin, au travers d&#8217;expériences obscures qu&#8217;il menait en secret dans son cabinet, seulement entouré de quelques pages et assistants. Il voulait découvrir l&#8217;essence de la magie et la posséder, ne plus faire qu&#8217;un avec elle, Être Elle. Ainsi ses pouvoirs ne seraient plus jamais limités par son humanité : faiblesse, fatigue, maladie, vieillesse&#8230; Il acquit rapidement la certitude que la réponse était uniquement en lui. Il aurait beau sacrifier illégalement toutes les créatures dotées de pouvoir anciens, il n&#8217;acquerrait jamais le secret de leur pouvoir. Mais s&#8217;il cherchait profondément dans les tréfonds de son âme, il trouverait là un puits intarissable d&#8217;énergie,  il en était certain. Progressivement, il repoussa les limites de son corps et de son âme et ses années d&#8217;efforts et de sacrifices furent récompensées. Les digues de son humanité se rompirent et la magie jaillit dans sa toute puissance, comme un torrent furieux, indomptable. Mais si Vilmang avait pensé fusionner avec elle, il n&#8217;avait pas prévu de s&#8217;en trouver esclave. Pourtant, la magie ne lui laissa plus jamais un moment de répit. Elle le nourrit autant qu&#8217;elle exigea de lui et il devint à la fois l&#8217;être le plus puissant et le plus misérable que le monde d&#8217;Ogäll ait jamais porté. L&#8217;humanité qu&#8217;il avait tant cherché à fuir l&#8217;avait bel et bien déserté pour faire de lui un monstre hideux, blafard, amaigri, transfiguré par la magie jusqu&#8217;à son dernier degré. Il se cacha alors sous un manteau sombre à large capuche qui devint l&#8217;habit de l&#8217;Haxä. La magie attirant la magie, Vilmang n&#8217;eut plus qu&#8217;une idée en tête : fournir plus de combustible à la maitresse intransigeante qui bouillonnait en lui. Il révéla son nouveau visage au monde. Il choisit pour cela l&#8217;événement le plus important en Ogäll : tous les deux ans avait lieu un grand Conseil des Peuples réunissant tous les grands dirigeants, amis ou ennemis, pour discuter de l&#8217;avenir du monde. Cette année là, le Conseil avait lieu en Öskaalie, à Örnstad, la Cité de l&#8217;Aigle. Cette ville fortifiée avait été taillée à même la montagne. Elle était réputée imprenable de part sa position dominante sur le reste de la région et de son accès particulièrement difficile y compris pour ses habitants eux mêmes. Cela en faisait un lieu privilégié pour la réunion du Conseil, offrant un abri facile à sécuriser. Vilmang y vit une raison supplémentaire d&#8217;y faire la démonstration de sa supériorité, un exploit qui marquerait les esprits à tout jamais. Déjà deux années qu&#8217;il se tairait loin du monde, préparant son jour de gloire, dressant une armée prête à envahir le monde dès qu&#8217;il en donnerait le signal. Quand il fit une arrivée tonitruante en salle du Conseil, personne ne le reconnût d&#8217;abord. Puis la stupeur fit place à toute autre émotion quand Vilmang révéla ses nouvelles marques et son visage hideux. Il s&#8217;exprima ainsi :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Une nouvelle ère se lève. 	Aujourd&#8217;hui, la magie demande à trouver sa véritable 	reconnaissance. Le temps des Haxä est venu. Nous ne resterons plus 	cloitrés dans les temples. Soyez avec nous ou mourrez ! Il n&#8217;y 	aura pas d&#8217;autres alternatives pour les lâches et les rebelles.</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Les dirigeants se levèrent tous en même temps et crièrent au scandale. Comment accepter une telle chose venant de cette caste si respectable ? Mais surtout, personne ne voulait croire que les Haxä puissent être assez puissants pour imposer de telles conditions. Mais Vilmang n&#8217;était pas venu négocier. Il sortit son bâton d&#8217;ébène de sous son manteau et l&#8217;éleva vers le ciel avant de l&#8217;abattre sur le sol. En quelques minutes, la ville entière fut rasée. De ce que fut Örnstad l&#8217;orgueilleuse, il ne resta que quelques remparts fumants. Quand  plus rien ne bougea, Vilmang laissa quelques survivants traumatisés s&#8217;enfuir pour raconter le massacre qui avait eu lieu et répandre la nouvelle de cette catastrophe. Le monde se trouvait dès lors affaibli, la plupart des contrées se retrouvant sans dirigeants et devant faire face à une menace terrifiante à laquelle elles ne s&#8217;attendaient pas. Contre la magie nul n&#8217;était préparé. Vilmang lança ses armées sur le monde, méthodiquement. Les peuples qui vénéraient autrefois les Haxä les craignaient d&#8217;autant plus et se trouvaient presque incapables de se dresser devant eux. La terre entière fut bientôt noyée dans le sang des innocents. Très vite, certaines nations décidèrent de se joindre à Vilmang, pour ne pas mourir. Ces peuples furent aussitôt réduits à la servitude la plus totale et les autres massacrés jusqu&#8217;à complète reddition. Parallèlement, tout nouvel Haxä se devait d&#8217;être recensé et de rejoindre les rangs de l&#8217;armée de Vilmang sous peine de subir un sort funeste. Le monde sombra dans le chaos et la souffrance. Vilmang devint le maitre absolu en Ogäll. Il établit le siège de son pouvoir là même où il l&#8217;avait révélé, dans l&#8217;ancienne Cité de l&#8217;Aigle, plus communément appelée Monts Neigeux quelques siècles plus tard.  </font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"> </p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><br />
</i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Grimma, lui, ne se faisait pas tant de soucis. Il ne suivit même pas les nouvelles. Quand le Conseil se réunit à nouveau pour discuter des recherches à mener et comment procéder, il croisa ses mains derrière son dos et attendit. Alwine Galenwan semblait plus dure et impénétrable que la plus froide des pierres des Monts Neigeux. Elle se maudissait de ne point avoir fait surveiller ce jeune fou de Samuel Amaralas qui, encore une fois, avait fait la preuve de son immense clairvoyance. La matriarche avait l&#8217;air furieux et inquiet, ce qui ne lui correspondait si peu, et les autres membres du Conseil grondaient. Alwine tenta tant bien que mal de calmer les ardeurs de chacune en défendant sa fille, mais ses arguments furent balayés par sa trop grande implication dans l&#8217;affaire. Finalement, elle baissa la tête, vaincue. Quand la matriarche demanda si quelqu&#8217;un avait des suggestions afin de retrouver la fille, Grimma prit enfin la parole, savourant l&#8217;intensité des regards posés sur lui :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- La magie contrôle déjà 	en partie la fille&#8230;. Mais heureusement pour nous, elle s&#8217;est 	échappée à l&#8217;aide d&#8217;un des Scythes de la Horde. Ils ont la 	particularité de ne répondre qu&#8217;à la magie et cette magie leur 	permet aussi d&#8217;être connectés entre eux et de communiquer. Laissez 	moi faire et nous n&#8217;aurons aucun mal à retrouver celui là ainsi 	que la fille. Ensuite, quand nous l&#8217;aurons retrouvée, je 	m&#8217;occuperais personnellement de son cas, si vous le voulez bien. 	J&#8217;ai bien peur de l&#8217;avoir encore sous-estimée et il est maintenant 	trop tard pour revenir sur notre décision.</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">La matriarche hésita un instant en son fort intérieur. Elle n&#8217;appréciait pas être commandée de la sorte par ce perfide, mais elle sentait qu&#8217;elle ne pourrait pas s&#8217;opposer à lui sans engendrer une pagaille sans précédent, et pas seulement au sein du Conseil. Il était temps d&#8217;éloigner cette menace de Drakensvärt. Et le plus tôt serait le mieux. Elle hocha donc la tête et Grimma quitta la tribune, entièrement satisfait par la tournure des événements. Au loin, un petit cheval bigarré s&#8217;enfuyait dans la nuit en direction des Rocheuses. </font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"> </p>
<p><span id="more-68"></span></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Le Scythe se posa dans une alcôve rocheuse, à l&#8217;abri du vent. Les jeunes gens étaient si frigorifiés qu&#8217;ils ne réagirent pas tout de suite, leurs muscles figés par le froid. Saya se décida néanmoins à se laisser glisser sur le côté et ressentit douloureusement le choc dans ses chevilles raides. Quant à Samuel, ce n&#8217;était guère plus glorieux. Si Saya ne l&#8217;avait pas rattrapé, il serait probablement tombé à terre tant il était épuisé. Le vol s&#8217;était avéré long et périlleux, les deux fuyards devant résister au froid intense et s&#8217;accrocher solidement pour ne pas s&#8217;écraser des centaines de mètres plus bas.  Le Scythe resserra ses ailes contre lui, secoua la tête et darda sur eux un regard d&#8217;envie qui ne disait rien qui vaille. Sam, que le froid faisait bégayer, demanda :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Tu es sûre que c&#8217;est une 	bonne idée de le garder ?</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Saya haussa les épaules et répondit :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Je n&#8217;en sais rien, mais si 	tu veux te prêter volontaire pour le chasser, vas y. 	Personnellement, je ne me sens pas d&#8217;aller le contrarier.</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Sam se renfrogna :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Tant qu&#8217;il n&#8217;espère pas me 	bouffer pour le déjeuner, je crois que je pourrais supporter son 	odeur d&#8217;oeuf pourri.</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">La jeune fille ne put s&#8217;empêcher de sourire :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Pourtant, tu es déjà cuit 	à point, grâce aux talents de ce prédicateur. Tu dois avoir une 	odeur bien alléchante pour le Scythe.</font></font></i></font></p>
<p> </p>
<p><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Ah ! Très rassurant, merci Saya ! Je suis bon pour ne pas fermer l&#8217;oeil 	de la nuit !</font></font></i></font><i> </i></p>
<p>p { margin-bottom: 0.21cm; }</p>
<p align="JUSTIFY"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Mais bientôt l&#8217;écho de son rire rejoignit celui de Saya qui ne cachait plus son hilarité. Ils étaient frigorifiés, perdus dans les Rocheuses, sans ressources ou presque, et en présence d&#8217;un prédateur redoutable, mais ils étaient en vie et ensemble. Ils décidèrent de ne pas allumer de feu pour ne pas attirer d&#8217;éventuels poursuivants ou d&#8217;autres créatures peu fréquentables et Saya ouvrit son baluchon à la recherche de la nourriture qu&#8217;elle y avait entreposé pèle mêle en partant. Elle faillit pousser un cri lorsqu&#8217;elle sentit quelque chose d&#8217;inhabituel à l&#8217;intérieur. Des poils. Le coeur battant, elle écarta un peu plus les pans de son sac de voyage et l&#8217;approcha de l&#8217;ouverture de l&#8217;alcôve afin d&#8217;y faire pénétrer quelques rayons de lune et d&#8217;y voir un peu plus clair.  Comme Sam la regardait étrangement, se demandant se qu&#8217;elle fabriquait, Saya expliqua d&#8217;une voix tendue :</font></font></i></p>
<p> </p>
<p><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Il y a quelque chose 	d&#8217;étrange et de poilu dans mon sac.</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Ils se penchèrent tous les deux au dessus, Sam ayant dégainé son poignard par anticipation, des fois qu&#8217;une créature du désert peu recommandable se soit faufilée à l&#8217;intérieur. Mais il rengaina bien vite son arme en découvrant ce qui se cachait là. Un Stigg à la peau du ventre bien tendue dormait comme un bienheureux au milieu des vêtements de Saya et au vu des miettes et des résidus, il avait copieusement diné avant de décider de piquer un petit somme. Les Stigg passaient la plupart de leur temps à manger et à voler (ces deux activités allant de pair chez eux) mais il adoraient par dessus tout se réfugier dans des endroits exigus et douillets dans lesquels ils pouvaient s&#8217;endormir profondément sans risquer d&#8217;être dérangés. Celui là avait visiblement trouvé son paradis : nourriture en abondance et vêtements chauds. Roulé en boule sur le côté, sa longue queue entourée autour de son corps, rien ne semblait pouvoir le réveiller. Voyant que la petite créature à peine plus grande qu&#8217;une main avait réussi à engloutir si vite leurs maigres réserves de nourriture, Saya imagina une correction fort sévère à infliger au petit opportuniste  pour son forfait, mais il dormait si bien, et il semblait si abandonné dans ses vêtements, qu&#8217;elle n&#8217;eut pas le coeur de le déranger. Sam soupira et la prévint :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Ce monstre va aussi dévorer 	tes vêtements quand il aura faim et qu&#8217;il sera réveillé ! 	Après avoir englouti nos seules réserves, il mériterait bien 	qu&#8217;on le fasse rôtir !</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Mais Saya n&#8217;écoutait déjà plus Sam. Elle était beaucoup trop occupée à caresser le petit ventre blanc qui s&#8217;offrait à elle du bout de l&#8217;index. Sam secoua la tête et cela lui permit de voir l&#8217;intérêt dans le regard du Scythe non loin. L&#8217;atmosphère s&#8217;alourdit brutalement et Sam n&#8217;eut que le temps de crier le prénom de son amie que le Scythe bondissait en avant pour attraper la petit chose chaude dont le coeur battait si vite et qu&#8217;il venait de sentir. Le Stigg s&#8217;éveilla dans le même temps, perturbé par la menace qu&#8217;il sentait confusément non loin et jaillit comme un diable hors du sac. Saya se mit entre le Scythe et sa proie et tendit une main en avant pour se protéger, dans un geste réflexe. Le Stigg bondit dans ses cheveux et se réfugia dans sa nuque en enroulant sa queue autour de son cou, ce que, de mémoire de svärtien, aucun Stigg n&#8217;avait jamais fait avec un humanoïde. Saya reçut comme un choc lorsque le petit animal au pelage fauve rayé de noir entra en contact avec elle. Comme si elle avait été touchée par un objet métallique venant juste d&#8217;être frappé par la foudre. Les battements de son coeur s&#8217;accélèrent brutalement et soudain sa vision et ses sens s&#8217;élargirent, se diversifièrent. Elle voyait, sentait, entendait tout ce que le Stigg sentait ! Et elle ressentait profondément la terreur qu&#8217;il éprouvait, elle distinguait même les battements frénétiques de son coeur sur sa peau nue qui semblaient se propager comme une onde le long de sa gorge et de sa poitrine. Le flot de ces sensations la désorienta un instant et le Scythe fut sur elle en moins de temps que cela. Sa tête aux crocs luisants entra en contact à nouveau avec sa main et le fluide glacial la parcourut comme la première fois. Mais cette fois, elle y était préparée et repoussa aussitôt les images mentales de la créature. Elle envoya en sens inverse toute sa colère et sa peur dans un refus muet et le Scythe recula, l&#8217;air contrarié. La jeune fille commençait à comprendre comment fonctionnait la communication avec cet être terrifiant et décida de s&#8217;approcher de lui pour poser à nouveau sa main sur son front. Elle visualisa les montagnes et la sensation de faim qui la tenaillait depuis quelque temps. Elle s&#8217;efforça d&#8217;imaginer un troupeau de bouquetins, malgré la répulsion que cela lui causait d&#8217;inciter le Scythe à chasser. Mais il lui semblait qu&#8217;aucune autre alternative ne se présentait à eux et elle ne voulait pas risquer un accident pendant la nuit. Le Scythe émit un long grondement guttural et elle crut entendre distinctement le son « ragnark » dans ce qu&#8217;il lui semblait être une démonstration de la bonne humeur de la créature. Elle enleva sa main prudemment et le Scythe s&#8217;élança dans la nuit sans un regard en arrière. Sam n&#8217;avait pas eu le temps de faire quoique ce soit et restait médusé à fixer sa meilleure amie, la bouche ouverte.</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Comment as tu fait ça ??</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Saya le regarda comme si c&#8217;était l&#8217;évidence même :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Les Scythes communiquent. 	Quand j&#8217;ai touché Ragnark, j&#8217;ai vu des images qu&#8217;il m&#8217;envoyait et 	je lui ai répondu de la même façon.</font></font></i></font></p>
<p><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Ragnark ?</font></font></i></font><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3"></font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Oui. Je crois que c&#8217;est 	comme ça qu&#8217;il s&#8217;appelle&#8230;</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Puis elle passa une main dans ses cheveux et caressa du bout des doigts le petit Stigg qui se mit à frotter ses dents les unes contre les autres en signe de contentement. Saya restait pensive. Elle n&#8217;avait jamais communiqué autant et d&#8217;une manière si étroite avec les créatures non humanaïdes l&#8217;entourant. Il lui semblait soudain que l&#8217;univers entier dans lequel elle évoluait était bien plus vaste et complexe que tout ce qu&#8217;elle avait imaginé jusque là et cela lui donna un peu le vertige. Bientôt, le petit animal dans ses cheveux commença à lui ronger les ongles minutieusement, en guise de toilettage mutuel. Elle sortit de sa songerie quand elle sentit Sam bouger avec difficulté. Elle se rappela alors qu&#8217;il était blessé et se précipita vers lui. Le jeune homme essayait de leur faire une couche improvisée pour la nuit avec les affaires de Saya. Elle lui prit les affaires des mains :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Attend, Sam, je vais le 	faire. Repose toi.</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Samuel aurait bien protesté mais c&#8217;était tout juste si ses jambes le portaient encore. Alors il laissa Saya disposer quelques vêtements sur la paroi rocheuse et obéit quand elle lui demande d&#8217;ôter sa chemise en lambeaux. Ce n&#8217;était guère beau à voir : malgré l&#8217;absence de lumière, on distinguait nettement de profondes zébrures et des cloques sur tout la largeur de son dos. Saya se demandait avec angoisse comment aider son ami. Elle n&#8217;avait aucune trousse de premiers secours et il était trop tard pour se lancer à la recherche de plantes médicinales dans le désert. Sans parler du fait qu&#8217;ils devaient rester discrets. Dans le même temps, laisser les blessures de Sam en l&#8217;état, c&#8217;était risquer l&#8217;infection à coup sûr. La peau suintait par endroits et nul doute que cela ne guérirait pas seul. Sam suggéra maladroitement :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Une bonne nuit de sommeil, 	et je me sentirais déjà mieux&#8230;. Et puis, il fait trop sombre, on 	y verra plus clair demain matin&#8230;.</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Saya repensa aux paroles de son ami dans la chambre, quand il lui avait affirmé qu&#8217;elle pouvait modeler sa magie à son image. Que rien n&#8217;était tout bon ou tout mauvais en ce monde. Si elle se concentrait, peut être pouvait elle aider Sam&#8230;. Mais comment être sûre de ne pas lui faire de mal ? Elle en tremblait, rien qu&#8217;à l&#8217;idée.</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Saya ?</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">La jeune fille s&#8217;ébroua et balbutia :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Je me demandais si&#8230; Peut 	être que ma magie pourrait t&#8217;aider&#8230; Si seulement je savais 	comment m&#8217;en servir&#8230;</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Sam frissonna dans l&#8217;air du soir. L&#8217;idée de servir de cobaye à la magie de Saya ne l&#8217;enchantait guère, d&#8217;autant qu&#8217;il venait de faire les frais de la dite magie, mais il savait que sa réaction serait décisive dans la façon dont se percevrait Saya et celle dont elle verrait sa magie.  Alors il prit un ton dégagé pour répondre :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- C&#8217;est une bonne idée ! 	</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Saya sentit qu&#8217;il prenait un ton beaucoup plus léger que ce qu&#8217;il ressentait vraiment mais fut reconnaissante d&#8217;une telle marque de confiance de sa part. Néanmoins, elle était loin d&#8217;être aussi confiante que lui. Sam, voyant qu&#8217;elle hésitait toujours, insista :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Allez, quoi, Saya, tu ne 	vas pas te défiler ! J&#8217;ai confiance en toi ! Je sais que 	tu peux le faire ! Je t&#8217;ai connue beaucoup plus courageuse que 	ça !</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Il jouait toujours sur la corde sensible avec elle, surtout en attaquant sa fierté et sa détermination. Saya fronça les sourcils, pas dupe du stratagème :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Il ne s&#8217;agit pas d&#8217;un 	stupide défi, Sam, mais de  toi et de ton dos ! Je ne veux pas 	te faire de mal !</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Samuel prit un ton catégorique :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Très bien. Alors, il n&#8217;y a 	plus à en discuter. Dormons, nous aviserons demain.</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Sans laisser le temps à son amie d&#8217;ajouter quoique ce soit, il s&#8217;enroula précautionneusement dans sa chemise et se coucha sur le côté. Saya restait torturée mais elle finit par se dire qu&#8217;il valait mieux prendre le risque d&#8217;un début d&#8217;infection plutôt que de brûler Sam encore plus sévèrement. Elle repensait au cadavre fumant du Skaad et frissonna d&#8217;horreur.  Elle avait encore du mal à réaliser qu&#8217;elle était à l&#8217;origine de cette&#8230; chose. Elle ne parvenait même pas à  le définir. Le Stigg dans sa nuque se colla plus étroitement encore contre sa peau, peut être aussi conscient qu&#8217;elle de ce qu&#8217;elle ressentait, et elle eut un sourire amer. Il y avait bien des avantages à ses nouveaux pouvoirs&#8230; Mais à quel prix ? Elle se glissa dans le noir près de Samuel, se blottissant contre sa poitrine et en rabattant sur eux sa cape, maigre rempart contre le froid de la nuit. Le Stigg lui mordilla l&#8217;oreille comme s&#8217;il tétait sa mère, un geste instinctif pour lui, et Saya comprit qu&#8217;il était encore très jeune, peut être tout juste sevré. Il semblait s&#8217;en remettre totalement à elle pour sa sécurité et siffla doucement en signe de gratitude. Samuel soupira :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- J&#8217;espère qu&#8217;il ne va pas 	roucouler toute la nuit, sinon je te promets que je l&#8217;étrangle !</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Il passa douloureusement un bras autour de la taille de son amie afin de partager leur chaleur au maximum et elle s&#8217;en trouva bien aise. Elle répondit quelque temps plus tard :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Sili est mon protégé 	maintenant&#8230; Il me fait confiance.</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Sam eut un rire narquois :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Je suppose que lui aussi &laquo;&nbsp;communique&nbsp;&raquo; et que vous avez fait les présentations&#8230;</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Non. Il n&#8217;a pas l&#8217;air de 	savoir parler. Mais quand il siffle, ça fait ce petit bruit 	« silisilisilisili »&#8230;.  Tu n&#8217;entends pas ? </font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Sam secoua la tête et répondit :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Dors Saya&#8230; Nous aurons 	besoin de toutes nos forces demain matin.</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Saya sourit en sentant une légère pointe de jalousie dans les propos de son ami et ferma les yeux. Soudain, toute la fatigue de cette journée mouvementée s&#8217;abattit sur elle et ses muscles se détendirent peu à peu. À l&#8217;instar de Sili, elle sombra alors dans la profondeur des limbes de Nyctea, la déesse de la nuit en Ogäll.  Comme dans un étrange cauchemar, elle vit derrière ses paupières fermées d&#8217;étranges flocons de neige tourmentés par des vents impétueux, et le gris des montagnes où on voyait rougeoyer au loin un immense brasier, qui illuminait de ses feux la vallée en contre-bas. </font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><br />
</i></font></p>
]]></content:encoded>
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		<title>VeÖ &#8211; chapitre IV</title>
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		<pubDate>Thu, 16 Dec 2010 19:59:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Ewillana</dc:creator>
				<category><![CDATA[fictions]]></category>
		<category><![CDATA[Voyages en Ogäll]]></category>

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		<description><![CDATA[IV. Le verdict C&#8217;était le moment de voter. En effet, lorsque le cas d&#8217;un Haxä posait problème, on devait procéder à un vote des membres du Conseil et la majorité décidait de l&#8217;avenir de l&#8217;individu concerné. En Öskaalie, ce principe était appliqué mais la matriarche votait en dernier lieu, donnant symboliquement la décision finale. De [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="CENTER"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">IV.</font></font></i></font></p>
<p align="CENTER"><font size="4" color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font>Le verdict</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><br />
</i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">C&#8217;était le moment de voter. En effet, lorsque le cas d&#8217;un Haxä posait problème, on devait procéder à un vote des membres du Conseil et la majorité décidait de l&#8217;avenir de l&#8217;individu concerné. En Öskaalie, ce principe était appliqué mais la matriarche votait en dernier lieu, donnant symboliquement la décision finale. De même si on aboutissait à une égalité parfaite (ce qui était impossible si tous les membres du conseil étaient présents), c&#8217;était l&#8217;avis de la matriarche qui était pris en compte. Les visages étaient graves ce soir là. Il y avait bien longtemps qu&#8217;on n&#8217;avait pas eu à prendre une décision aussi radicale pour la vie d&#8217;un citoyen de la cité. Grimma s&#8217;en moquait royalement. Dans tous les cas, il serait gagnant, l&#8217;important étant d&#8217;avoir semé le doute et la peur dans le coeur du Conseil. Si Saya mourrait ce soir, il n&#8217;aurait plus à s&#8217;en soucier. Si elle lui était finalement imposée, il s&#8217;en servirait comme bon lui semblerait. Et de ce qu&#8217;il avait pu en voir, se charger de son cas serait loin d&#8217;être une corvée. Le plus délicat était de savoir à quel point son intervention avait divisé l&#8217;assemblée. Il eût la réponse quelques instants plus tard quand la matriarche annonça solennellement :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Ainsi, il est temps de 	voter, mes filles. Qui est pour laisser la vie à l&#8217;Haxä Saya 	Galenwan ?</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">On avait l&#8217;habitude de voter à main levée tous en même temps afin de limiter l&#8217;influence des autres sur son vote. Aussi, quatre mains se levèrent simultanément en réaction à cette question. C&#8217;était bien entendu Alwine Galenwan, mais aussi  la sage Mektild Anur, la douce Sybille Ceres et l&#8217;impétueuse Bathilda Galarùr. Mais avant que quiconque ne dise quoique ce soit, Grimma déboula au milieu du cercle et protesta :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Comment ? Alwine 	Galenwan est autorisée à voter avec tous les intérêts personnels 	qu&#8217;elle a dans cette affaire ?</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">À ce moment là, celles qui n&#8217;avaient pas encore voté approuvèrent et le camp opposé, lui, protesta que ce n&#8217;était pas protocolaire et totalement arbitraire d&#8217;évincer Alwine du vote  à ce stade . La matriarche leva la main en l&#8217;air pour réclamer le silence et dit :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Très bien. J&#8217;entends vos 	arguments, aussi le vote d&#8217;Alwine ne sera-il pas pris en compte. 	Nous avons donc 3 voix pour et 4 contre.</font></font></i></font><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3"></font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Les visages étaient blêmes à part celui d&#8217;Alwine qui bouillonnait de colère aux côtés de la matriarche. Dans quel camp Hera Soleres allait-elle se positionner sachant que la majorité était contre ?  Grimma pensa qu&#8217;elle allait voter contre, pour ne pas se mettre à dos le conseil et éviter une escalade populaire en cas de problème. Très digne, elle mit fin à ses spéculations :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- En ce qui me concerne, je 	vote pour. Ainsi l&#8217;Haxä vivra.</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Alwine n&#8217;en croyait pas ses oreilles. Sa fille allait vivre !! La matriarche allait à l&#8217;encontre de la majorité pour sauver Saya ! Elle en aurait pleuré de soulagement si elle ne s&#8217;était pas si bien contenue. Néanmoins, elle était bien la seule à se sentir le coeur aussi léger. L&#8217;annonce de la décision de la matriarche faisait grand bruit au sein des partisanes du « contre ». On criait au scandale, on accusait la matriarche d&#8217;être partiale et aveuglée par son affection pour Saya, qui était la fille d&#8217;une de ses proches collaboratrices. Grimma, quant à lui, fut surpris par une telle imprudence de la part d&#8217;Hera, si pondérée et prête à tout pour la sauvegarde de la Cité et de son trône. Mais soit, s&#8217;il fallait faire avec la fille, alors il la modèlerait à son idée et finirait par la manipuler comme une marionnette. Et si elle n&#8217;était pas assez docile, il la tuerait tout simplement, comme il en avait supprimés tant d&#8217;autres, des rétifs et des incorruptibles. La matriarche haussa le ton :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- J&#8217;espère que la chef 	suprême de Drakensvärt a encore le droit de voter selon son coeur 	et sa raison ! Ma décision est prise, qu&#8217;elle vous plaise ou 	non. Personne ne peut me taxer de partialité alors que j&#8217;ai accepté 	d&#8217;évincer Alwine lors du vote ! Quant à celles qui pensent 	que je ne suis plus compétente pour siéger sur ce trône, qu&#8217;elles 	viennent me défier officiellement.</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Tout le monde se tut et la matriarche poursuivit :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Nous sommes donc d&#8217;accord. 	Nous reste alors la seconde décision à prendre : L&#8217;Haxä 	ira-elle rejoindre la Horde aux Monts Neigeux  ? Que celles qui 	sont pour lèvent la main.</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Toutes les mains se levèrent dans un même mouvement et Grimma se réjouit d&#8217;avance de ce nouveau défi qui s&#8217;ouvrait à lui. </font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><br />
</i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">À bout de souffle, Samuel s&#8217;accroupit sur le toit afin de ne pas être remarqué. La grande bâtisse où résidait Saya et sa mère n&#8217;était plus qu&#8217;à quelques mètres de lui. On ne distinguait la somptueuse villa que quelques tuiles rouges du toit et des têtes de palmiers l&#8217;entourant. En effet, la propriété était protégée par de hauts murs la séparant du reste de la ville et de ses habitants. C&#8217;était une précaution courante chez les gens de la haute société qui souhaitaient jouir de la plus grande intimité possible dans cette cité où il suffisait de tendre le bras à travers sa fenêtre pour voler son voisin. La mère de Saya était une personnalité politique de haut rang, elle avait donc amassé au fil de sa carrière de quoi faire construire une des propriétés les plus imposantes et convoitées de Drakensvärt qu&#8217;elle faisait jalousement garder par des gardes à l&#8217;entrée et des hommes chargés de faire des rondes de jour comme de nuit. Mais ce n&#8217;était pas un problème pour Samuel et Saya qui avaient l&#8217;habitude de se retrouver en cachette en utilisant une faille dans les mesures de sécurité d&#8217;Alwine Galenwan. En effet, il existait dans les murs d&#8217;enceinte un endroit plus irrégulier où le crépis à la chaux était tombé, laissant voir les pierres. Alwine avait maintes fois tenté de les faire recouvrir mais bizarrement, l&#8217;enduit ne tenait jamais. Elle avait fini par renoncer, ne sachant pas que sa fille et son meilleur ami s&#8217;ingéniaient à saboter le travail  afin de conserver le privilège de leur liberté. Samuel sourit derrière son turban en repensant à ces nuits passées à gratter consciencieusement l&#8217;enduit frais, les sens en alerte afin  de ne pas être surpris par un garde. Immanquablement, il repensa aussi à ces moments de pur bonheur passés sur le balcon de Saya où dans les branches du palmier leur servant de tremplin pour passer de la maison aux murs d&#8217;enceinte, refaisant le monde à deux, emmitouflés dans  des couvertures, les yeux rivés sur la voie lactée. Ils parlaient à voix basse, l&#8217;écho de leurs conversations masquées par le souffle du vent froid venant des montagnes, et ils échafaudaient les plans de leur vie future, leurs rêves d&#8217;enfant paraissant aussi palpables et brillants que les étoiles qu&#8217;on semblait pouvoir toucher du doigt dans la nuit noire. Il revit la première fois où elle l&#8217;avait embrassé, lui, le gamin des rues, répondant à un défi qu&#8217;il s&#8217;étaient lancé quand il avaient une douzaine d&#8217;années. Elle l&#8217;avait regardé avec ses yeux rieurs et effrontés qui n&#8217;avaient peur de rien et sans ciller, elle avait posé ses lèvres sur sa bouche à lui, Samuel Amaralas. Puis, voyant que son visage virait au cramoisi sous son teint hâlé par le Soleil, elle avait éclaté de rire et lui en avait donné un deuxième, juste pour voir s&#8217;il pouvait encore changer de couleur. Samuel s&#8217;était senti affreusement gêné, vexé d&#8217;avoir perdu le pari, mais aussi incroyablement léger avec cette sensation de chaleur qui irradiait sa poitrine et faisait battre son coeur plus vite bien que le Soleil n&#8217;y soit pour rien. Il aimait plus que tout le sourire éclatant de Saya, ses lèvres douces et charnues, ses grands yeux clairs en amande qui semblaient toujours goguenards ou demander « pourquoi ? », ses pommettes hautes et son petit nez mutin planté au milieu de son visage comme un défi aux canons de beauté classique. Mais surtout, il aimait l&#8217;incroyable énergie et la liberté de Saya, son goût pour l&#8217;imprévu et pour la vie quelque soit sa forme. Elle n&#8217;avait pas sa place dans la tragédie qui se jouait aujourd&#8217;hui, elle était trop combattive et pleine de vie. Il refusait même cette éventualité sachant aussi que Saya serait tout aussi mal à sa place dans la forteresse glaciale et austère des Monts Neigeux, isolée du reste du monde qu&#8217;elle aimait tant. Un instant, il se demanda si elle avait changé depuis la révélation, si ce que la matriarche avait dit était vrai. Était il toujours son ami ?  La connaissait il si bien ? Puis, il ferma les yeux et fit taire ses questionnements futiles. Sa seule préoccupation devait être de libérer Saya, de lui laisser une chance. Elle resterait son amie quoiqu&#8217;il arrive. Quand la nuit tomba brutalement, comme à son habitude en ces contrées arides, Samuel se mit en branle, ravi de pouvoir enfin transformer son angoisse sournoisement tapie dans son ventre en énergie. Comme un funambule, il marcha le long d&#8217;une poutre du toit soutenant une lampe à huile et sauta. Il se réceptionna dans un nuage de poussière en s&#8217;accroupissant au sol comme un félin en chasse, et attendit le passage du garde de l&#8217;autre côté du chemin. Quand celui-ci fut hors de vue, Samuel parcourut les quelques mètres qui le séparait des murs et de la faille sans faire un bruit et escalada souplement la muraille en s&#8217;appuyant sur les pierres irrégulières. Il avait fait cela si souvent qu&#8217;il pouvait grimper sans y réfléchir et il se demanda si cela n&#8217;était pas trop facile, finalement. Une fois en haut du mur, tapi comme une ombre dans l&#8217;abri des feuillages du grand palmier, il scruta les alentours et repéra une forme sombre sous le balcon de Saya. Un prédicateur chargé de surveiller l&#8217;une des issues de la chambre de Saya. Il était impossible de sauter du mur au palmier et du palmier au balcon sans se faire remarquer de lui et déclencher l&#8217;alerte générale. Il fallait donc le neutraliser. Le rythme cardiaque de Samuel se fit plus lourd, sa respiration plus calme. Il avait appris à maitriser ses émotions pour mieux se concentrer. Il attendit patiemment que le garde lui tourne le dos, puis il sauta et atterrit juste derrière lui, plaçant dans le même élan deux coups frappés du tranchant de la main sur la base du cou de la malheureuse victime qui n&#8217;eut pas le temps de se retourner. Il rattrapa l&#8217;homme qui s&#8217;effondrait déjà entre ses bras et le traina jusque derrière de hauts massifs de fleurs accolés aux murs d&#8217;enceinte. À peine prit-il le temps de balayer les traces de poussière dans le sol qu&#8217;il escaladait de nouveau le palmier, entièrement concentré sur son objectif. </font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><br />
</i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Saya sentit un changement infime dans l&#8217;air de la nuit. C&#8217;était trop calme. Et puis, elle se retourna vivement en entendant le bruissement des feuilles. Elle connaissait bien ce bruit. Il n&#8217;y avait aucune lumière dans la chambre, Saya n&#8217;avait allumé aucune bougie pour mieux réfléchir, tournant en rond dans la petite pièce envahie par un bric-à-brac de meubles et d&#8217;objets hétéroclites. Elle se colla dans les tentures de ses rideaux et attendit. Une ombre noire se glissa dans la chambre par le balcon et elle reconnut immédiatement la silhouette de Sam. Il souffla :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Saya ?</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Elle sortit de sa cachette pour mieux lui sauter dans les bras. Peu importait la raison de cette visite saugrenue. Elle était la bienvenue ! Elle se sentait si perdue depuis quelques heures ! Elle ne savait même plus qui elle était et ce qu&#8217;elle devait croire. Il l&#8217;étreignit de toutes ses forces et l&#8217;embrassa. Cela faisait longtemps qu&#8217;il ne s&#8217;était pas montré aussi démonstratif et passionné envers elle. Ils étaient aussi intimes qu&#8217;ils étaient libres, aussi leur relation était-elle  semblable aux sables du désert, changeante et multiple. Saya sentait confusément le désespoir de son ami et se dégagea bien vite de cette étreinte qui bien que réconfortante n&#8217;annonçait rien de bon.</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Sam, pourquoi es-tu venu ? 	Et comment ?</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"> </p>
<p><span id="more-67"></span></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Les yeux de son ami de toujours luisaient dans la nuit comme ceux d&#8217;un prédateur en alerte.</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Tu dois fuir, Saya. 	L&#8217;Ôracle veut ta mort et le Conseil penche en sa faveur. Ils vont 	te bruler si tu restes ici ! Il faut partir maintenant !</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Saya sentit sa poitrine se glacer. Pourquoi voulaient-ils la bruler sinon parce qu&#8217;elle représentait une trop grande menace pour la cité ? Et si c&#8217;était réellement le cas, qu&#8217;elle se transformait en monstre incontrôlable, n&#8217;était-il pas plus sage de rester ici et d&#8217;accepter son destin ? Elle regarda Sam droit dans les yeux et répondit d&#8217;une voix rendue froide par l&#8217;effroi qu&#8217;elle avait d&#8217;elle même :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Peut être est ce mieux 	ainsi, Sam. S&#8217;ils estiment que je suis trop dangereuse, peut être 	vaut il mieux que j&#8217;accepte leur décision&#8230;</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Samuel regardait le visage torturé de Saya dans la clarté de la lune, plus livide qu&#8217;il ne l&#8217;avait jamais vue dans sa robe de lin blanche. Elle semblait terrorisée par ce qu&#8217;elle avait en elle, cette chose qu&#8217;elle ne maitrisait pas et qui menaçait peut être de la submerger. Comment un être qui se souciait tant de la sécurité de ses concitoyens, acceptant jusqu&#8217;à l&#8217;idée même de sa mort pour ne pas les mettre en danger pouvait-elle représenter une menace ? Il lui prit les mains fermement et les porta à sa bouche en disant :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Saya, non, tu te trompes. 	Tu dois me croire, ce ne sera jamais la bonne décision. Je sais qui 	tu es. Tu ne ferais jamais de mal à qui que ce soit. Je t&#8217;en prie, 	sauve ta vie ! Nous n&#8217;avons plus beaucoup de temps !</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Mais elle reculait, dégageant ses mains des siennes en hochant la tête de droite à gauche en signe de dénégation. Saya savait bien que Sam l&#8217;aimait plus que tout mais elle ne savait pas à quel point son jugement était altéré par cet amour qu&#8217;il lui portait. C&#8217;était trop égoïste de sa part de l&#8217;écouter. Si jamais elle lui faisait un jour du mal&#8230; À lui ou à tout autre&#8230; Jamais&#8230; Les mots se bloquaient dans sa gorge tandis qu&#8217;il essayait de la raisonner :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Saya, je ne crois pas 	toutes ces foutaises sur la magie. Rien n&#8217;est jamais totalement bon 	ou mauvais dans ce monde, tu le sais bien ! Aucune plante, 	aucun animal de ce désert qui ne puisse un jour être bénéfique 	et un autre toxique ou mortel ! Ta magie n&#8217;est pas plus 	mauvaise que tu ne l&#8217;es toi ! C&#8217;est toi qui décide ! Et 	je te jure que je t&#8217;aiderais autant que je peux afin que ce soit 	toujours le cas ! Tu as ma parole, Saya !</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Elle tremblait quand elle rétorqua :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Mais si ça arrive ? 	Si je&#8230;</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Il l&#8217;interrompit aussitôt d&#8217;une voix vibrante :</font></font></i></font></p>
<p><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Alors il faut condamner la 	ville entière au bucher, Ögall même ! Nous faisons tous le 	mal, Saya ! Nous sommes tous un jour ou l&#8217;autre responsables du 	malheur de quelqu&#8217;un d&#8217;autre, même indirectement ! En pensant 	comme toi, je suis responsable de la mort d&#8217;Öde autant que le Skaad 	qui l&#8217;a balayé !</font></font></i></font></p>
<p> </p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">À ces mots, la porte s&#8217;ouvrit en grand et Sam eut tout juste le temps de se jeter derrière un rideau. Les deux prédicateurs s&#8217;avancèrent dans la pièce, l&#8217;arme au poing et une boule de feu dans l&#8217;autre main. Saya resta un moment pétrifiée par cette vision et tandis que le plus petit restait près de la porte, l&#8217;autre la dévisagea sans aménité en parcourant la pièce à grands pas brusques. Quand il la dépassa pour écarter le rideau derrière lequel se tenait Samuel, elle prit sa décision. Elle attrapa vivement un lourd chandelier qui trônait sur sa coiffeuse et l&#8217;abattit de toutes ses forces sur la tête de l&#8217;homme qui ne s&#8217;attendait pas à une attaque aussi rapide. Il s&#8217;écroula et Samuel bondit en avant alors que le prédicateur resté dans l&#8217;entrée lançait un jet de feu sur Saya. Samuel eut juste le temps d&#8217;écarter celle qu&#8217;il aimait de la trajectoire du prédicateur et sentit une vive brûlure dans son dos ainsi qu&#8217;une odeur de roussi. Saisi par une douleur fulgurante, il tomba à genoux et Saya lui prit son poignard des mains tandis que le prédicateur s&#8217;avançait vers eux à une vitesse hallucinante. Il fut arrêté net dans sa course par le coutelas, qu&#8217;il reçut en pleine gorge. Il s&#8217;effondra lentement, et sa capuche se renversa en arrière. C&#8217;était une femme au crâne rasé dont les yeux étaient encore grands ouverts, fixant Saya sans plus la voir. La jeune fille se mordit la lèvre et reposa le chandelier qu&#8217;elle agrippait encore de sa main gauche et qui semblait beaucoup trop lourd au bout de son bras, à présent. Sam se redressa en grimaçant et lui secoua l&#8217;épaule :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Si tu ne l&#8217;avais pas fait, 	ils s&#8217;en seraient chargé sans aucune hésitation. Maintenant, 	dépêche toi. Ce sera bientôt la cavalcade ici. J&#8217;ai abattu le 	garde sous ton balcon et je l&#8217;ai caché dans un buisson, mais ils ne 	tarderont pas à s&#8217;apercevoir de l&#8217;absence des trois gardes.</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Mue par un instinct de survie qui refaisait surface, Saya s&#8217;ébroua et se dirigea directement vers une patère près de la porte, attrapa son baluchon de voyage, et courut vers son armoire, près du lit. Elle fourra quelques vêtements à la va-vite, vida ses boites à bijoux  et prit les fruits et les biscuits que sa nourrice lui avait apportés quelques heures plus tôt. Sam surveillait la porte, son poignard à nouveau en main. Saya attacha son baudrier autour de ses hanches, prit les armes des prédicateurs qu&#8217;elles enfourna dans les liens en cuir de Trädskinn (un arbre qui poussait à l&#8217;abri des montagnes et dont l&#8217;écorce était semblable à du cuir animal) puis elle enfila un long manteau sombre à capuche qui ressemblait terriblement à celui que portaient ces adversaires étendus là. Samuel ferma alors la porte qu&#8217;il bloqua avec une commode pour ralentir leurs poursuivants à venir et ils s&#8217;enfuirent dans la nuit froide. À peine eurent-ils franchi les murs d&#8217;enceinte qu&#8217;ils entendirent le son d&#8217;une corne de brume retentir et l&#8217;écho des cris des hommes à leur poursuite. Comme Sam l&#8217;avait fait un peu plus tôt, il empruntèrent le dédale des toits qu&#8217;ils connaissaient par coeur pour échapper à la traque. Ils couraient sans faire de bruit, se faufilant comme des spectres derrière les montants de cheminées, sautant de maison en maison d&#8217;un pas sûr. Saya n&#8217;entendait plus que les battements de son coeur et se concentrait uniquement sur ses jambes. Une chute leur serait fatale. Samuel souffrait en silence des larges brûlures dans son dos mais chaque escalade était une véritable torture pour lui. Il savait qu&#8217;il ralentirait bientôt Saya dans sa fuite pour la vie mais tant qu&#8217;il pouvait l&#8217;aider, il irait jusqu&#8217;au bout de ses forces. Alors qu&#8217;ils atteignaient bientôt les portes de la ville et s&#8217;apprêtaient à redescendre pour emprunter les ruelles mal éclairées de la cité, le signal d&#8217;alarme général de la forteresse s&#8217;éleva dans l&#8217;obscurité et les jeunes gens surent que les portes étaient en train de se refermer sur eux, ne leur laissant aucune issue. Paniquée, Saya jeta un regard affolé à Sam qui semblait de plus en plus essoufflé. Ainsi, c&#8217;était fini ! Ils allaient se faire massacrer tous les deux dans la Palmeraie qu&#8217;ils avaient parcourue tant de fois avec insouciance ! Samuel s&#8217;arrêta pour s&#8217;appuyer à un arbre et lui attrapa le bras :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Saya, il reste une 	possibilité. La Horde a laissé les Scythes non loin d&#8217;ici&#8230; Si tu 	cours bien, tu peux en libérer un et filer d&#8217;ici avant qu&#8217;ils ne te 	rattrapent.</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Et toi ?? Je ne te 	laisserai pas ici, Sam ! </font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Il eut ce petit sourire en coin qui était sa marque de fabrique et qui serra le coeur de Saya en cet instant :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Ce n&#8217;est pas moi l&#8217;Haxä&#8230; 	Et puis à quoi ça servirait qu&#8217;on se fasse attraper ici tous les 	deux après tous ces efforts ? Tu touches au but, Saya. Fonce !</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Déjà, les clameurs des hommes se faisaient entendre non loin d&#8217;eux. Encore quelques instants et la Palmeraie serait envahie par les gardes de la ville et les prédicateurs de la Horde. Saya connaissait la règle qu&#8217;on lui avait enfoncé dans le crâne depuis qu&#8217;elle avait commencé son apprentissage : Sur le champ de bataille, on ne revient en arrière que pour ceux qu&#8217;on peut vraiment sauver. Autrement dit, pas les blessés. C&#8217;était une règle cruelle mais rationnelle : il valait mieux un homme mort que deux. Mais il s&#8217;agissait de Sam. Et Saya n&#8217;avait jamais été confrontée à un champ de bataille jusqu&#8217;à présent. Sam la rabroua rudement :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Dégages d&#8217;ici Saya !!</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Il avait déjà pris ce ton avec elle quand il ne savait plus quoi faire pour la convaincre et tentait de la repousser par une barrière d&#8217;agressivité. Saya pris sa décision :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Pas question. Bouge toi, 	Sam !</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">L&#8217;agressivité de Samuel n&#8217;avait jamais marché sur Saya. Cela marchait sur les autres gamins des rues qui défendaient leur territoire à coup de poing et d&#8217;intimidation mais pas sur elle. Elle passa son bras sous le sien et le traina avec elle à travers la Palmeraie, courant pour deux, ignorant les gémissements de douleur de Sam qui ne retenait plus ses cris. Si seulement elle pouvait se servir de cette maudite magie ! Mais elle n&#8217;avait aucune idée sur la façon de procéder et elle n&#8217;avait pas le temps d&#8217;y réfléchir plus. À présent, on entendait distinctement les cris des hommes et des femmes lancés à leur poursuite. Elle se savait repérée et redoubla d&#8217;efforts pour avancer, forçant Sam à faire de même. Elle distinguait nettement les ombres des Scythes, attachés non loin de là, sous le couvert des arbres. Elle lâcha Sam un instant près d&#8217;un palmier pour s&#8217;approcher de l&#8217;une des créatures. Elle frissonna en croisant le regard rouge de l&#8217;une de ces énormes bêtes. D&#8217;une envergure de près de quinze mètres ailes déployées, ces êtres hybrides avaient le don de semer la peur partout où elles passaient. Dotées d&#8217;un corps grossièrement chevalin, elles avaient les serres d&#8217;un énorme rapace et la peau luisante et froide d&#8217;un serpent. Leurs ailes et leur queue faisaient penser à celles d&#8217;un dragon et les Scythes pouvaient comme leur cousin cracher des jets de feu ou d&#8217;acide selon leur race. Leur odeur putride achevait un tableau déjà peu attrayant. Mais c&#8217;était la seule voie de recours qui leur restait, puisque toutes les issues de la ville étaient bouclées. Saya s&#8217;approcha doucement de celui qui l&#8217;avait regardée intensément et ce dernier avança brutalement la tête pour l&#8217;attraper. Elle n&#8217;eut que le temps de se déporter sur la gauche pour lui échapper. Pas très engageant. Les lumières des torches illuminèrent la palmeraie, formant un cercle de feu et de fer autour d&#8217;eux, se resserrant de plus en plus. Des flèches fusèrent au dessus de leurs têtes. Alors Saya abandonna toute précaution, attrapa brutalement la corde du Scythe qui avait essayé de lui arracher la tête au sens littéral du terme et posa sa main sur son front avec autorité, soudain mue par une intuition. Aussitôt, elle sentit un fluide glacial traverser son bras et voulut enlever sa main, sans y parvenir. Comme si elle avait plongé son bras dans un océan de glace, elle ne sentait plus ses muscles et son bras gourd refusait de lui répondre. Prise de frayeur, elle perdit soudain la vue et fut assaillie par un flot d&#8217;images simultanées. Elle voyait un paysage montagneux, gris et recouvert de neige, qu&#8217;elle surplombait à toute vitesse, mais aussi un gigantesque brasier au fond d&#8217;une caverne&#8230; Un martèlement continu qui lui brisait les oreilles&#8230; Des liens qui l&#8217;emprisonnaient, la contraignaient, la souffrance&#8230; La mort&#8230; L&#8217;odeur du cadavre&#8230; Elle distingua des bouquetins qui galopaient dans la forêt et une faim dévorante l&#8217;assaillit. Elle comprit que c&#8217;étaient les images mentales du Scythe et qu&#8217;elle était connectée à lui. Elle se força à garder son calme, repoussa les images qu&#8217;il lui envoyait et visualisa des montagnes et la lune, le ciel à perte de vue, la liberté, en somme. Alors le Scythe relâcha son emprise brutalement et elle ne sut si c&#8217;était sa façon de la rejeter ou de l&#8217;accepter. Avant qu&#8217;elle ne puisse statuer là dessus, les premiers assaillants firent leur apparition dans une trouée d&#8217;arbre et gueulèrent qu&#8217;on avait retrouvé les fuyards. Aussitôt, Sam se redressa et brandit ses deux sabres pour leur faire face. Saya trancha la corde qui retenait la créature et voyant que celle-ci ne faisait pas un mouvement pour l&#8217;en empêcher, elle l&#8217;enfourcha. La bête gratta le sol de ses serres, impatiente de s&#8217;élever dans les airs et Saya enfonça ses talons dans les flancs du Scythe en espérant que celui-ci était pareillement dressé qu&#8217;un cheval. L&#8217;énorme créature ailée déploya ses ailes moribondes et une odeur d&#8217;oeuf pourri les enveloppa.  C&#8217;était à la limite de l&#8217;insoutenable mais Saya avait d&#8217;autres priorités. Elle cria le nom de Samuel et celui-ci battit retraite dans sa direction, retenant toujours ses adversaires, bien que de plus en plus difficilement. Elle lui lança la corde qui pendait encore autour du cou du Scythe, mais il trébucha sur une racine au même moment et tomba abruptement sur le sol. Les hommes furent sur lui aussitôt et Saya cria :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Attrape la corde, Sam !!!</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Le Scythe commençait son envol et Saya sentait déjà ses griffes se décoller du sol. Deux flèches la manquèrent de peu et elle se pencha en avant sur l&#8217;encolure de la créature qui sifflait furieusement. Un instant plus tard, le Scythe s&#8217;arracha complètement du sol et se dressa à la verticale pour s&#8217;élever à travers les arbres. Saya reprit espoir quand elle vit la créature lutter sous le poids de Samuel accroché à son encolure. Elle-même tira de toutes ses forces sur la corde pour tenter d&#8217;aider son ami qui s&#8217;agrippait à deux mains, le visage tordu par l&#8217;effort. Quelques volées de flèches les frôlèrent encore et l&#8217;une se ficha dans le corps du Scythe qui poussa un cri outragé sans toutefois paraître sérieusement atteint. Il dépassa la cime des arbres et prit encore de l&#8217;altitude. Saya était à deux doigts de tomber, penchée à l&#8217;extrême avec les jambes étroitement serrées autour du ventre du Scythe, mais jamais elle n&#8217;aurait lâché la corde qui retenait Sam à la vie et tendit un bras vers lui. Dans un effort surhumain, celui-ci remontait centimètre par centimètre la corde qui le rattachait au Scythe et à Saya. Il se demanda un instant s&#8217;il ne ferait pas mieux de lâcher tout simplement cette satanée corde mais la main de Saya était si proche de lui qu&#8217;il se refusa à abandonner la partie. Son amie criait des encouragements qu&#8217;il n&#8217;entendait pas, le vent sifflant à ses oreilles et lui engourdissant tous les sens. Aussi, il perdait de plus en plus la sensation de ses muscles, au contraire de la douleur de son dos qui redoublait encore d&#8217;intensité. Tout à coup, le Scyhte cessa son ascension et se mit à l&#8217;horizontale, perturbant tout l&#8217;équilibre précaire dans lequel se tenait Sam. Il allait lâcher la corde quand la main de Saya l&#8217;attrapa fermement par le bras et il noua lui aussi ses doigts autour d&#8217;elle, avec l&#8217;énergie du désespoir. En quelques instants, il se hissa derrière elle, et faillit s&#8217;évanouir de soulagement ou d&#8217;épuisement, il ne savait plus. Mais il sentit les mains de Saya enrouler ses bras autour d&#8217;elle, le serrant plus étroitement contre son dos, le réchauffant avec le peu de chaleur qui lui restait sous son manteau, et il se concentra entièrement sur cette sensation là, oubliant ses souffrances et savourant le fait d&#8217;être encore en vie aux côtés de celle qu&#8217;il chérissait. </font></font></i></font></p>
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		<title>VeÖ &#8211; chapitre III</title>
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		<pubDate>Sat, 11 Dec 2010 20:52:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Ewillana</dc:creator>
				<category><![CDATA[fictions]]></category>
		<category><![CDATA[Voyages en Ogäll]]></category>

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		<description><![CDATA[III. Le Conseil La tribune du Conseil représentait un haut-lieu du pouvoir à Drakensvärt. Seule bâtisse parfaitement circulaire de la ville, son imposante façade et ses riches colonnades avaient de quoi inspirer le respect et la déférence. Deux gigantesques statues de femmes guerrières encadraient le portail monumental, richement ornementé d&#8217;arabesques en Or incrusté de pierres [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="CENTER"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3"><b>III.</b></font></font></i></font></p>
<p align="CENTER"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3"><b>Le Conseil</b></font></font></i></font></p>
<p align="CENTER"><font color="#000000"><i><br />
</i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">La tribune du Conseil représentait un haut-lieu du pouvoir à Drakensvärt. Seule bâtisse parfaitement circulaire de la ville, son imposante façade et ses riches colonnades avaient de quoi inspirer le respect et la déférence. Deux gigantesques statues de femmes guerrières encadraient le portail monumental, richement ornementé d&#8217;arabesques en Or incrusté de pierres précieuses. Il y avait dans les décorations de ce portail de quoi subvenir aux besoins de la ville pendant au moins toute une année. Quatre prêtresses-guerrières, réelles celles-ci, gardaient l&#8217;entrée et on se demandait sur quoi elles veillaient le plus : les enluminures du portail ou les vivants qui occupaient ces lieux. L&#8217;intérieur se voulait aussi impressionnant que l&#8217;extérieur et se présentait comme un gigantesque amphithéâtre. La matriarche se tenait en bas des gradins sur une estrade, assise sur un fauteuil de pierre devant les statues de Sòl et Ingunäar et huit prêtresses du plus haut rang l&#8217;entouraient en restant debout. Elles étaient les ministres chargées du bon fonctionnement de la ville et se répartissaient  différents domaines de compétence : Alwine Galenwan était chargée de l&#8217;ordre et de la sécurité de la ville et commandait les armées, elle représentait le bras droit de la matriarche et se plaçait donc juste à côté d&#8217;elle, puis venaient Mektild Anur en charge de la justice, Alrun Galebrin en charge des affaires religieuses, Sybille Ceres, en charge de l&#8217;économie et du commerce, Guisélaa Belédien, en charge des affaires étrangères, Silke Chanasur  pour l&#8217;hygiène et la santé publiques, Bathilda Galàrir pour l&#8217;éducation et la formation militaire, et Sunilda Fenrir pour l&#8217;art et la culture svärtienne. La matriarche prenait toujours la décision finale concernant les lois et les décrets et était à la fois le pouvoir militaire et la cheftaine spirituelle. C&#8217;était souvent la femme la plus âgée de la ville mais il arrivait  qu&#8217;une prêtresse plus jeune soit élue à la place d&#8217;une plus vieille parce que ses faits d&#8217;arme et son expérience le justifiaient. C&#8217;était le peuple qui élisait tous les dix ans les ministres au sein de la Sororité de Sòl, ordre religieux dans lequel les jeunes filles de la ville qui le souhaitaient entraient à l&#8217;âge de 11 ans après avoir été rigoureusement sélectionnées  lors d&#8217;un concours extrêmement difficile par les Supérieures pour leurs qualités physiques, morales et intellectuelles. Celles qui étaient choisies entraient alors dans la Sororité et suivaient les enseignements en espérant un jour être élues par le peuple pour siéger au Conseil. La matriarche était elle aussi élue par le peuple et le restait jusqu&#8217;à la fin de sa vie. Ainsi donc, le pouvoir était matriarcal à Drakensvärt, aussi les membres permanents du Conseil ne comptaient-ils que des femmes. Les hommes pouvaient néanmoins intégrer toutes les sphères du pouvoir, et leurs avis étaient toujours attentivement écoutés au Conseil. Il en était ainsi depuis toujours en ces contrées désertiques et les étrangers riaient souvent dans les tavernes de ces hommes qui ressemblaient à des femmes avec leurs djellabah et de ces femmes qui ressemblaient à des hommes avec leurs sarouels et leur turban. Cependant, ils riaient bien moins quand il se retrouvaient à plat ventre, menacés d&#8217;un couteau sous la gorge par l&#8217;une de ces femmes qui « ressemblait à un homme ». On ne se moquait pas impunément des habitants d&#8217;Öskaalie, que ce soit à Drakensvärt ou ailleurs. </font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><br />
</i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">De même, on ne riait pas au Conseil, ce jour là. Elle était inhabituellement animée pour une assemblée purement protocolaire. La réunion menaçait même de prendre une tournure tragique pour Saya. L&#8217;Ôracle aux yeux maquillés de noir martelait ces paroles tout en regardant chaque femme l&#8217;une après l&#8217;autre :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Cette fille est dangereuse. 	Son pouvoir prendra bientôt des proportions inimaginables. Vous 	devez la brûler ! Il en va de la survie de la Cité ! Et 	peut être de l&#8217;Öskaalie entière !</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Les ministres passaient de la peur à la colère, de la colère à la consternation et ne semblaient savoir que faire. Elles furent réduites au silence par un geste de leur cheftaine. La matriarche dont le visage ressemblait à celui d&#8217;un chat siamois avec sa peau un peu plissée par le temps, ses grands yeux en amandes et son menton pointu, rétorqua :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Grimma, j&#8217;ai besoin d&#8217;un 	peu plus d&#8217;éléments avant de décider de brûler une jeune fille 	innocente de dix sept ans sur la place publique.</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Vexé par le regard narquois de la matriarche, Grimma s&#8217;empourpra. Ce n&#8217;était point cette vieille bique d&#8217;Hera Soleres qui allait remettre en question son pouvoir et son autorité ! Il répondit :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Sans vouloir vous offenser, 	vénérable matriarche, personne n&#8217;est mieux placé que moi pour 	savoir que cette jeune fille est une menace terrible pour nous tous. 	Je l&#8217;ai senti avant même que son pouvoir ne s&#8217;éveille, hier, dans 	une transe ! Le flux de magie qui circule maintenant sature 	toutes mes perceptions !</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">À ces mots, la femme qui était restée jusque là silencieuse, Alwine Galenwan, renifla avec dédain :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Pardonnez moi, Grimma, mais 	à part les vapeurs d&#8217;opium, qu&#8217;êtes vous encore capable de 	sentir ? La matriarche demande des preuves concrètes, pas de 	viles spéculations sorties tout droit de l&#8217;un de vos délires 	mystiques auxquelles vous êtes à présent seul à croire !</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Même si la dépendance de Grimma aux opioïdes était bien connue au sein du Conseil et faisait régulièrement le sujet de railleries parmi les ministres, il fallait bien du courage et du sang-froid pour oser dire une chose pareille au visage de l&#8217;Ôracle. Mais c&#8217;étaient des qualités dont ne manquait pas la cheftaine des armées, qui s&#8217;était illustrée maintes fois au combat et faisait preuve d&#8217;un bon sens pratique et d&#8217;une rationalité sans faille. Ses yeux aigue-marine fixaient sans ciller le regard noir de Grimma qui s&#8217;étouffa presque sous l&#8217;insulte :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Je ne vous permets pas, 	Alwine Galenwan ! Soyez certaine que vous me paierez cet 	affront !</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Pointant un index menaçant dans sa direction, il avança vers elle et un sourire cruel se dessina sur son visage blafard :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Par ailleurs, je me demande 	pourquoi vous êtes ici à discuter du sort de cette jeune fille, 	votre propre progéniture, si je ne me trompe pas !</font></font></i></font></p>
<p><span id="more-66"></span></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Alwine serra les dents sous l&#8217;attaque car Grimma n&#8217;était pas censé avoir cette information. Quand avait-il eu le temps d&#8217;être renseigné et par qui ? Saya lui avait-elle dit ? Alwine en doutait sérieusement, alors que sa fille n&#8217;avait pas même tourné les yeux vers elle quand elle avait été désignée Haxä. À cette pensée, la guerrière se sentait remplie d&#8217;orgueil et de fierté pour sa fille, qui refusait de faire appel à la position de sa mère pour être sauvée, sauvegardant par la même occasion l&#8217;honneur de son nom et restant digne même dans l&#8217;adversité. Mais cet orgueil guerrier était bien vite remplacé par une vive culpabilité maternelle et un grand désespoir. Quelle mère était-elle pour ne pas même faire un geste afin de protéger son enfant trainé dans la fange aux yeux de tous ? Quelle femme cruelle, qui préférait sauvegarder son honneur plutôt que la vie de sa propre fille, chair de sa chair ! C&#8217;était la mère et la femme que Grimma attaquait par cette phrase perfide et Alwine en fut bien plus touchée qu&#8217;elle ne le montra. Alors qu&#8217;elle se contentait de lui jeter un regard assassin qui en avait fait reculer plus d&#8217;un, la matriarche intervint, le regard sévère :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Alwine Galenwan est là 	parce que je l&#8217;y ait autorisée. Sa fille a le droit d&#8217;être 	représentée et je suis la seule  à même de décider qui doit 	partir ou rester. Cela est valable aussi pour vous, Grimma.</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">La voix de Grimma se fit mielleuse :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Bien entendu, vénérable 	matriarche. Néanmoins, vous savez bien vous même que vous ne 	pouvez pas me renvoyer. Nul n&#8217;est censé ignorer les lois d&#8217;Öskaalie 	que vous avez vous même contribué à fonder.  Et personne ne peut 	prétendre s&#8217;y souscrire, pas même vous, ma chère Hera.</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Je connais les lois, 	Grimma. C&#8217;est d&#8217;ailleurs en leur vertu que je vous demande 	d&#8217;apporter la preuve de la dangerosité de Saya qui vous pousse à 	vouloir me faire prononcer un jugement si sévère à son encontre.</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY">- <font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">La preuve ?</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Le visage de Grimma se plissa en un rictus affreux :</font></font></i></font></p>
<p><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Il n&#8217;y a pas deux heures, 	elle a tué un Skaad de trente mètres à mains nues !</font></font></i></font></p>
<p><!--more--></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Aussitôt un brouhaha indescriptible s&#8217;éleva dans l&#8217;amphithéâtre. Même Alwine était ébranlée et dut faire un effort surhumain pour ne pas vaciller. Sa fille, tuer un Skaad à mains nues ? C&#8217;était impensable ! La matriarche dut élever  la voix pour rétablir le silence, cette fois.</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Silence !!!</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Mais les esprits étaient échauffés et la panique semblait augmenter de seconde en seconde dans la tribune. Bientôt la ferveur populaire se joindrait à cette peur viscérale de la magie et il n&#8217;en faudrait pas plus pour qu&#8217;elles se transforment en curée générale sur la place publique. La matriarche comprenait tout cela et ses tripes lui criaient que cela n&#8217;était pas juste. Elle rugit une nouvelle fois :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Silence !!!</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">L&#8217;amphithéâtre jouissait d&#8217;une formidable acoustique, aussi le son de sa voix grave se réverbéra dans l&#8217;air et le silence se fit à nouveau, non sans difficulté. La matriarche, dont l&#8217;expression impassible se faisait à présent réprobatrice, rabroua ses ministres :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Depuis quand les membres du 	Conseil se conduisent-elles comme de véritables écolières pendant 	la récréation ? N&#8217;avez vous rien appris ? Vous laisserez 	vous aveugler par vos peurs et vos superstitions ? Vous avez 	été élues pour représenter le peuple et décider de l&#8217;avenir de 	la Cité ! Je ne tolérerai pas un tel désordre alors ne 	m&#8217;obligez pas à sévir !</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Grimma se félicitait intérieurement. Il avait si facilement ravivé la peur dans le coeur de ces femmes ! Et la matriarche si avisée ne changerait jamais ! Elle était beaucoup trop scrupuleuse pour se laisser aller à un jugement populaire, quitte à semer la discorde dans son Conseil voire dans la cité entière. Ainsi, il pouvait avancer ses autres cartes&#8230; La matriarche s&#8217;adressa à nouveau à lui d&#8217;une voix tranchante :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Grimma, je te somme de dire 	ce que tout ce que tu sais au sujet de Saya.</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Il ne se fit pas prier :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Saya est déjà très 	forte. Je pense que le Skaad a été attiré par sa magie, ce sont 	comme vous le savez des êtres extrêmement anciens et la magie 	n&#8217;est pas étrangère à leur conception&#8230; On dit même qu&#8217;ils 	servaient les Haxä dans l&#8217;Ancien Temps. Qu&#8217;il ait senti son pouvoir 	en dit déjà long sur l&#8217;ampleur des pouvoirs de la fille. Quoiqu&#8217;il 	en soit, elle a fait couler son sang et libéré son pouvoir, 	qu&#8217;elle a délibérément projeté dans la tête du Skaad. Il a été 	foudroyé sur le coup ! Et vous avez vu ses marques ! 	Aucun Haxä n&#8217;en a jamais possédé de semblables !</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">La matriarche commenta insidieusement :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Sauf vous, Grimma&#8230;</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Grimma se tortilla sur place :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Il est vrai que mes marques 	sont étendues, mais les miennes sont loin de l&#8217;être autant que 	celles de Saya et elles l&#8217;étaient bien moins encore à son âge !</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Mais elle n&#8217;est pas très 	différente de vous&#8230; Alors pourquoi voulez vous la voir brûler 	alors que vous êtes habituellement si prompt à accueillir de 	nouvelles recrues ? Auriez vous peur d&#8217;être remplacé, 	Grimma ?</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Grimma exultait en lui même : la matriarche était si prévisible ! Il en ferait ce qu&#8217;il voudrait ! En attendant, il s&#8217;efforça de rester impassible et continua à jouer son rôle :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Saya n&#8217;est pas comme nous. 	La magie de Saya est noire. Elle est mauvaise par essence, 	incontrôlable. Elle ne peut pas rentrer dans l&#8217;Ordre !</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Alwine intervint :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Vous mentez, vieux fou ! 	Saya est jeune, elle apprendra ! Je connais ma fille, et je 	sais que son coeur est pur. </font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Un murmure approbateur s&#8217;ensuivit. Personne n&#8217;était très à l&#8217;aise avec l&#8217;idée de faire brûler vive une jeune fille de 17 ans, qui n&#8217;avait encore rien à se reprocher. Grimma ricana dans sa direction :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Alwine, vous me traitez de 	fou ? Pourtant, n&#8217;êtes vous pas la mère de cette enfant ? 	La magie vient bien de quelque part&#8230; Et vous ne paraissez pas très 	douée dans ce domaine de même que tous vos ascendants&#8230; Mais peut 	être en est il autrement de son père&#8230; Alors qui est le plus fou 	de nous deux ? Moi ou vous, qui avez délibérément pris le 	risque de mettre au monde une sorcière en transgressant nos lois 	les plus fondamentales ?</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Aussitôt, tous les regards se tournèrent vers la guerrière aux épais cheveux noirs et à la silhouette altière. Elle les défia tous du regard en retour.</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Je n&#8217;ai pas à m&#8217;expliquer 	sur ce sujet !</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Mektild Anur, qui était sage et avisée, répondit d&#8217;un ton calme :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Étant donné que ta fille 	est au coeur des débats et que sa magie nous met tous en danger, il 	est de ton devoir de nous dire tout ce qui est nécessaire afin de 	prendre notre décision. De même, si tu as volontairement 	transgressé la loi, tu devras en répondre devant la Cour Martiale 	et le Tribunal. </font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Alwine redressa la tête et la matriarche renchérit :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- As-tu quelque chose à nous 	dire, Alwine ?</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Celle-ci répondit clairement :</font></font></i></font><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3"></font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Non. Le père de Saya 	n&#8217;était pas un sorcier. Et il est aujourd&#8217;hui trop tard pour 	l&#8217;interroger. Il est mort l&#8217;année dernière.</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Grimma ricana de nouveau :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Comme c&#8217;est pratique !</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">La matriarche le fusilla du regard :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Grimma, vous dépassez les 	bornes ! Si vous n&#8217;avez pas d&#8217;autres preuves à nous apporter, 	je vous prierais d&#8217;arrêter vos calomnies ! Je ne supporterai 	plus longtemps vos insinuations !</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Comme il se taisait, mouché, elle frappa dans ses mains :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Qu&#8217;on fasse entrer les 	témoins !</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">C&#8217;était l&#8217;étape suivante de la procédure. Chaque dénonciation devait être appuyée par le témoignages des personnes ayant assisté à la révélation d&#8217;un ou d&#8217;une Haxä. On fit entrer Samuel dont les yeux bleus étaient encore plein de colère du traitement qu&#8217;on lui avait fait subir plus tôt et il se démenait pour échapper à la poigne de deux Prédicateurs.</font></font></i></font></p>
<p><!--more--></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Lâchez le !</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Aussitôt les Prédicateurs exécutèrent l&#8217;ordre de la matriarche et Samuel remit un peu d&#8217;ordre dans ses vêtements en tirant sur sa tunique qui sortait de sa ceinture. Mais c&#8217;était peine perdue pour lui, car il avait l&#8217;air d&#8217;un saltimbanque quoiqu&#8217;il fasse. Son sarouel était constamment déchiré et ses cheveux noirs en pagaille étaient aussi indomptables que leur porteur. À 18 ans, il avait l&#8217;assurance et l&#8217;effronterie de ceux qui n&#8217;ont jamais rencontré d&#8217;obstacle assez fort pour leur résister et qui croient encore que tout est possible. Cependant, Samuel venait de perdre Öde et il avait à peine eu le temps d&#8217;assister aux funérailles qu&#8217;on le trainait comme un petit garçon pris en faute devant la matriarche pour assurer la condamnation de celle qu&#8217;il aimait. Il s&#8217;y refusait. Il aurait du avoir peur d&#8217;elle. Il avait pourtant vu de ses yeux la colonne de lumière traverser le Skaad, mais c&#8217;était plus fort que lui. Il savait après avoir vu ce qu&#8217;elle avait fait qu&#8217;ils ne l&#8217;emmèneraient pas aux Monts Neigeux. Quelqu&#8217;un capable de terrasser un Skaad à mains nues n&#8217;avait aucune chance dans son monde. Mais il ne dirait jamais quoique ce soit qui lui fasse du tort et il était prêt à tout tenter pour la sauver. Il mit un genou à terre devant la matriarche qui le regardait avec bienveillance et elle lui ordonna de se relever. Il obéit et croisa le regard de serpent de Grimma qui le dévorait des yeux.  Samuel rêva un instant de lui trancher la gorge avec son poignard mais il se maitrisa. Hera Soleres s&#8217;adressa à lui :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Samuel Amaralas, jure tu de 	dire la vérité devant Sòl et Ingunäar ?</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Le jeune homme porta son poing serré à son coeur et s&#8217;agenouilla de nouveau devant chaque statue à l&#8217;effigie des dieux. Il ne croyait pas particulièrement en leur influence, mais il était d&#8217;usage de prêter serment avant de participer à une audience.</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Je le jure, devant Sòl et 	Ingunäar !</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Comme le voulait la procédure, la matriarche continua :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Samuel, étais-tu là 	lorsque Saya a révélé ses pouvoirs ?</font></font></i></font></p>
<p><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Oui.</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Il était décidé à ne répondre que le strict nécessaire. La matriarche sentit son ton défensif mais poursuivit comme si de rien n&#8217;était :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Peux tu raconter aux 	membres du Conseil dans quelles circonstances cette révélation a 	eu lieu ?</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Le jeune homme bomba un peu la poitrine et répondit clairement :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Non.</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Il y eut quelques murmures et un soupir agacé du côté de Grimma. La matriarche, imperturbable, demanda alors :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Tu affirmes pourtant avoir 	été là lors de la révélation, es-tu bien conscient que ton 	serment devant les dieux t&#8217;engage à raconter les évènements dont 	tu as été témoin ?</font></font></i></font></p>
<p><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Oui. Mais je ne peux pas 	dire quels étaient ces évènements tout simplement parce que je ne 	sais pas ce que j&#8217;ai vu exactement. </font></font></i></font><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3"></font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Grimma leva les yeux au ciel et la matriarche proposa :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Très bien. Alors raconte 	nous simplement ce que tes yeux ont vu.</font></font></i></font></p>
<p><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3"></font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Il n&#8217;était plus temps d&#8217;esquiver les questions. Samuel redressa la tête et et dit d&#8217;une voix forte et claire :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Saya, Liv, Ödalrik et moi 	avons décidé d&#8217;aller dans les Rocheuses pour trouver une plante 	afin de la montrer demain en classe. Sur le retour, nous avons été 	attaqués par un Skaad. Saya nous a ordonné de nous disperser et 	c&#8217;est ce que nous avons fait. Liv et Ödalrik sont rentrés 	directement dans la cité mais j&#8217;ai remarqué que le Skaad s&#8217;en 	prenait à Saya alors j&#8217;ai fait demi-tour pour lui venir en aide. 	Quand je suis arrivé, elle avait perdu son arme et elle était 	juchée sur le Skaad alors je me suis approché et je lui ai jeté 	l&#8217;un de mes sabres. C&#8217;est là que le Skaad m&#8217;a donné un coup de 	patte et qu&#8217;Öde a été balayé. Comme j&#8217;étais coincé sous le 	corps d&#8217;Öde, je n&#8217;ai pas bien vu ni compris ce qui se passait. Tout 	ce que je sais, c&#8217;est que Saya m&#8217;a sauvé la vie.</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">La matriarche rétorqua :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Je veux bien croire que tu 	aies été trop occupé à sauver ta vie pour remarquer ce qui se 	passait, mais tuer un Skaad n&#8217;est pas chose aisée et c&#8217;est loin 	d&#8217;être discret. Tu as bien du voir quelque chose&#8230;</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Samuel se renfrogna :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- J&#8217;ai juré de dire la 	vérité devant Sòl et Ingunäar. Je n&#8217;affirmerai que ce que j&#8217;ai 	réellement vu. Il y a eu de la lumière c&#8217;est vrai, et cette 	lumière à tué le Skaad. Quant à savoir si cela venait de Saya ou 	du monstre, je ne pourrais pas l&#8217;affirmer.</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Grimma s&#8217;esclaffa :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- J&#8217;ignorais que les Skaads 	avaient des tendances suicidaires ! Un peu de sérieux, 	voyons ! Quand tu l&#8217;as retrouvée, elle était évanouie n&#8217;est 	ce pas ?</font></font></i></font></p>
<p><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- C&#8217;est vrai.</font></font></i></font><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3"></font></font></i></font></p>
<p><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Comment l&#8217;expliques tu ? 	Comment expliques tu sa nudité et les marques sur son corps ? </font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Samuel s&#8217;efforça au calme le plus parfait pour répondre :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Je ne suis pas là pour 	expliquer. Je suis là pour dire ce que j&#8217;ai vu. Et je viens de le 	faire. Si vous n&#8217;avez pas d&#8217;autres questions, j&#8217;aimerais maintenant 	retourner chez moi pour pleurer mon frère.</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">La matriarche intervint :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Bien entendu, nous 	comprenons toutes et tous que tu aies besoin de solitude dans de 	pareilles circonstances. Mais la vie de ton amie est en jeu et avec 	elle peut être l&#8217;avenir de la cité.  Es tu bien sûr de nous avoir 	tout dit ?</font></font></i></font></p>
<p><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Oui. La seule chose dont je 	sois vraiment certain c&#8217;est que Saya a tout tenté pour nous sauver, 	Öde et moi. Elle ne mérite pas le bûcher. Je la connais depuis 	toujours, et je peux affirmer qu&#8217;elle a l&#8217;âme la plus pure qui 	soit.</font></font></i></font><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3"> </font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Nous ne remettons pas en 	cause les vertus de Saya mais la dangerosité de ses pouvoirs, 	Samuel. Je te remercie pour ton témoignage. Tu peux partir 	maintenant.</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Suis-je autorisé à voir 	Saya, à présent ?</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">La matriarche le regarda avec douceur et répondit :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Non. Samuel, tu ne pourras 	plus revoir Saya, désormais. Elle est une Haxä et quoiqu&#8217;il 	arrive, elle ne fréquentera plus les gens de la cité.</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Samuel accusa le coup et lâcha d&#8217;une voix blanche :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- C&#8217;est injuste ! Saya 	est mon amie ! Qu&#8217;elle soit une Haxä ou pas, ça ne change 	rien ! </font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Elle pourrait faire du mal 	à la cité, même malgré sa volonté de faire le bien. Il est trop 	dangereux d&#8217;accepter des sorciers parmi la communauté. Les Haxä 	doivent vivre à l&#8217;écart du monde, en altitude afin de canaliser 	leurs pouvoirs plus facilement, et ils n&#8217;ont pas le droit de se 	reproduire. Tu le sais bien, Samuel.</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Tout ce que vous cherchez à 	éviter, c&#8217;est quelqu&#8217;un qui pourrait remettre en cause votre 	pouvoir ! C&#8217;est tellement facile de remettre sur la table les 	événements du passé afin de museler toute une partie de la 	population et évincer la voix des opposants au régime !  Les 	Haxä n&#8217;ont rien demandé ! Saya n&#8217;est pas responsable de ses 	pouvoirs ! Elle ne mérite pas qu&#8217;on la brûle pour ça alors 	qu&#8217;elle n&#8217;a même rien fait de mal ! </font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Alwine pensa que le jeune homme était bien courageux ou inconscient pour jeter à la figure de la matriarche ses faiblesses et son désir de pouvoir. Et malgré son jeune âge, il saisissait déjà les enjeux politiques dont faisaient l&#8217;objet les Haxä. Elle admirait Samuel dont le coeur n&#8217;était pas encore entravé et ramolli par son ambition ou sa quête de renommée. Elle avait honte, aussi. C&#8217;était un enfant de la rue qui défendait farouchement sa fille alors qu&#8217;elle même restait là à ne rien dire. Il avait pourtant bien plus à perdre qu&#8217;elle&#8230; Qu&#8217;étaient quelques privilèges et des biens matériels alors que ce garçon qu&#8217;elle avait connu petit garçon mettait sa vie dans la balance pour sauver Saya ? Et dire qu&#8217;elle réprimandait souvent Saya pour ses mauvaises fréquentations et particulièrement ses relations avec celui ci, qu&#8217;elle avait l&#8217;habitude de juger indiscipliné, roublard et feignant. Il semblait qu&#8217;elle se soit trompée sur son sort. Il aimait vraiment sa fille. La matriarche eut un petit sursaut, piquée au vif par les critiques acerbes de Samuel, mais ne se laissa pas désarçonner pour autant :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Tu es trop jeune pour 	comprendre les enjeux qui se nouent ici, Samuel. J&#8217;ai été comme 	toi à ton âge, mais tu apprendras que le bien être de tous 	nécessite parfois des sacrifices. Retourne chez toi et fais ton 	deuil.</font></font></i></font></p>
<p><!--more--></p>
<p><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3"></font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Aussitôt, deux Prédicateurs restés dans l&#8217;ombre des colonnades s&#8217;approchèrent doucement, s&#8217;apprêtant à saisir le jeune homme et à le raccompagner fermement vers la sortie. Mais Samuel n&#8217;était pas prêt à se laisser empoigner comme les deux fois précédentes. Quand l&#8217;une des deux robes noires tendit le bras pour le saisir, il l&#8217;attrapa et  fit voler le Prédicateur par dessus son épaule.  La cohue qui s&#8217;ensuivit fut mémorable. Avant même que le prédicateur ne se retrouve au sol, le second bondit en avant et lui envoya un violent coup de poing dans le nez. Samuel répliqua aussitôt, habitué qu&#8217;il était à recevoir des coups et à rendre la pareille sans attendre. La matriarche s&#8217;était levée et Grimma beuglait pour qu&#8217;on fasse venir du renfort. Les quatre guerrières gardiennes du Conseil firent leur apparition et se joignirent à l&#8217;empoignade. Samuel ne réfléchissait plus, il ne cherchait plus qu&#8217;à mettre à terre le plus de monde possible, peu importait le prix. Il ne parvenait pas à accepter l&#8217;évidence et son impuissance à sauver son amie. Il n&#8217;était pas armé, aussi la matriarche ordonna qu&#8217;on ne le blesse pas. Les guerrières cachèrent mal leur mécontentement mais s&#8217;exécutèrent et remirent leurs épées dans leur fourreau. Samuel n&#8217;en fut que plus vindicatif et distribuait les coups de poings et les prises en cascade, insouciant de ses propres blessures. Les ministres s&#8217;en mêlèrent quand la situation devint incontrôlable. Samuel bondissait comme un Stigg et esquivait les coups, s&#8217;aidant des colonnades pour exécuter de magistrales figures d&#8217;art martiaux, toute en force et en souplesse. Quand il se saisit d&#8217;un chandelier en fer forgé pour assommer Sunilda Fenrir, une femme à l&#8217;aspect pâle et frêle (ce qui n&#8217;était qu&#8217;une apparence), Alwine décida d&#8217;intervenir. Elle fendit le cercle qui s&#8217;était formé autour du jeune homme et entra dans la danse. Elle avait beaucoup plus d&#8217;expérience que lui, même au corps à corps, et malgré le talent de Samuel, cela ne prit que quelques secondes avant que la guerrière ne le maitrise. Elle lui avait donné ses première leçons d&#8217;arts martiaux, et il était encore loin le temps où l&#8217;élève dépasserait la maitresse ! Samuel était doublement désavantagé qu&#8217;il connaissait bien la mère de Saya et n&#8217;osait pas porter les coups qu&#8217;il aurait donnés volontiers à un adversaire inconnu. Quand elle le plaqua durement au sol, un genou dans sa colonne vertébrale, il siffla entre ses dents :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Pourquoi Alwine ? 	Pourquoi faites vous ça ? Saya est votre fille !!</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Elle se pencha sur lui et souffla à son oreille :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Pour te sauver, idiot ! 	Ne vois tu pas que tu n&#8217;arriveras à rien d&#8217;autre qu&#8217;à te faire 	tuer, de cette façon ?? En quoi serais-tu utile à Saya une 	fois mort ? Tu ne réfléchis donc jamais ?</font></font></i></font></p>
<p><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Au moins j&#8217;essaie de faire 	quelque chose, moi ! </font></font></i><font size="3"><font face="URW Chancery L"><i><br />
</i></font></font></font><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3"></font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Alwine eut envie de gifler l&#8217;insolent tout en même temps que de l&#8217;embrasser alors elle l&#8217;aida à se relever tout en lui maintenant un bras coincé dans le dos. La matriarche hocha la tête et Alwine raccompagna Samuel à l&#8217;extérieur. Une fois dehors, Samuel fut frappé par la touffeur ambiante. Jamais il ne s&#8217;était senti aussi harassé par la chaleur du soleil. Alwine lui serra l&#8217;épaule, et lui dit sobrement :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Rentre chez toi, Samuel, ça 	vaut mieux. Tu ne peux rien faire pour Saya. Et ne crois pas que le 	sort de ma fille me désintéresse. Mais ce n&#8217;est pas en jouant les 	héros comme tu viens de le faire que nous changerons les choses.</font></font></i></font></p>
<p><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3"></font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"> </p>
<p align="JUSTIFY"><font face="URW Chancery L"><font size="3"><i><font color="#000000">Puis, elle lui rendit les armes qu&#8217;il avait laissées à l&#8217;entrée de l&#8217;édifice comme le voulait le règlement, comme on rend les armes à un ennemi vaincu dignement. </font>Samuel affichait une mine abattue où se mêlait impuissance et frustration</i>. </font></font><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Samuel affichait une mine abattue où se mêlait impuissance et frustration.</font></font></i></font></p>
<p> </p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- C&#8217;est mal parti, n&#8217;est ce 	pas ?</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Le visage d&#8217;Alwine était sombre quand elle acquiesça :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Grimma veut qu&#8217;on la brûle. 	Je ne sais pas pourquoi mais je vais tout faire pour que ça 	n&#8217;arrive pas.  Je dois dire que je n&#8217;aurais jamais espéré pour ma 	fille qu&#8217;elle finisse aux Monts Neigeux. En tout cas, je préfère 	la savoir en vie et en bonne santé plutôt que brûlée vive en 	place publique.</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Puis elle fit demi-tour et Samuel sentit la boule d&#8217;angoisse dans son estomac prendre encore un peu d&#8217;ampleur. Ainsi ses soupçons étaient fondés. Saya risquait bel et bien la mort et c&#8217;était en bonne voie pour aboutir. Mais il n&#8217;allait rester les bras croisés à attendre que ça arrive en allant gentiment là où on lui avait ordonné d&#8217;aller ! Il traversa tranquillement la place du marché qui servait aussi de forum et où on trouvait tout un souk d&#8217;objets insolites et variés et pris la direction de l&#8217;est. Quand il se sut à l&#8217;abri des regards, il escalada une façade et émergea sur un toit. C&#8217;était le meilleur moyen d&#8217;atteindre son objectif sans être repéré et beaucoup plus rapide, surtout. Libérer Saya dépendrait de sa capacité à agir vite car le Conseil rendrait bientôt son verdict. </font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><br />
</i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><br />
</i></font></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Voyages en Ogäll ou Les Contrées Hostiles &#8211; Chapitre II (suite &#8211; corrigé)</title>
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		<pubDate>Fri, 03 Dec 2010 11:18:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Ewillana</dc:creator>
				<category><![CDATA[fictions]]></category>
		<category><![CDATA[Voyages en Ogäll]]></category>

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		<description><![CDATA[II. Drakensvärt (suite)   [ C'était ce terrible et fragile équilibre entre les forces et les intérêts de chacun à survivre qui rythmait la vie et ses tragédies dans le désert. Tout du moins la plupart du temps, car il arrivait parfois que les humains se chargent eux mêmes de cette besogne.]  Saya contemplait les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="center"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3"><b>II.</b></font></font></i></font></p>
<p align="CENTER"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3"><b>Drakensvärt</b></font></font></i></font></p>
<p align="CENTER"><font color="#000000"><i>(suite) </i></font></p>
<p align="CENTER"><font color="#000000"><i> </i></font></p>
<p><font color="#000000"><i>[   	 	 	 	<font face="URW Chancery L"><font size="3"><font face="URW Chancery L">C'était ce terrible et fragile équilibre entre les forces et les intérêts de chacun à survivre qui rythmait la vie et ses tragédies dans le désert. Tout du moins la plupart du temps, car il arrivait parfois que les humains se chargent eux mêmes de cette besogne.] </font></font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Saya contemplait les remparts de la ville depuis la fenêtre de sa chambre. Le soleil commençait à descendre et elle voyait de loin les fumées de la cérémonie funéraire rendant hommage à Öde s&#8217;élever dans le ciel en teintant d&#8217;un voile gris les couleurs chatoyantes du coucher de Soleil. Ses oreilles percevaient le chant lointain et mélancolique des lyres et de la flûte qui pleuraient le départ du cheval et accompagnait son voyage vers l&#8217;au-delà. Quand le brasier funéraire serait éteint, le vent emporterait les cendres d&#8217;Öde à travers les rues de la ville, au dessus des toits-terrasse des immeubles, et le courageux équidé emplirait encore une fois de sa présence le coeur de ceux qui l&#8217;avaient aimé avant de rejoindre ses ancêtres dans le désert, à tout jamais libre. Saya aussi versa quelques larmes pour le cheval gris, car elle l&#8217;avait connu et apprécié durant son enfance, lorsqu&#8217;elle partageait les jeux de Sam dans les Palmeraies. Elle regrettait amèrement de ne pas pouvoir assister aux funérailles afin de dire aurevoir au brave animal et de soutenir son meilleur ami, car elle savait qu&#8217;il serait dévasté et qu&#8217;il devait avoir bien besoin d&#8217;une épaule amicale en ce moment même. Elle se sentait aussi vaguement coupable de ce drame, car après tout, Sam était revenu sur ses pas pour lui venir en aide, ce qui avait entrainé la mort prématurée du cheval. Et dire que cette excursion ne devait rien avoir d&#8217;extraordinaire ! Ils étaient partis avec cette peste du nom de Liv et Odalrik, un garçon plus jeune qu&#8217;eux à la timidité excessive. La raison en était simple : ils devaient tous quatre rendre un exposé le lendemain sur les vertus de la tenasmimt, une plante rare qui ne poussait que dans les Rocheuses. Bien entendu, il avait fallu que Liv exige qu&#8217;ils aient un échantillon de cette plante pour la présenter devant la classe et s&#8217;attribuer ensuite tout le mérite de sa découverte. Mais ils n&#8217;en avaient pas trouvé et sachant que le Soleil ne tarderait plus à se coucher, ils avaient fini par renoncer à leur projet pour rentrer à l&#8217;abri. Et puis il y avait eu l&#8217;attaque du Skaad. Et maintenant, Öde était mort et Saya se trouvait accusée d&#8217;un crime qu&#8217;elle ne comprenait pas. Elle gardait un souvenir confus de ce qui s&#8217;était passé et le terrible mal de crâne qui lui martelait les tempes ne faisait rien pour arranger sa mémoire. Par contre, elle se rappelait clairement du regard de Sam quand il l&#8217;avait réveillée dans les dunes avec un peu d&#8217;eau de sa gourde. Ce regard, elle l&#8217;avait déjà vu une fois, il y a fort longtemps. Un mélange de peur et de fascination. </font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Elle avait dix ans. Elle courait sur les toits à la suite d&#8217;un Stigg, sorte de petit écureuil des sables qui avait un don particulier pour le vol d&#8217;objets brillants et de tout ce qui se mange d&#8217;une façon générale. Celui-là lui avait pris la broche en or que sa mère lui avait offerte pour son anniversaire afin d&#8217;ornementer son turban. Elle l&#8217;avait poursuivi jusque sur une terrasse quelle ne connaissait pas et le tenait enfin à sa merci quand elle avait senti quelque chose. Elle tourna la tête en direction des portes fenêtres donnant sur l&#8217;appartement  et commença à avoir peur. Si elle était découverte là, elle était bonne pour  une sacrée réprimande. Elle tenait fermement dans ses mains le petit animal qui s&#8217;accrochait désespérément à son butin tout en essayant de la mordre quand elle aperçut un jeune enfant, d&#8217;environ 3-4 ans, assis sur un tapis dans le salon. Il jouait avec des cubes en bois multicolores et c&#8217;était le bruit qu&#8217;il faisait en s&#8217;amusant qui l&#8217;avait alertée. Elle poussa un soupir de soulagement et s&#8217;apprêta à arracher la broche des pattes de son voleur quand quelque chose retient soudainement son attention. Devant elle, les cubes de bois lévitaient dans l&#8217;air et l&#8217;enfant riait aux éclats. Elle fut si saisie d&#8217;effroi qu&#8217;elle en lâcha le Stigg qui la regarda un instant avec incrédulité avant de s&#8217;enfuir avec sa broche. Les mains du jeune garçon tournaient doucement devant lui et les cubes suivaient son mouvement. Saya ne pouvait détacher son regard de lui, alors même qu&#8217;elle n&#8217;aspirait qu&#8217;à fuir. Sa mère et tout un chacun lui avait bien parlé des dangers de la magie, force maléfique et obscure qui avait failli détruire le monde. </font></font></i><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Et puis, l&#8217;enfant dut  sentir son regard car il tourna brusquement la tête vers elle et la fixa de ses yeux grands yeux bruns, tout en continuant à jouer avec les cubes. Des yeux de faon, incroyablement intenses et mûrs pour leur âge, créant une sensation dérangeante chez celle qu&#8217;il tenait dans son regard. Pourquoi la regardait-il ainsi sans réagir ? Comme il ne cillait pas, Saya fut prise de peur et retrouva l&#8217;usage de ses jambes. Alors qu&#8217;elle reculait en trébuchant, la mère de l&#8217;enfant entra dans la pièce et resta elle aussi saisie d&#8217;effroi. Son regard perdit toute chaleur et elle devint livide. On voyait la peur sur son visage quand elle poussa un cri et Saya s&#8217;enfuit.</font></font></i> </font><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Plus tard, elle avait vu la Horde arriver et enlever l&#8217;enfant devant une foule muette et figée. Ces regards l&#8217;avaient marquée à tout jamais et elle espérait ne jamais lire cette expression de peur dans le regard de sa propre mère. Et voilà que des années plus tard, c&#8217;était son tour.  Revenant au visage de Samuel, elle avait remarqué les larmes sur les joues de son ami et elle avait compris qu&#8217;Öde n&#8217;avait pas survécu. Il l&#8217;avait néanmoins aidée à se relever et elle découvrit qu&#8217;elle était nue. Non pas que cette nudité la gênait particulièrement, encore moins devant Sam qui la connaissait si bien, mais elle se demandait bien à quel moment elle avait perdu ses vêtements et ce qu&#8217;ils étaient devenus. D&#8217;autre part, elle avait remarqué de drôles de stries sur sa peau, comme un tatouage en filigrane qui lui en rappelait d&#8217;autres auxquels elle n&#8217;avait pas envie de penser.  Elle avait jeté un regard interrogateur à Sam et il avait baissé les yeux avant de lui raconter ce qu&#8217;il avait vu. Elle ne put que constater qu&#8217;il disait vrai car le cadavre encore fumant de l&#8217;énorme Skaad gisait sur le sol, juste sous ses yeux. Puis il prononça le mot avec hésitation : Haxä. Bien sûr, elle savait ce que ça signifiait, elle ne parvenait tout simplement pas à accepter cette possibilité. </font></font></i></font></p>
<p><font color="#000000"></font></p>
<p><font color="#000000"></p>
<p><span id="more-65"></span></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Mais Grimma ne se déplaçait jamais pour rien et c&#8217;était bien son destrier volant qui arrivait comme une menace venue du ciel, fondant sur eux à la vitesse de l&#8217;éclair, suivi de près par la Horde. À la vision de ces êtres mi-dragons mi-chevaux qu&#8217;étaient les Scythes, Saya frémit des pieds à la tête. Elle avait une sainte horreur de l&#8217;Oracle et de ses disciples Prédicateurs, oiseaux de mauvais augure venus des Monts Neigeux pour terroriser les mortels de Drakensvärt. Personne ne pouvait prononcer leur nom sans jeter un coup d&#8217;œil inquiet derrière son épaule. Et s&#8217;ils venaient rarement se mêler à la vie de la cité, il arrivaient toujours pour une raison précise. Avant même qu&#8217;ils aient pu faire quoique ce soit, Saya se retrouva empoignée par deux Prédicateurs en robe noire et au visage encapuchonné et fût hissée sur l&#8217;une des bêtes ailées. Elle eut beau crier et se débattre, Samuel essayant de la libérer, rien n&#8217;y fit. Son ami fût maitrisé par quatre Prédicateurs et renvoyé en ville attaché sur la jument de Saya le tout sous bonne escorte. Ils s&#8217;envolèrent ensuite, les cris des Scythes résonnant dans les rues pour annoncer la présence de leurs cavaliers. Après qu&#8217;ils eurent atterri aux portes de la ville, non sans avoir surplombé auparavant la cité de leur aura menaçante, Saya fut trainée de force jusqu&#8217;à la tribune du Conseil où la matriarche tenait audience et fut désignée en public par l&#8217;Oracle comme étant Haxä. Une épreuve particulièrement humiliante pour elle. Saya connaissait la plupart de ces visages qui la fixaient maintenant avec horreur et dégoût. C&#8217;étaient des amis, des commerçants, des artisans, sa famille, et elle se retrouvait nue devant eux, le corps couvert de motifs runiques, mise au banc de la société par ce nom qu&#8217;on lui avait attribué : Haxä. Sorcière. Parce que la magie était strictement prohibée en Öskaalie comme dans beaucoup d&#8217;autres partie d&#8217;Ogäll, un protocole strict existait depuis la Grande Répression pour gérer les personnes comme Saya. </font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">L&#8217;Ôracle et sa Horde étaient là pour veiller à ce que ce protocole soit respecté jusqu&#8217;à la dernière virgule et nul ne pouvait prétendre y échapper quelque soit son rang ou ses origines. Grimma était par ailleurs un Ôracle zélé qui était connu pour être sans pitié. Il avait déjà  brisé  tellement de familles, anéanti tant d&nbsp;&raquo;espoirs et arraché tant de vies qu&#8217;il n&#8217;inspirait que terreur et rejet. Ses yeux noirs comme l&#8217;encre scrutaient chaque visage et chaque expression sans aménité, prêt à rappeler la Loi au nom des Dieux.  Il était chargé de contrôler la manifestation de la magie dans la région d&#8217;Öskaalie et d&#8217;y remédier immédiatement. Le plus ironique était que les seuls êtres capables d&#8217;accomplir cette tâche devaient nécessairement être doués de magie. Pour savoir si la magie se manifestait et où, il fallait être en connexion avec elle, et donc en posséder une partie. Par ailleurs, bien que la magie soit fortement répréhendée et toujours évoquée avec horreur, elle était cependant utilisée par la Horde et l&#8217;Ôracle lors des moments de culte  afin de prédire l&#8217;avenir et sauvegarder la sécurité de la cité. C&#8217;était d&#8217;ailleurs un des moyens employés pour anticiper les prochaines émergences de magie. Personne n&#8217;était capable de dire pourquoi et comment celle-ci se manifestait mais certaines théories avançaient qu&#8217;elle était héréditaire, même s&#8217;il arrivait qu&#8217;elle puisse sauter des générations et reste à l&#8217;état dormant pendant des siècles. Aussi, la vénérable matriarche resta imperturbable en reconnaissant Saya couchée à ses pieds de même que les Prêtresses-guerrières de Sòl qui l&#8217;entouraient. Saya retenait ses larmes afin de se montrer courageuse et digne dans l&#8217;épreuve mais elle crevait de peur et elle aurait voulu hurler. Elle en voulait aussi terriblement à sa mère de ne pas se manifester et se sentit profondément trahie et abandonnée. Comme la situation le recquiérait, après avoir désigné publiquement la nouvelle Haxä et l&#8217;avoir présentée devant les autorités, l&#8217;Ôracle demanda la réunion du Conseil afin de déterminer le meilleur moyen d&#8217;éradiquer la menace présente. Cette réunion n&#8217;avait qu&#8217;une fonction très symbolique car la décision était toujours la même : l&#8217;Ôracle emmenait avec lui l&#8217;Haxä ou si celui ou celle ci s&#8217;y refusait, il ou elle finissait brulé vif en place publique. Peu choisissaient cette alternative et quant aux autres, on ne les revoyait jamais. Ils entraient dans l&#8217;Ordre, dédiaient leur vie entière à la secte et au service de la Cité à travers l&#8217;accomplissement de leurs missions. Bien que respectés, les Prédicateurs faisaient peur et  dérangeaient tout un chacun quand ils apparaissaient. Ils avaient cette manière inhumaine d&#8217;être tous exactement semblables, leurs traits et leur sexe étant indiscernables sous leurs capuches, et leur façon de bouger de manière parfaitement coordonnée et silencieuse collait le frisson à n&#8217;importe quel être normalement constitué. Comme s&#8217;ils étaient des coquilles vides de substance, mécaniques bien huilées prêtes à exécuter les moindres ordres et désirs de l&#8217;Ôracle. Quant à ce dernier, bien des gens auraient préféré ne jamais connaître son visage. </font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Entièrement rasé, il avait le crâne recouvert de symboles runiques très semblables à ceux de Saya qui avait non sans horreur remarqué cette similitude. On devinait aussi que ces symboles ne s&#8217;arrêtaient pas à son crâne et devaient recouvrir toute la surface de son corps sous son caftan. C&#8217;était une sorte de longue robe fendue par devant dans toute sa longueur qui recouvrait une autre robe plus fine en dessous. Le caftan était un habit de pouvoir que seuls certains pouvaient porter selon leur fonction et leur rang dans la hiérarchie. De même, toutes les couleurs n&#8217;étaient pas autorisées et étaient régies par un code strictement établi en fonction de l&#8217;importance de son porteur. Le noir et l&#8217;or étaient réservées à la matriarche. Le noir représentait le pouvoir et était le symbole de la ville. L&#8217;or était la couleur de la déesse guerrière. Aussi, la matriarche portait elle un caftan de velours noir brodé d&#8217;or dont le col haut et crénelé rappelait les remparts de la ville sur une robe de soie dorée et fluide aux manches évasées. Le tout était fermée par une large ceinture de tissu fermement enroulée sous la poitrine, donnant ainsi un maintien rigide à celle qui la portait. Grimma lui, ne portait pas la ceinture car il était homme, mais en tant qu&#8217;Ôracle, il avait le droit d&#8217;enfiler le caftan avec un large col rond de couleur orange et or. Les prêtresses-guerrières de Sòl, quant à elles, portaient une tenue très semblable à celle de la matriarche à la différence près que leur caftan était gris anthracite et leur robe blanche, couleur des novices. Elles marquaient ainsi leur respect vis à vis de la matriarche, Sagesse incarnée. De même, elles ne portaient qu&#8217;une seule arme à la hanche gauche, tandis que la matriarche en avait une de chaque côté, grâce à son baudrier croisé. Elle affichait ainsi la supériorité de son pouvoir et de son expérience. Les membres de l&#8217;Ordre n&#8217;étaient pas autorisés à porter les armes, quant à eux, mis à part dans des circonstances exceptionnelles, comme ce jour là, lors de la réunion du Conseil. </font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Ainsi donc, après que la vénérable Hera Soleres eut donné son accord d&#8217;un hochement de tête, Saya fut reconduite chez elle et enfermée dans sa chambre en attendant les délibérations sans surprise de ce Conseil symbolique. Des prédicateurs étaient postés devant sa chambre et elle savait que d&#8217;autres attendaient sous ses fenêtres, quelques étages plus bas. Elle se demandait avec angoisse les alternatives qui s&#8217;offraient à elle. Un moment, elle envisagea sa mort.  Si la seule perspective qui lui était autorisée était de rejoindre les rangs de ces êtres sans âme derrière la porte, il lui semblait préférable de mettre un terme à ses jours.</font></font></i></font></p>
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		<title>Voyages en Ogäll ou Les Contrées Hostiles &#8211; Chapitre II</title>
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		<pubDate>Thu, 02 Dec 2010 19:37:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Ewillana</dc:creator>
				<category><![CDATA[fictions]]></category>
		<category><![CDATA[Voyages en Ogäll]]></category>

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		<description><![CDATA[  II. Drakensvärt Drakensvärt la Ténébreuse était l&#8217;une des grandes cités qui faisaient la gloire de la région d&#8217;Öskaalie. D&#8217;aucun lui enviait ses remparts couleur d&#8217;ébène qui avait contribué à sa légende. On racontait que dans les temps anciens, avant que cette partie du monde ne soit recouverte par les sables, un dragon mythique s&#8217;était [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><font color="#000000"> </font></p>
<p align="CENTER"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3"><b>II.</b></font></font></i></font></p>
<p align="CENTER"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3"><b>Drakensvärt</b></font></font></i></font></p>
<p align="CENTER"><font color="#000000"><i><br />
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<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Drakensvärt la Ténébreuse était l&#8217;une des grandes cités qui faisaient la gloire de la région d&#8217;Öskaalie. D&#8217;aucun lui enviait ses remparts couleur d&#8217;ébène qui avait contribué à sa légende. On racontait que dans les temps anciens, avant que cette partie du monde ne soit recouverte par les sables, un dragon mythique s&#8217;était posé là pour mourir.  Il avait déployé ses larges ailes noires autour de lui et s&#8217;était éteint dans un nuage de souffre. Ainsi disait-on que les remparts de la ville étaient en réalité la partie émergée des ailes du grand dragon noir et que la cité s&#8217;était construite dans leur étreinte. Cette légende expliquait la singularité de ses remparts aussi infranchissables qu&#8217;irréguliers. Personne n&#8217;aurait jamais osé imaginer qu&#8217;un architecte mal inspiré ou un peu trop porté sur la bouteille  eut gâché les plans de construction des remparts de la grande cité. Quoiqu&#8217;il en soit, ces remparts irréguliers dont les extrémités étaient aussi tranchantes que l&#8217;acier donnaient à la ville cet aspect sombre et terrifiant qui inspirait le respect à toute personne étrangère à ses murs. Ces pics acérés donnaient l&#8217;impression de vouloir défier le ciel dont le Soleil impitoyable maltraitait toute forme de vie en ces lieux.  Toute l&#8217;architecture de la ville avait été pensée pour résister aux assauts des éléments dans cette contrée hostile. Drakensvärt semblait presque construite dans un seul et même bloc de roche tant les rues étaient étroites et les bâtiments rapprochés les uns des autres. Tout avait été aménagé afin de limiter les déplacements longs et protéger les habitants des rayons du soleil. Le centre de la ville regroupait les fonctions essentielles de la cité: les principaux commerces et marchés,  les institutions du pouvoir et les temples de culte. Ici, on vénérait bien entendu S<font face="URW Chancery L">òl, déesse guerrière du soleil, maitresse de toute forme de vie en cette partie du monde, mais aussi Ingunäar, dieu de l&#8217;eau et de la fécondité. C&#8217;étaient des dieux infiniment beaux et terribles et leurs adeptes ne manquaient jamais de leur faire un sacrifice afin de se prémunir d&#8217;un sort funeste. On n&#8217;oubliait pas non plus d&#8217;adresser une prière aux esprits du désert qui pouvaient provoquer d&#8217;infernales tempêtes de sable et égarer le voyageur imprudent aussi bien qu&#8217;ils pouvaient le mener vers les merveilleux trésors d&#8217;un oasis encore vierge. Afin de rester en bons termes avec eux, il convenait aussi de ne jamais provoquer leur colère par une quelconque offense, en ne crachant jamais dans le sable, par exemple. Ainsi, mille et une règles régissaient la vie des Svärtiens au quotidien dans l&#8217;espoir de ne jamais déplaire aux forces qui ordonnaient leur univers. </font></font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3"><font face="URW Chancery L">Mais si les croyances svärtiennes alimentaient bien des plaisanteries en d&#8217;autres lieux, contribuant pour partie à leur renommée, les Svärtiens étaient surtout connus pour leurs talents d&#8217;orfèvre et de forgeron. En effet, le Sud de l&#8217;Öskaalie regorgeait de gisements des plus précieux minerais du monde auxquels on associait des propriétés plus ou moins magiques selon les régions : Or bleu aux vertus médicinales diverses, Obsidienne noire utilisée dans la fabrication des bijoux et des armes afin d&#8217;assurer détermination et force à son détenteur, Rubis pour la fertilité et plus banalement Fer dont les propriétés concrètes se passaient de commentaires. On trouvait encore à profusion de ces richesses dans les profondeurs des grottes situées à l&#8217;extérieur des portes de la ville, dans le dédale des Rocheuses. Ce territoire, sans appartenir à qui que ce soit, était généralement rattaché aux terres svärtiennes, non en raison de sa proximité mais plutôt du fait de sa dangerosité. C&#8217;était notamment le lieu de prédilection des Skaads pour la ponte durant la saison des Grands Orages car ils aimaient enfouir leurs oeufs au plus profond des grottes. Et gare à l&#8217;aventurier malchanceux qui confondait un oeuf de Skaad avec une pierre précieuse ! Mais les Skaads n&#8217;étaient pas les seuls dangers de ces montagnes : leur complexité avait tôt fait de perdre le voyageur non initié et les éboulements étaient fréquents. Il fallait aussi composer avec toutes sortes de créatures rampantes ou volantes et de plantes dont la beauté n&#8217;avait d&#8217;égale que leur toxicité. Les habitants de Drakensvärt avaient une connaissance infinie de cette ancienne chaine de montagnes qui marquait la frontière entre l&#8217;Öskaalie et les Mers de Saphir. En naissant et en vivant dans les dunes, ils apprenaient vite les pièges redoutables de leur environnement, initiation indispensable pour tous ceux qui souhaitaient survivre. Cependant, il n&#8217;était pas rare de découvrir des restes humains ou d&#8217;animaux en parcourant ces grottes et ce n&#8217;était point un hasard si de riches investisseurs étrangers préféraient embaucher des guides svärtiens pour explorer ces lieux plutôt que d&#8217;envoyer des compatriotes. Aussi, les services des Svärtiens se vendaient à prix d&#8217;or et étaient tout autant recherchés que leurs oeuvres d&#8217;art et cela contribuait à la richesse de la cité. Tout aussi naturellement, Drakensvärt avait bénéficié des gisements pour son développement et s&#8217;était rapidement hissée au rang de puissance et de splendeur d&#8217;Öskaalie. On venait de partout pour admirer sa beauté, ses magnifiques constructions dont la moindre porte, le moindre ornement était un chef d&#8217;oeuvre de ferronnerie. Mais si les minerais précieux étaient avant tout dédiés à l&#8217;expression artistique des artisans de Drakensvärt, ils étaient aussi une monnaie d&#8217;échange ayant permis l&#8217;aménagement de la ville et notamment son approvisionnement en eau et son évacuation. Un système de canalisation aussi ingénieux que couteux avait vu le jour après des années de travaux titanesques quelques décennies plus tôt, quand l&#8217;expansion de la ville et l&#8217;explosion démographique avaient rendu indispensable un approvisionnement en eau à grande échelle. Par la même occasion, les bâtiments de la ville avaient pris quelques étages et les quartiers résidentiels s&#8217;étaient développés. Les riches avaient rapidement migré vers les Palmeraies à la périphérie de la cité dans les quartiers les plus éloignés du centre-ville surpeuplé et constamment embouteillé. À l&#8217;abri des grands arbres, ils s&#8217;assuraient fraicheur et calme et envoyaient leurs domestiques pour leurs commissions importantes dans le coeur de la ville. De fait, plus on s&#8217;éloignait du centre, plus les demeures se faisaient imposantes et somptueuses. Dès lors, on peut sans peine imaginer l&#8217;ébahissement de l&#8217;étranger qui, après un long et périlleux voyage, voyait soudain émerger sous ses yeux incrédules ces remparts noirs et brillants renfermant comme un écrin cette cité-bijou entourée de palmiers verdoyants contrastants étrangement avec l&#8217;austérité des miradors.</font></font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3"><font face="URW Chancery L">C&#8217;était là qu&#8217;avaient grandi Saya et son ami Samuel ainsi que leurs chevaux, Nöraa et Öde. Comme on l&#8217;a dit, les chevaux avaient une place importante en Öskaalie, mais c&#8217;était également vrai pour toutes les espèces vivantes et sensibles qui peuplaient cette région. La vie était bien trop rare et précieuse pour être gaspillée inutilement. Ainsi, les équidés étant des alliés naturels des humains dans cette partie du monde, ils trouvaient refuge dans la cité, et vivaient librement dans les Palmeraies, véritables oasis où l&#8217;on cultivait aussi moult variétés de plantes et de céréales. Il n&#8217;était d&#8217;ailleurs pas rare que les chevaux se servent dans les cultures mais ils bénéficiaient généralement des largesses des cultivateurs, qui veillaient à poser des clôtures afin de limiter les dégâts.  En échange de leur clémence, ces derniers pouvaient compter sur l&#8217;aide précieuse des équidés pour les débarrasser efficacement des mauvaises herbes. La cohabitation entres humanoïdes et animaux était paisible en Öskaalie, à condition que l&#8217;une des espèces n&#8217;ait pas un intérêt particulier à défendre nécessitant d&#8217;éliminer la vie de l&#8217;autre. C&#8217;était ce terrible et fragile équilibre entre les forces et les intérêts de chacun à survivre qui rythmait la vie et ses tragédies dans le désert. Tout du moins la plupart du temps, car il arrivait parfois que les humains se chargent eux mêmes de cette besogne. </font></font></font></i></font></p>
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		<title>Voyages en Ogäll ou Les Contrées Hostiles &#8211; Chapitre I (suite)</title>
		<link>http://bricabracschizo.unblog.fr/2010/11/30/voyages-en-ogall-ou-les-contrees-hostiles-2/</link>
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		<pubDate>Tue, 30 Nov 2010 18:46:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Ewillana</dc:creator>
				<category><![CDATA[fictions]]></category>
		<category><![CDATA[Voyages en Ogäll]]></category>

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		<description><![CDATA[I. Sables Mouvants (suite)     [Mais Sam ne devait pas mourir. Si elle pouvait seulement lui offrir une petite diversion, un sursis, peut être aurait il une chance de se dégager. Cependant, lorsque le sabre s'enfonça dans la chair du Skaad, il se passa une chose impensable.] Tout d&#8217;abord, Saya fut brutalement interrompue dans [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="CENTER"><font face="URW Chancery L" color="#000000"><font size="3">I.</font></font></p>
<p align="CENTER"><font face="URW Chancery L" color="#000000"><font size="3"><i><b>Sables Mouvants</b></i></font></font></p>
<p align="CENTER"><font face="URW Chancery L" color="#000000"><font size="3"><i><b>(suite)</b></i></font></font></p>
<p align="JUSTIFY"> </p>
<p align="right"><font color="#000000"> </font></p>
<p align="JUSTIFY"><font face="URW Chancery L" color="#000000"><font size="3"><i>[Mais Sam ne devait pas mourir. Si elle pouvait seulement lui offrir une petite diversion, un sursis, peut être aurait il une chance de se dégager. Cependant, lorsque le sabre s'enfonça dans la chair du Skaad, il se passa une chose impensable.]</i> </font></font></p>
<p><font color="#000000"><br />
</font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Tout d&#8217;abord, Saya fut brutalement interrompue dans son élan car le sabre se brisa en deux en butant sur une écaille intermédiaire du Skaad. De surprise, elle écarquilla les yeux et retomba à deux mains sur la tête du monstre, qui ne ressentit pas même une légère piqure sur le front. Cela ne constitue pas en soit un événement extraordinaire et si Saya avait eu le temps de réfléchir, elle aurait su qu&#8217;il ne servait à rien d&#8217;attaquer de plein fouet un Skaad pourvu de plusieurs couches d&#8217;écailles superposées. Elle aurait du glisser son sabre sous la carapace du monstre pour espérer pouvoir l&#8217;atteindre.  Mais ainsi désarmée, désemparée face à la mort, la sienne et celle de son ami quelques mètres plus bas, elle refusa l&#8217;évidence. Elle agrippa de toutes ses forces deux écailles du Skaad qui recommençait à secouer la tête pour la faire tomber et elle s&#8217;entama la peau. Elle poussa un cri de souffrance et de frustration quand l&#8217;une des écailles s&#8217;enfonça plus profondément dans sa peau déjà meurtrie. Le Skaad se pencha en avant et elle eut l&#8217;horrible privilège d&#8217;être aux premières loges pour assister à la fin de Samuel qui se débattait comme un beau diable pour s&#8217;extirper du poids de sa monture qui respirait encore. C&#8217;était un cheval gris prénommé Öde (« </font></font><font face="URW Chancery L"><font size="3">Destin »</font></font><font face="URW Chancery L"><font size="3"> en Öskaalien) en raison de l&#8217;incroyable histoire de sa naissance. Il allait mourir dans le ventre de sa mère avant même d&#8217;avoir vu le jour quand il avait eu la chance de s&#8217;en sortir en coupant lui même avec ses petites dents le cordon ombilical qui allait l&#8217;étrangler.  Öde était né le même jour que Sam et ils s&#8217;étaient choisis à cinq ans pour ne plus se quitter. C&#8217;était ainsi entre les équidés et les humanoïdes d&#8217;Öskaalie depuis la nuit des temps. Sam pestait et se débattait pour se dégager du poids d&#8217;Öde et Öde souffrait de ne pas pouvoir sauver Sam, de ne pas pouvoir se relever et l&#8217;emmener loin de cette chose terrifiante. Lorsque le cheval gris vit les langues du Skaad approcher, il sut néanmoins qu&#8217;il pouvait faire une dernière chose pour son jumeau humain. Avec l&#8217;énergie de celui qui n&#8217;a plus peur de mourir car il se sait déjà condamné, Öde redressa la tête et attrapa entre ses dents l&#8217;une des langues empoisonnées qui se tendaient devant lui. Aussitôt, les autres langues du Skaad s&#8217;enroulèrent autour de lui dans un mouvement purement réflexif. Tandis que le poison le paralysait et que l&#8217;énorme gouffre du prédateur s&#8217;ouvrait devant lui, Öde sentit la douce et tendre brise du Désert d&#8217;Öskaalie lui caresser l&#8217;échine, et il sut que c&#8217;était la voix de ses ancêtres qui chantait cet air si beau à ses oreilles, le souffle du vent dans lequel il se confondrait bientôt. Cela l&#8217;apaisa et il ferma les yeux. </font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Samuel hurla. Saya vit comme dans un cauchemar le corps du cheval soulevé dans les airs, à quelques mètres d&#8217;elle seulement. Alors quelque chose éclata brusquement en elle. Une rage indescriptible, une colère qui brisa toutes les barrières qu&#8217;elle avait érigées inconsciemment pendant des années. Sa vue se brouilla un instant, ainsi que toute la scène qui se déroulait au même moment. Un immense brasier s&#8217;alluma en elle dont la chaleur lui faisait oublier toute souffrance. Son sang lui même était de feu. Elle ne chercha pas à contenir l&#8217;incendie, au contraire, elle l&#8217;attisa à la force de sa colère. Ce fut comme l&#8217;explosion d&#8217;une étoile qui aurait attendu son heure pendant un millénaire. Les vêtements et le turban de Saya explosèrent sous l&#8217;intensité du phénomène. Son épaisse tignasse noire et chocolat volait d&#8217;une façon surnaturelle autour de son visage. Samuel assistait ébahi au spectacle du corps de son amie disparaissant dans une intense luminosité, une aura sombre se formant progressivement autour d&#8217;elle et du Skaad, comme les résidus d&#8217;une énorme déflagration. Saya sentait son pouvoir croitre en même temps qu&#8217;il se libérait et elle n&#8217;en fut pas surprise outre mesure. Elle ne se demanda pas ce qui se passait, elle l&#8217;avait toujours su au fond d&#8217;elle&#8230; Elle avait seulement profondément enfoui son secret  le cachant aux yeux de tous jusqu&#8217;à l&#8217;oublier elle même. Tout du moins jusqu&#8217;à ce jour. Mais il était temps d&#8217;utiliser cette force au lieu de la répandre inutilement autour d&#8217;elle. Elle enfonça plus profondément ses doigts entre les écailles du Skaad déchainé. Lui aussi avait senti le changement. Quelques instants plus tôt il poursuivait une étincelle et maintenant il avait affaire à un gigantesque brasier. Et il voulait ce pouvoir ! Il était si vieux et il serait tellement bon de réchauffer son corps à la magie de cette Häxa ! Il avait retrouvé son nom en même temps qu&#8217;elle s&#8217;était révélée au grand jour. Toute cette magie qui saturait chaque particule d&#8217;air autour d&#8217;eux le rendait fou. Il sentait désespérément le besoin de gouter à ce miel, de s&#8217;en remplir, de se vautrer dedans. Un terrible rodéo s&#8217;engagea. Les dunes semblaient vibrer sous les cris perçants du Skaad et les tremblements qu&#8217;il provoquait en se contorsionnant pour saisir la jeune fille. Le corps de Saya prenait maintenant une couleur de charbon incandescent tandis qu&#8217;elle rassemblait en elle toute son énergie. Des motifs runiques irradiaient sur sa peau devenue noire, comme inscrites au fer rouge dans sa chair. Ses yeux eux mêmes, habituellement aigue-marine étaient maintenant comme deux flammes ardentes  brulant dans ses orbites.  Le sol tremblait sous les assauts du Skaad, les dunes de sables menaçant de s&#8217;effondrer en avalanche sur eux. Saya s&#8217;en moquait bien. Elle voulait tuer le Skaad. </font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Elle ne savait pas bien comment manipuler le feu mais elle avait conscience qu&#8217;il était dans son sang, qu&#8217;il était le sang. Son sang qui coulait sur les écailles du monstre. Elle ferma les yeux, rejeta la tête en arrière et visualisa le feu. Quand elle le sentit concrètement en elle, elle ne chercha pas à le dompter ou à le modeler. Elle le dirigea simplement à travers ses mains à l&#8217;endroit même où son sabre avait échoué et le poussa de toutes ses forces. Elle jeta tout son pouvoir en avant et l&#8217;effort que cela lui demanda lui fit pousser un cri. Le résultat fût immédiat. Une énorme lance de feu traversa la tête du Skaad de part en part, une vive lumière irradiant par tous ses orifices. La bête s&#8217;effondra dans une tempête de sable, foudroyée sur le coup. Saya fut projetée en l&#8217;air par la violence de l&#8217;impact et perdit connaissance. Tout retomba dans un silence profond, seulement troublé par les cris lointains des charognards qui surplombaient la zone dans l&#8217;espoir de se nourrir des restes du Skaad. Il y aurait de quoi se nourrir pendant des semaines une fois le corps débarrassé de ses écailles ! C&nbsp;&raquo;était une manne providentielle en ces temps difficiles d&#8217;autant que rien n&#8217;indiquait un tel dénouement ! Et les Skaads n&#8217;étaient pas réputés pour leur prodigalité ! Ils laissaient si peu de restes ! Avec un peu de chance, ils auraient même cette humaine en piteux état en guise de dessert. Son odeur de roussi n&#8217;était guère engageante mais après tout, il y avait ici trop peu de ressources pour faire la fine bouche. À moins que l&#8217;humanoïde mâle ne l&#8217;atteigne avant eux&#8230; </font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Mais Sam était encore sous le choc et n&#8217;arrivait pas à croire la scène à laquelle il venait d&#8217;assister. Öde mourant sous les assauts du monstre pour le sauver, Saya, la fille avec laquelle il avait grandi, une Haxä ?? Et puis, il vit le corps d&#8217;Öde que le Skaad n&#8217;avait pas eu le temps d&#8217;engloutir, inerte, sur le sol. Il vit la silhouette recroquevillée de Saya juste à côté et quelque chose se rebella dans son coeur. Il se traina vers eux, trébuchant dans le sable comme un ivrogne. Il tomba à genoux à côté du cheval et saisit pleinement la réalité de sa mort. Alors, il laissa éclater sa peine et pleura la perte de son frère. Avec son poignard, il coupa quelques crins gris qu&#8217;il embrassa avant de les fourrer dans sa poche et se tourna vers Saya. Il eut soudain peur qu&#8217;elle soit morte elle aussi et malgré son appréhension face à la créature qu&#8217;elle était devenue, il posa sa main dans son cou. Il perçut le pouls et soupira de soulagement. Au moins ne l&#8217;avait il pas perdue, elle. Mais était ce vrai ? Car si ses yeux ne l&#8217;avaient pas trahi, Saya ne serait plus jamais la fille qu&#8217;il avait connue et aimée. Il était même certain qu&#8217;elle ne serait plus de ce monde et ce, dès la tombée de la nuit.</font></font></i></font></p>
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		<title>Voyages en Ogäll ou Les Contrées Hostiles &#8211; Chapitre I</title>
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		<pubDate>Tue, 30 Nov 2010 01:58:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Ewillana</dc:creator>
				<category><![CDATA[fictions]]></category>
		<category><![CDATA[Voyages en Ogäll]]></category>

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		<description><![CDATA[I. Sables Mouvants Sous le Soleil impitoyable, les dunes de sable noir s&#8217;étendaient à perte de vue, donnant l&#8217;impression d&#8217;un océan figé en pleine tempête. Quatre chevaux continuaient à marcher malgré l&#8217;atmosphère de plus en plus pesante, leur sabots s&#8217;enfonçant dans le sable brulant jusqu&#8217;aux paturons. Tout était étrangement calme et silencieux. Immobile, comme en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="CENTER"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">I.</font></font></i></font></p>
<p align="CENTER"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3"><b>Sables Mouvants</b></font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Sous le Soleil impitoyable, les dunes de sable noir s&#8217;étendaient à perte de vue, donnant l&#8217;impression d&#8217;un océan figé en pleine tempête. Quatre chevaux continuaient à marcher malgré l&#8217;atmosphère de plus en plus pesante, leur sabots s&#8217;enfonçant dans le sable brulant jusqu&#8217;aux paturons. Tout était étrangement calme et silencieux. Immobile, comme en attente. Les cavaliers jetaient des coups d&#8217;oeil nerveux autour d&#8217;eux, craignant la colère d&#8217;un dieu invisible qui n&#8217;attendrait que le moment idéal pour jeter l&#8217;Enfer à leurs trousses. Et soudain dans un grondement effroyable, c&#8217;est ce qui se produisit. Les dunes s&#8217;effondrèrent autour des cavaliers, le sol se dérobant quasiment sous les sabots des chevaux qui s&#8217;emballèrent aussitôt dans des hennissements terrifiés. L&#8217;océan reprenait vie. Le chef de file hurla :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Un 	Skaad ! Foncez !</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Les cavaliers rassemblèrent leurs rennes et n&#8217;écoutèrent plus que leur peur. Ils talonnèrent leurs chevaux qui n&#8217;avaient pas besoin d&#8217;autant d&#8217;encouragements pour fuir. Un hurlement perçant à vous glacer le sang s&#8217;éleva alors dans le ciel de plomb en faisant frémir l&#8217;échine des chevaux et des cavaliers. Le Skaad révéla sa présence aux mortels arrivés à point pour son déjeuner. La créature émergea des tréfonds des sables, la gueule grande ouverte. C&#8217;était un monstre de près de trente mètres, et celui-ci était un mâle, petit en comparaison de son équivalent féminin qui pouvait atteindre la taille d&#8217;un navire de guerre. On en croisait quelques beaux spécimens dans cette région d&#8217;Öskaalie, mais il était rare d&#8217;en trouver un éveillé à cette heure, surtout si près de la civilisation. D&#8217;un naturel solitaire et taciturne, ces énormes prédateurs étaient connus pour préférer les profondeurs en attendant qu&#8217;une proie digne de ce nom ne se manifeste et se dérangeaient rarement pour quelques randonneurs à moins d&#8217;être particulièrement de mauvais poil. C&#8217;était visiblement le cas de celui ci dont la collerette d&#8217;écailles rubiconde et les sept langues sifflantes ne laissaient aucun doute sur son humeur du jour. Son énorme tête aux yeux aveugles ressemblait à la gueule d&#8217;un dragon dont on aurait remplacé le museau par l&#8217;ouverture d&#8217;une énorme plante carnivore aux crocs acérés comme des sabres. Son corps taillé tout en longueur était entièrement recouvert d&#8217;écailles noires et luisantes. D&#8217;énormes pattes palmées se terminant par des griffes recourbées permettaient à l&#8217;animal de se mouvoir rapidement dans les sables et d&#8217;amener toute nourriture un peu récalcitrante directement à sa destination finale. Mais plus que les crocs et les griffes redoutables du Skaad, le danger principal résidait dans ses sept langues fourchues, qui se tordaient comme des lierres empoisonnés devant la monstrueuse créature afin de saisir sa proie et de la paralyser, comme si sa force colossale et sa vélocité naturelles n&#8217;étaient pas des arguments suffisants pour avoir raison de n&#8217;importe quel être vivant qui se présenterait à lui. Il fallait aussi être attentif à sa queue, capable de faucher, de projeter en l&#8217;air, et d&#8217;abattre tout ce qui se présenterait sur son chemin afin de le rediriger plus vite vers sa gueule. Les cavaliers se séparèrent aussitôt sous ordre du guide qui avait sorti son sabre. Le Skaad à l&#8217;odorat sur-développé et aux vibrisses ventrales lui indiquant chaque présence par des ondes infimes se propageant dans son corps, secoua la tête furieusement, agacé par autant de signaux contradictoires. Il fallait se concentrer sur une seule odeur. Celle de l&#8217;humanoïde qui avait crié et qui avait cette odeur insupportable d&#8217;orage mêlé d&#8217;un parfum familier mais qu&#8217;il était incapable d&#8217;identifier, un parfum mystérieux et infiniment ancien qui l&#8217;avait réveillé. Il lui fallait cette chose, il se sentait irrésistiblement attiré par elle, comme lorsqu&#8217;il lui fallait répondre à l&#8217;appel des femelles lors de la saison des chaleurs, quitte à s&#8217;en repentir plus tard. Il ouvrit grand sa gueule, déploya ses sept langues devant lui, prêt à l&#8217;attraper. </font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Mais la petite chose humanoïde était rétive. Son odeur entêtante se déplaçait constamment sous ce qui lui servait de nez et faussait ses radars. Peut être que s&#8217;il arrivait à attraper le cheval puant, il attraperait plus facilement la chose. C&#8217;était agaçant à la fin ! Le Skaad n&#8217;avait pas l&#8217;habitude de chasser. Les proies venaient à lui sans s&#8217;en douter, ignorantes du danger jusqu&#8217;à ce qu&#8217;il émerge comme un champignon radioactif, et il n&#8217;avait qu&#8217;à ouvrir la gueule pour attraper son repas. Parfois, il fallait qu&#8217;il utilise ses langues et sa queue, mais il allait rarement jusqu&#8217;à courir ! Et voilà que cette si petite chose, non contente de le réveiller, l&#8217;obligeait maintenant à sortir des profondeurs pour se lancer à sa suite sous un Soleil cuisant ! C&#8217;était indigne de sa condition de prédateur ultime et de son intelligence supérieure, mais c&#8217;était plus fort que lui. Il sentait intimement qu&#8217;il lui fallait engloutir l&#8217;humanoïde, le posséder. Aspirer son aura qu&#8217;il ne comprenait pas mais qui l&#8217;attirait comme un aimant. L&#8217;une de ses langues sentit la chaleur de son corps tout près et il bondit en avant, sûr de lui et de sa victoire. Le cavalier aussi sentit sa mort approcher et il abattit enfin son arme, tranchant net l&#8217;une des sept langues du Skaad qui poussa un cri d&#8217;agonie. Même en étant sa proie, le cavalier ressentit profondément la douleur de la créature dans sa poitrine et son cri déchirant lui transperça le coeur. Mais il fallait vivre alors il bifurqua sur la droite faisant tourner son petit cheval pie d&#8217;un mouvement précis des rennes. La bête disparut de nouveau sous le sable et ce ne fut que plus terrifiant pour sa proie. Les autres membres de l&#8217;équipée étaient presque arrivés aux miradors, à quelques foulées des murailles. Le cavalier isolé se sentit un peu soulagé de savoir son équipage bientôt à l&#8217;abri. Les murailles d&#8217;ébène étaient largement à même d&#8217;arrêter une armée de Skaads s&#8217;il le fallait, s&#8217;enfonçant à des milles sous le sable. La certitude qu&#8217;elles résisteraient à l&#8217;assaut de plusieurs de ces monstres suffisait à se faire une idée de leur incroyable résistance. Le monstre ne réapparaissait pas et le cavalier qui avait eu sa préférence commençait à espérer pour sa survie. Avec un peu de chance, son coup de sabre l&#8217;avait fait réfléchir à deux fois&#8230; Tandis que son cheval volait littéralement en direction des portes de la cité, il remarqua qu&#8217;un des cavaliers ralentissait et faisait finalement volte face. Le guide fronça les sourcils, mécontent. N&#8217;avait il pas donné des instructions claires ? Pourquoi  celui ci prenait il un risque aussi inutile que stupide ? Il reconnut alors la tunique et le turban de Samuel et faillit soupirer d&#8217;exaspération. Il fallait s&#8217;en douter ! Mais à peine eut-il le temps de penser à la façon dont il allait le morigéner quand ils se retrouveraient, que le Skaad refit son apparition, plus enragé que jamais. Mais cette fois, il avait pris les devants et réapparut juste sous les naseaux du petit cheval pie. Celui ci se cabra et tomba sur le côté, ce qui eut pour effet désastreux de jeter son cavalier au sol. Mais celui ci n&#8217;attendit pas qu&#8217;une des six langues fourchues le ramassent et dégagea vigoureusement sa jambe d&#8217;un coup de rein tandis que le cheval tentait de se relever. Le Skaad siffla et découvrit les profondeurs de sa gueule pestilentielle. Puis il plongea en avant pour attraper le cavalier qui l&#8217;attendait, son arme à la main et les jambes écartées dans le sable. Ce dernier esquiva la première attaque et rata de peu une autre des langues du monstre avec son épée. Il bondit ensuite entre les pattes du titan sans plus réfléchir et agrippa l&#8217;une des écailles proéminentes sur un coude. Ainsi suspendu d&#8217;une main à l&#8217;un des membres de la créature, il réalisa la précarité de sa situation. Profitant que la bête jetait sa patte griffue en avant afin de se débarrasser de l&#8217;importun, il se propulsa en l&#8217;air dans un salto gracieux et atterrit sur le cou de l&#8217;animal, accroché avec la force du désespoir à sa collerette. Si bien accroché même, qu&#8217;il réalisa qu&#8217;il avait perdu son sabre pendant l&#8217;opération&#8230; « Oh oh&#8230;  » fut sa seule pensée quand il prit conscience de son erreur. Le cavalier comprit qu&#8217;il ne tiendrait pas longtemps dans cette position&#8230; Déjà, la créature secouait sa tête aveugle en tout sens et les muscles de ses bras et de ses cuisses commençaient à souffrir le martyr. Le cavalier entendit alors son nom :</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">- Saya !!</font></font></i></font></p>
<p align="JUSTIFY"><font color="#000000"><i><font face="URW Chancery L"><font size="3">Samuel galopait dans sa direction, longeant le flanc du Skaad, sabre en avant. Saya se sentit incroyablement soulagée malgré la témérité confinant à la folie de son ami. Tout un chacun savait qu&#8217;il ne fallait pas s&#8217;interposer entre un Skaad et son repas, surtout si on avait la chance de ne pas avoir été choisi pour faire partie des festivités. Mais Sam n&#8217;était pas ce qu&#8217;on pouvait appeler quelqu&#8217;un de particulièrement raisonnable et réfléchi. Il poussa même le vice jusqu&#8217;à s&#8217;approcher du Skaad au point de risquer de se faire écrabouiller par l&#8217;une de ses énormes pattes et jeta son arme à Saya qui s&#8217;en saisit d&#8217;une main. Il s&#8217;écarta ensuite pour éviter la queue du Skaad qui s&#8217;apprêtait à le faucher et dégaina son deuxième sabre. Il trancha deux langues qui allaient l&#8217;encercler et le monstre poussa un énième hurlement d&#8217;agonie. Sam n&#8217;eut pas le temps d&#8217;esquiver la colère du Skaad fou de douleur car celui ci fit voler son cheval d&#8217;un coup de patte. Le jeune homme se retrouva coincé sous le poids de sa monture qui ne bougeait plus. Saya su alors que le Skaad allait engloutir son ami d&#8217;une seconde à l&#8217;autre et se décida. Elle attrapa le sabre à deux mains tout en serrant les jambes autour du cou de la bête comme si sa vie en dépendait, ce qui était effectivement le cas. Elle repéra l&#8217;emplacement entre les deux yeux blancs laiteux, seul point faible du monstre, puis elle abattit son arme de toutes ses forces. Elle savait bien que c&#8217;était désespéré. Même avec un sabre particulièrement affuté et en s&#8217;attaquant au point faible du Skaad, celui là ne ressentirait qu&#8217;une petite migraine au contact de son arme. Sa carapace était bien trop épaisse et résistante pour une arme de ce genre. Mais Sam ne devait pas mourir. Si elle pouvait seulement lui offrir une petite diversion, un sursis, peut être aurait il une chance de se dégager. Cependant, lorsque le sabre s&#8217;enfonça dans la chair du Skaad, il se passa une chose impensable. </font></font></i></font></p>
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		<title>Réponse à Sven&#8230; Ou discussion sur la non-monogamie</title>
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		<pubDate>Mon, 29 Nov 2010 19:02:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Ewillana</dc:creator>
				<category><![CDATA[réflexions isolées]]></category>

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		<description><![CDATA[Bon alors, m&#8217;apercevant que ma réponse à la réaction de Sven lors de mon dernier article faisait finalement trois pages sur Open Office, j&#8217;ai finalement décidé d&#8217;en faire un post ! Eh oui, cher Sven tu es un petit veinard, un post rien que pour toi dans notre blog ! Bon, je dois dire que j&#8217;avais de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="2" color="#ff6600">Bon alors, m&#8217;apercevant que ma réponse à la réaction de Sven lors de mon dernier article faisait finalement trois pages sur Open Office, j&#8217;ai finalement décidé d&#8217;en faire un post ! Eh oui, cher Sven tu es un petit veinard, un post rien que pour toi dans notre blog ! Bon, je dois dire que j&#8217;avais de toute façon décidé d&#8217;écrire un article sur la non-monogamie pour développer mes idées en profondeur sur le sujet (ce qui n&#8217;avait pas été possible dans <a href="http://bricabracschizo.unblog.fr/2010/11/12/amour-et-psychanalyse/">Amour et Psychanalyse</a>). Voici donc l&#8217;occasion idéale pour le faire&#8230; Je pense que cet article sera amené à être complété par la suite&#8230; Mais revenons à nos moutons ! ^_^</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="2" color="#ff6600">Bonsoir Sven ! Tout d&#8217;abord, merci pour ton intérêt ! Je crois qu&#8217;on pourrait se tutoyer, d&#8217;autant que nous nous sommes déjà rencontrés ^_^ ! Je vais tâcher de reprendre chaque point que tu as abordé en espérant être claire et concise&#8230;  </font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino"> </font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="2" color="#cc0000"><i>[...] Vous énoncez l’idée d’une liberté dans le couple, d’une certaine forme d’indépendance. Sur ce point là je vous rejoins également. On peut être en couple, aimer la personne et éprouver des sentiments ou de l’attirance pour une autre, d’accord. </i></font></p>
<p align="justify"> </p>
<ul>
<li><font face="georgia,palatino" size="2" color="#ff6600">C&#8217;est déjà pas mal de le reconnaître <img src='http://bricabracschizo.unblog.fr/wp-includes/images/smilies/icon_smile.gif' alt=':)' class='wp-smiley' /> </font></li>
</ul>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="2" color="#cc0000"><i>Mais doit on réellement aller jusqu’au bout de ce raisonnement ? Ne faut il pas poser une certaine nuance ? Faut il se laisser aller à vivre toutes ses passions jusqu’au bout, jusqu’à avoir des relations amoureuses avec plusieurs personnes à la fois ? On laissera de coté les considérations de « propriété sur l’autre » ou même de « jalousie », cela va au delà. Mais dans l’idée d’être en « couple » avec deux ou trois personnes à la fois, peut on développer des relations aussi profondes ? Ne risque t-on pas de verser dans une certaine superficialité ? </i></font></p>
<p align="justify"> </p>
<ul>
<li>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="2" color="#ff6600"><span>Si on part du principe que 	l&#8217;on a un couple, dans l&#8217;acception classique du terme, on part du 	principe d&#8217;une exclusivité stricte où envisager des relations avec 	un autre que son partenaire est une trahison/tromperie. Il y a donc 	bien un contrat moral qui stipule bien que l&#8217;on ne se « donnera » 	qu&#8217;à cet autre. Dès lors il s&#8217;agit bien de propriété. Ne dit on 	pas d&#8217;ailleurs « je t&#8217;appartiens » ? Ou « Tu 	es à moi pour la vie ? », « je te donne mon 	coeur/âme/corps »&#8230; Les expressions pullulent ! Ce 	n&#8217;est donc pas seulement une figure de style et ce quelque soit 	l&#8217;intensité des sentiments ! On part donc ici d&#8217;un 	raisonnement fondé sur l&#8217;individu libéré de toutes entraves, et 	notamment celles du couple. Quelqu&#8217;un donc de « célibataire » 	qui pourrait entretenir des relations diverses et variées avec plus 	ou moins d&#8217;intensité, plus ou moins d&#8217;investissement. Il s&#8217;agit 	d&#8217;élargir son vocabulaire affectif, pour en finir avec la logique 	binaire de l&#8217;amitié d&#8217;un côté et de l&#8217;amour de l&#8217;autre, admettant 	l&#8217;idée que les sentiments humains sont bien plus complexes pour se 	résumer à ces deux termes. De là, la question de la 	« profondeur » d&#8217;une relation ne se pose plus&#8230; Ça 	dépend des individus. La question se posera plutôt en ces termes : 	Pourquoi me priverais-je d&#8217;exprimer mon affection pour J. si j&#8217;en ai 	pour lui/elle et si il/elle est d&#8217;accord pour en recevoir de ma 	part ? Dois je attacher J. dès lors que je l&#8217;aurais 	embrassé(e) sur la bouche ? Si j&#8217;ai réellement de l&#8217;affection 	pour il/elle, n&#8217;aurais je pas plutôt envie de le/la laisser libre, 	dans son intérêt ?</span></font></p>
</li>
</ul>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="2" color="#cc0000"><i>En effet, dans l’hypothèse d’un couple fonctionnant sur ce système, on ne fait aucun projet, on ne cherche pas à bâtir quelque chose mais simplement à se satisfaire personnellement. Imaginez un couple de deux personnes vivant chacune plusieurs relations amoureuses simultanées, imaginons maintenant que ce couple aie un enfant. Le père voudra t’il l’élever, sachant qu’il a lui-même une ou deux autres personnes vers qui se tourner, et sachant également qu’il n’est qu’une option parmi deux ou trois dans la vie de sa compagne ? On ne peut rien bâtir la dessus, aucun projet d’avenir, tout est dans le superficiel.</i></font></p>
<p align="justify"> </p>
<ul>
<li>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="2" color="#ff6600"><span>Nous y voilà ! Déjà 	j&#8217;aimerais lever un amalgame courant, que je rencontre très 	fréquemment lorsque je discute de ce sujet avec mon entourage. Cet 	amalgame consiste à confondre la relation amoureuse entre deux 	personnes et le rôle parental qu&#8217;ils pourraient exercer un jour. 	Pourquoi faut il toujours mêler les deux ? Ce sont deux 	espaces différents (en tout cas je l&#8217;espère car mêler sa vie 	privée/sentimentale et ses éventuels déboires à l&#8217;éducation de 	ses enfants est à mon sens très malsain). Et dès lors qu&#8217;on 	mélange les deux qu&#8217;advient-il des gens qui ne souhaitent pas 	procréer ? N&#8217;auront il jamais l&#8217;occasion de « construire » 	quelque chose ? D&#8217;avoir une « relation profonde » ? 	Ou alors la relation amoureuse est elle condamnée à aboutir sur la 	procréation ? Ce sont deux sujets différents à mon sens.</span></font><font face="georgia,palatino" size="2" color="#ff6600"><span>Mais admettons maintenant, pour 	répondre totalement à ton argument, que deux personnes qui 	entretiennent une relation d&#8217;affection profonde décident d&#8217;avoir un 	enfant ensemble. Où est le problème ? L&#8217;enfant doit il vivre 	avec ses deux parents pour être totalement épanoui ? Que fait 	on des couples divorcés ? Des parents célibataires ? 	Sont ils des « ratages » de la parentalité ? Je 	n&#8217;ai pas connaissance qu&#8217;il y ait tant d&#8217;enfants perturbés et 	traumatisés dans les familles recomposées ou étant issus de 	parents célibataires ! Encore une fois, ce qui fait douter 	d&#8217;un tel système, c&#8217;est la norme sociale conventionnelle autour de 	la famille unie vivant sous le même toit avec son petit jardin bien 	entretenu et son labrador&#8230; On oublie trop souvent d&#8217;ailleurs que 	les frustrations et les rancoeurs d&#8217;un couple qui s&#8217;entend mal et 	qui maintient à toute force  la sacro-sainte « unité 	familiale » pour coller aux standards de la société inflige 	bien plus de dégâts chez ses enfants que deux personnes vivant 	séparément mais en bons termes tout en partageant la garde de leur 	progéniture. Ça demande peut être des aménagements, mais je n&#8217;y 	vois pas là matière de remettre totalement en question l&#8217;idée de 	la non-monogamie.</span></font></p>
</li>
</ul>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="2" color="#cc0000"><i>On peut aller plus loin. On peut poser l’hypothèse que l’autre personne ne partage pas ces idées. S’ensuivent questionnements, interrogations et doutes, qui sont légitimes. Cette personne est elle réellement heureuse avec moi ? Pourquoi a t’elle besoin de chercher ailleurs une satisfaction ? Elle n’est pas « assez » satisfaite avec moi ? Ces interrogations mène à une insatisfaction du rapport l’autre, non pas parce qu’il n’est pas tout pour l’être aimé, mais parce qu’il est conscient de ne pas rendre l’autre pleinement satisfait. Suivant votre raisonnement, je dirais que cette relation doit s’arrêter dès ce moment. En effet, pour une satisfaction personnelle, on impose à l’autre une relation insatisfaisante, ce qui si vous me permettez est le summum de l’individualisme.</i></font></p>
<p align="justify"> </p>
<ul>
<li>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="2" color="#ff6600">C&#8217;est là que nous nous 	rejoignons, Sven ! Mon idée des relations amoureuses ne 	s&#8217;imagine pas sans le préalable indispensable du partage de cette 	acception ! Bien entendu que les deux personnes doivent 	envisager les choses de la même manière ! C&#8217;est une simple 	question de respect de l&#8217;autre et de ses valeurs ! Mais imagine 	aussi l&#8217;autre pendant : si tu imposes ton exclusivité à 	l&#8217;autre, si tu l&#8217;attaches à toi par les liens moraux et 	sentimentaux du couple exclusif alors que cet autre t&#8217;affectionnes 	mais aimerait conserver sa liberté, n&#8217;est ce pas frustrant pour lui 	aussi ? Ne risques tu pas de le rendre malheureux, le forçant 	à faire un choix entre toi et sa liberté alors qu&#8217;il suffirait de 	concilier les deux ? Et refuser son affection parce que cette 	personne veut rester libre, n&#8217;est ce pas masochiste ? Pourquoi 	refuser d&#8217;être aimé pour une question de possessivité ?</font><font face="georgia,palatino" size="2" color="#ff6600">Ensuite, tu abordes la question d&#8217;être 	« suffisant pour l&#8217;autre » , de le « satisfaire 	pleinement » c&#8217;est donc que tu considères en réalité que tu 	dois être « tout » pour l&#8217;autre au moins sur le plan 	affectif. Voilà mon point de vue : comment une seule personne 	peut elle réunir en elle toutes les qualités, toutes les vertus 	qui permettent à l&#8217;autre d&#8217;être totalement comblé(e) et de le 	rester pour toujours (si on part du principe qu&#8217;un couple exclusif 	finira sa vie ensemble) ? À mon avis c&#8217;est impossible. On ne 	peut pas être « parfait » (dans le sens de combler 	l&#8217;autre totalement)  et certainement pas dans la durée. Il faudra 	alors faire des « concessions », ce mot pudique pour 	parler des sacrifices et des désillusions de la vie de couple. Tout 	passe un jour ! Nous évoluons chaque jour, alors comment nos 	sentiments pourraient ils rester toujours les mêmes ainsi que nos 	désirs, nos idéaux ? Ce que j&#8217;avance, c&#8217;est une vision qui 	essaie d&#8217;être réaliste sur la vie et les relations affectives. Enfin, voyons les choses encore sous 	un autre angle : prenons l&#8217;exemple de deux personnes qui 	auraient de l&#8217;affection (ou de l&#8217;amour) l&#8217;un pour l&#8217;autre mais à 	des degrés différents. Dans ton modèle exclusif, il est clair que 	celui qui aime « moins » sera malheureux, car il sera 	clairement frustré. Si on suit ton modèle, ce couple va droit au 	mur avec tout ce que tu as décrit fort justement plus tôt sur 	l&#8217;insatisfaction dans le couple. Et comme celui qui aime l&#8217;autre 	plus que l&#8217;autre ne l&#8217;aime ne supporte pas que l&#8217;autre voit d&#8217;autres 	personnes, alors il faudra se séparer. Moi je pose une seule 	question : Pourquoi ? Pourquoi refuser l&#8217;affection que cet 	autre a à donner et qui pourrait les rendre heureux ?  	</font></p>
</li>
</ul>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="2" color="#ff6600"><br />
<font color="#cc0000"><i>Enfin, j’ai énoncé que dans vos certitudes sur comment doit fonctionner un couple, vous manquez de nuance. Cette nuance, je vous la propose. N’est il pas possible d’être en couple, d’être heureux avec l’autre, et de se laisser une liberté mutuelle ? N’est il pas possible d’être en couple et de conserver son indépendance ? En d’autres termes mener sa petite vie, avoir des amis différents de ceux de l’être aimé, mener des vies indépendantes sans toutefois aller voir ailleurs ? Aimer sans être dépendant de l’autre, n’est ce pas cela aimer véritablement ? </i></font></font></p>
<p align="justify"> </p>
<ul>
<li>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="2" color="#ff6600"><span>Toute la question est là 	justement ! Comment dire qu&#8217;on est libre quand on ne peut pas 	explorer cette liberté ? N&#8217;y vois tu pas une contradiction 	flagrante ? Dans ton idée seuls les liens d&#8217;amitié sont 	possibles en dehors du couple. C&#8217;est très restrictif ! Et 	encore ne peut on pas tout faire avec ses amis ! Parce que bien 	entendu, j&#8217;imagine que dans ta définition de l&#8217;amitié, il n&#8217;y a 	pas de place pour tous les gestes auxquels on rattache 	habituellement l&#8217;amour : baisers, caresses, relations 	sexuelles&#8230;</span></font><font face="georgia,palatino" size="2" color="#ff6600"><span>Néanmoins, je suis d&#8217;accord 	avec ce que tu dis ensuite : aimer sans être dépendant est 	réellement « amour » selon moi, car il se détache 	justement des obligations et des devoirs qui ne sont pas sentiments 	ni partage affectif et des complexes qui sont propres à soi et non 	à l&#8217;autre (peur d&#8217;être seul, d&#8217;être abandonné&#8230;).</span></font></p>
</li>
</ul>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="2" color="#cc0000"><i>Je conclurais juste sur l’idée que ce n’est pas parce qu’on n’a pas été heureux en couple que cela est impossible. Et de mon point de vue, ce n’est pas le cas. Et puis, si l’on n’arrive déjà pas à être heureux a deux, n’est ce pas se rajouter de la confusion que de chercher à vivre plusieurs aventures à la fois ? </i></font></p>
<p align="justify"> </p>
<ul>
<li>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="2" color="#ff6600"><span>Il ne s&#8217;agit pas d&#8217;une fuite 	en avant où on comblerait ses insatisfactions personnelles, ses 	complexes, ses difficultés dans la relation à l&#8217;autre dans une 	sorte de vagabondage affectif. Il s&#8217;agit au contraire d&#8217;apprendre à 	être autonome et heureux en étant célibataire. Non pas comme 	choix par défaut, non comme une contrainte ou un choix qu&#8217;on ferait 	pour éviter d&#8217;avoir à se confronter à ses difficultés mais 	justement pour être épanoui et s&#8217;ouvrir à l&#8217;autre, tout en le 	respectant avec ses limites. Il s&#8217;agit d&#8217;explorer de nouveaux modes 	de relations, plus libres, plus souples, plus ou moins enrichissants 	et de partager son affection avec ceux/celles qui ont envie d&#8217;en 	partager aussi. Il n&#8217;y a rien de pathologique là dedans&#8230;</span></font></p>
</li>
</ul>
<p><font face="georgia,palatino" color="#ff6600">Quelques lectures :</font></p>
<p><font face="georgia,palatino" color="#ff6600"><a href="http://infokiosques.net/spip.php?article158"><i>Contre l&#8217;amour</i></a>, Collectif</font></p>
<p><font face="georgia,palatino" color="#ff6600"><a href="http://www.atelierdecreationlibertaire.com/Au-dela-du-personnel,325.html."><i>Au delà du personnel</i></a>, ACL</font><a href="http://www.atelierdecreationlibertaire.com/Au-dela-du-personnel,325.html."><i><br />
</i></a></p>
<p> </p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino"> </font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino"> </font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino"> </font></p>
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		<title>Amour et psychanalyse</title>
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		<pubDate>Fri, 12 Nov 2010 14:55:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Ewillana</dc:creator>
				<category><![CDATA[réflexions isolées]]></category>

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		<description><![CDATA[Aujourd&#8217;hui, j&#8217;ai décidé de vous livrer un petit texte que j&#8217;ai écrit il y a quelques mois et que je n&#8217;ai jamais publié pour diverses raisons&#8230; Puisqu&#8217;il est difficile de vivre libre dans un monde qui ne l&#8217;est pas, j&#8217;espère que mon verbiage pourra entrouvrir des portes, des fenêtres et pourquoi pas des esprits&#8230; La [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><font size="2" color="#ff6600">Aujourd&#8217;hui, j&#8217;ai décidé de vous livrer un petit texte que j&#8217;ai écrit il y a quelques mois et que je n&#8217;ai jamais publié pour diverses raisons&#8230; Puisqu&#8217;il est difficile de vivre libre dans un monde qui ne l&#8217;est pas, j&#8217;espère que mon verbiage pourra entrouvrir des portes, des fenêtres et pourquoi pas des esprits&#8230;</font></p>
<p align="JUSTIFY"><font size="2" color="#ff6600">La psychanalyse parle peu des relations d&#8217;amour à l&#8217;âge adulte. Une fois passée la résolution du Complexe d&#8217;Oedipe à l&#8217;adolescence, c&#8217;est le grand plongeon dans l&#8217;inconnu. Le jeune adulte se détourne une bonne fois pour toute de ses parents comme objets d&#8217;amour et d&#8217;identification, choisit un partenaire en dehors de la famille et tout va bien dans le meilleur des mondes. Après on retrouve les bonnes vieilles valeurs de notre société : mariage, famille et pourquoi pas même le labrador qui va avec. Il y a encore peu, sous l&#8217;influence de Lacan notamment, le modèle familial en psychanalyse s&#8217;est diversifié : l&#8217;homosexualité n&#8217;est plus une tare, ni une maladie mentale (depuis 1970 elle a disparu du DSMIV, la « bible » de la psychiatrie américaine), et on pense même qu&#8217;un homme puisse faire une bonne mère, qu&#8217;une mère célibataire à condition qu&#8217;elle ne vive pas en vase clos avec son enfant puisse aussi donner du « père »&#8230;  Bref, les mentalités évoluent peu à peu, on finit progressivement par admettre que les « ratés de la parentalité » (homo-parentalité, mono-parentalité, problèmes de fécondité et adoption, famille recomposée&#8230;) sont avant tout des jugements sociétaux. Mais qu&#8217;en est il du couple ? De cet Amour que tout le monde cherche avec ferveur ? Rien ou peu de choses&#8230; C&#8217;est toujours le même couple monogame et exclusif qu&#8217;on entrevoit partout. Le même idéal : trouver l&#8217;âme soeur et surtout la garder. Comme si la culture et ses diktats s&#8217;arrêtaient à cette notion. On peut modifier l&#8217;architecture de la famille, mais pas besoin de remettre en question la notion de couple. Pourtant cette notion est en contradiction certaine avec ce que l&#8217;on sait du développement psychologique de l&#8217;individu et de son bon déroulement en psychanalyse&#8230; Alors faisons quelques petits rappels&#8230;</font></p>
<p align="JUSTIFY"><font size="2" color="#ff6600"><br />
</font></p>
<p align="JUSTIFY"><font size="2" color="#ff6600">	Au commencement était&#8230; Le paradis. L&#8217;enfant est dans le ventre de sa mère, dans un état de parfaite complétude et de fusion, ne manquant de rien, ne désirant rien. Bref, le bonheur absolu. La mère elle aussi est comblée. Pour la première fois peut être de sa vie de femme, elle n&#8217;est plus seule. C&#8217;est l&#8217;euphorie, la douce folie maternelle si nécessaire aux premiers liens d&#8217;attachement. L&#8217;accouchement arrive, et cet état de grâce se termine brutalement et dans la douleur, parfois avec grande difficulté. Les rêves et fantasmes maternels (mais aussi ceux du père) se confrontent à la réalité de l&#8217;enfant&#8230; Décalage parfois plus ou moins terrible et mortifère pour l&#8217;enfant et ses parents.  </font></p>
<p align="JUSTIFY"><font size="2" color="#ff6600"><br />
</font></p>
<p align="JUSTIFY"><font size="2" color="#ff6600">Si ce décalage n&#8217;est pas trop important, la symbiose physiologique de la grossesse se poursuivra naturellement par une phase de symbiose psychologique entre la mère et l&#8217;enfant. Winnicott appelle cette phase « la phase de préoccupation maternelle précoce » où la mère forme une entité fusionnelle dans un état quasi-psychotique avec l&#8217;enfant, état nécessaire pour être « parfaite », pallier tous les besoins de l&#8217;enfant quitte à les devancer. Il n&#8217;y a alors rien d&#8217;autre qui existe au monde que cette unité entre la mère et l&#8217;enfant, et celui ci construit la confiance qu&#8217;il a en lui et dans le monde grâce à ce lien, parce qu&#8217;il vit dans l&#8217;illusion (garantie par sa mère) qu&#8217;il est à l&#8217;origine de toutes ses satisfactions. En effet, sa mère étant parfaitement ajustée à ses besoins, les devançant même, c&#8217;est bien qu&#8217;il suffit de penser à quelque chose pour l&#8217;obtenir, c&#8217;est donc bien lui, le nourrisson, qui en est le maitre et décideur ! En psychanalyse, on appelle ça le sentiment d&#8217;omnipotence infantile, ou le sentiment de toute puissance infantile.  </font></p>
<p align="JUSTIFY"><font size="2" color="#ff6600"><br />
</font></p>
<p align="JUSTIFY"><font size="2" color="#ff6600">Et le mythe s&#8217;effondre. Le bébé apprend la frustration. La mère qui « va bien » sort de son état quasi-pathologique pour retourner à sa vie de femme et ses préoccupations. C&#8217;est le concept de la  « mère suffisamment bonne » chez Winnicott. Elle laisse un tiers s&#8217;introduire dans sa relation privilégiée avec le bébé, le Père (au sens symbolique et psychanalytique). Père qui vient signifier les limites de cette relation fusionnelle pour éviter que celle ci ne finisse par être destructrice pour l&#8217;enfant et pour la mère. Ainsi, la mère n&#8217;est plus « toute » à l&#8217;enfant, de même que l&#8217;enfant n&#8217;est plus « tout » à la mère. Le bébé est donc obligé d&#8217;attendre, il découvre qu&#8217;il n&#8217;est pas à l&#8217;origine de ses satisfactions, et ainsi se différencie de sa mère. Il réalise qu&#8217;il n&#8217;est pas elle, et qu&#8217;il en dépend. C&#8217;est le début de la haine. Et c&#8217;est donc dans la haine que le bébé fait le plus grand progrès : il apprend à penser. Parce qu&#8217;il doit attendre, il doit trouver un moyen de patienter. Il va donc commencer à « imaginer », en fantasmant la satisfaction de ses besoins, le retour de sa mère&#8230; Il va aussi dans le même temps commencer à investir d&#8217;autres relations, à se tourner vers autrui et bâtir les bases de sa future indépendance, notamment avec le Père&#8230;  </font></p>
<p align="JUSTIFY"><font size="2" color="#ff6600"><br />
</font></p>
<p align="JUSTIFY"><font size="2" color="#ff6600">Le temps passe. L&#8217;enfant grandit et construit son identité sur le modèle parental, premier modèle social. Le jeune enfant désire plus ou moins secrètement s&#8217;approprier alternativement chacun de ses parents et développe des sentiments haineux contre le parent rival. C&#8217;est l&#8217;œdipe. Le désir de revenir à cet état antérieur où il possédait sa mère et où il était tout pour elle. Mais il sait que c&#8217;est impossible (si tout se passe bien) et doit se résigner s&#8217;il ne veut pas perdre l&#8217;amour de l&#8217;autre parent. Il apprend aussi la différence fille/garçon, et celle des générations. La place des pairs commence à prendre de plus en plus d&#8217;ampleur et la mère doit apprendre à renoncer de plus en plus à son enfant, qui commence à prendre son indépendance.  </font></p>
<p align="JUSTIFY"><font size="2" color="#ff6600"><br />
</font></p>
<p align="JUSTIFY"><font size="2" color="#ff6600">Le temps passe encore, c&#8217;est l&#8217;adolescence. Tout à coup, le corps change, l&#8217;enfant devient en mesure de se mesurer au parent rival, il en a la maturité physique et sexuelle. C&#8217;est la reviviscence de l&#8217;Oedipe. La proximité avec les parents devient dangereuse, il faut à tout prix en sortir. Pour exister et avoir son identité propre, il va falloir s&#8217;exiler. Partir pour vivre. Ainsi l&#8217;adolescent ira chercher ailleurs ses modèles d&#8217;identification et ses objets d&#8217;amour. Trouver sa place. C&#8217;est un long travail qui commence, fait de retours et d&#8217;avancées, de succès et d&#8217;échecs, en tout cas pas un processus linéaire, en quête constante d&#8217;autonomie. On sait tous quand commence l&#8217;adolescence pour chacun d&#8217;entre nous, mais pas quand elle se termine&#8230;</font></p>
<p align="JUSTIFY"><font size="2" color="#ff6600"><br />
</font></p>
<p align="JUSTIFY"><font size="2" color="#ff6600">	On l&#8217;aura compris, chaque phase de développement est un nouveau pas vers l&#8217;autonomie, un pas vers l&#8217;autre et vers le monde. Et puis brutalement, on repasse à un modèle archaïque de relation, où l&#8217;autre doit être tout pour soi, où l&#8217;on doit être tout pour l&#8217;autre, dans un couple fusionnel et étriqué. Alors que l&#8217;on avait appris à varier ses relations, à mettre une limite à la fusion maternelle, on exige de l&#8217;autre qu&#8217;il soit le centre de son monde, à ne dépendre que de lui, au nom du Grand Amour. Ne serait ce en réalité que le fantasme d&#8217;un retour à la fusion maternelle auquel on ne peut renoncer ? Une vague de nostalgie pour un état primitif idéalisé ? Pourtant, nous avions tous appris les dangers d&#8217;une trop grande proximité : risque de perdre son identité, le contact avec la réalité, l&#8217;immense souffrance d&#8217;un désir jamais comblé, une relation où l&#8217;autre qui ne peut jamais être parfait sera toujours frustrante. La plupart du temps, nous sommes des êtres équilibrés, bien différenciés et relativement autonomes. Alors nous sommes pris de désirer « ailleurs » que dans le couple, tout comme nous nous étions dégagés de la relation maternelle pour exister. Ce serait donc un élan de santé, et pourtant c&#8217;est un interdit absolu dans notre société. J&#8217;y vois une grande contradiction. Pourquoi ce retour en arrière ? Et comment la psychanalyse peut elle passer à côté de ce paradoxe ? Alors qu&#8217;il suffirait d&#8217;accepter de partager son affection, de varier nos relations, de s&#8217;enrichir de nouvelles rencontres, d&#8217;être libre et de laisser l&#8217;autre libre en retour.  </font></p>
<p align="JUSTIFY"><font size="2" color="#ff6600"><br />
</font></p>
<p align="JUSTIFY"><font size="2" color="#ff6600">Mais voilà, la peur de la solitude est là, insidieuse, ainsi que la culture capitaliste de nos sociétés, mélange explosif. Dans une société où l&#8217;individualisme fait loi et où la propriété est devenue une valeur à laquelle se raccrocher, le modèle du couple parfait et exclusif est un idéal à atteindre. Malheureusement, nous nous y cassons les dents. Tout comme il était aliénant, impossible et malsain pour la mère de rester à jamais parfaite pour son enfant, l&#8217;autre ne peut pas correspondre à nos attentes comme un parfait miroir. Il s&#8217;épuisera à vouloir nous satisfaire dans le même temps que nous n&#8217;arriverions pas à le combler parfaitement. Cet amour s&#8217;auto-consumera avec le temps, et les désillusions arriveront petit à petit. On commencera à se dire que l&#8217;herbe serait peut être plus verte ailleurs, et ce constat mènera à la rupture parce que dans le couple exclusif, il n&#8217;y a pas de demi-mesure : soit on aime l&#8217;autre absolument, soit on ne l&#8217;aime plus. Tout comme le bébé croyait avoir une mère parfaite quand elle le comblait ou une mère mauvaise et persécutrice quand elle le frustrait (voir notamment les travaux de Mélanie Klein), les membres du couple exclusif ne font pas dans la nuance. Et après la séparation, on continuera la quête impossible et sans fin de l&#8217;autre parfait qui saura exaucer nos voeux de complétude. Dans le pire des cas, nous serons tellement apeurés à l&#8217;idée de finir seuls que nous préférerons rester enchainés à un autre que l&#8217;on n&#8217;aime plus ou moins, quitte à sacrifier les relations possibles et l&#8217;enrichissement de nouvelles rencontres pour maintenir l&#8217;illusion de la stabilité et de l&#8217;harmonie dans un couple aussi creux qu&#8217;un arbre mort qui ne tient que par ses racines.  </font></p>
<p align="JUSTIFY"><font size="2" color="#ff6600"><br />
</font></p>
<p align="JUSTIFY"><font size="2" color="#ff6600">	Pour pallier souffrances de ce mode relationnel impossible à tenir dans sa position idéale, la psychanalyse et la psychologie ont développé les thérapies de couple, ultimes tentatives pour conserver à toute force l&#8217;unité du couple. Sauver le navire à la dérive. Sans se poser la question de savoir si ce n&#8217;est pas l&#8217;architecture même du couple qu&#8217;il faudrait remettre en cause. Sans travailler cette angoisse profonde de la solitude et de l&#8217;abandon, l&#8217;origine de la jalousie. Qui n&#8217;ont en fait rien à voir avec le couple, mais où tout est à comprendre dans l&#8217;histoire du sujet et sa construction identitaire. Sans développer un nouveau modèle relationnel où la propriété sur l&#8217;autre disparaitrait, où les places seraient plus flexibles, plus fluides, ainsi que les sentiments et les individus plus libres. Où il serait possible de se dégager de l&#8217;autre, de ne plus en être dépendant et de chercher des satisfactions dans la relation aux autres, de partager son affection, sans pour autant verser dans le vagabondage sexuel ou pseudo-affectif. Une juste mesure dans la relation à autrui, où l&#8217;authenticité primerait sur la peur de l&#8217;inconnu et de la solitude. C&#8217;est dans un modèle dégagé des contraintes de l&#8217;attachement forcené qu&#8217;on pourrait investir plus de temps pour soi, pour s&#8217;épanouir en tant que personne, développer d&#8217;autres relations riches sur le plan intellectuel, affectif et pourquoi pas sexuel. Pour cela la psychanalyse et la psychologie ont encore beaucoup de barrières intellectuelles, culturelles et sociales à franchir&#8230;</font></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Petite discussion autour de la recette du caviar d&#8217;aubergine&#8230;</title>
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		<pubDate>Thu, 28 Jan 2010 23:25:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Ewillana et Nizou</dc:creator>
				<category><![CDATA[réflexions isolées]]></category>

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		<description><![CDATA[Un après midi banal sur Pidgin&#8230; (16:37:41) Ewillana: Allez nizou, sors moi une idée brillante de ton petit crâne. J&#8217;ai les doigts qui frétillent. (16:38:11) Nizou: heuuuuu (16:38:23) Nizou: *auto-connexion synaptique* (16:38:37) Nizou: *shlouk* (16:39:55) Nizou: Faudrait que j&#8217;commence à mettre des recettes mais pour ça faut que j&#8217;commence à cuisiner (16:40:01) Ewillana: mdrrr. Mon [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><font face="georgia,palatino" size="2" color="#990066">Un après midi banal sur Pidgin&#8230;</font> 	<title></title> 	 	 	<!-- 		@page { margin: 2cm } 		P { margin-bottom: 0.21cm } 	--></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#ff950e"><font size="2">(16:37:41) Ewillana: Allez nizou, sors moi une idée brillante de ton petit crâne. J&#8217;ai les doigts qui frétillent.</font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#7da647"><font size="2">(16:38:11) Nizou: heuuuuu </font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#7da647"><font size="2">(16:38:23) Nizou: *auto-connexion synaptique* </font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#7da647"><font size="2">(16:38:37) Nizou: *shlouk* </font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#7da647"><font size="2">(16:39:55) Nizou: Faudrait que j&#8217;commence à mettre des recettes mais pour ça faut que j&#8217;commence à cuisiner </font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#ff950e"><font size="2">(16:40:01) Ewillana: mdrrr. Mon article va commencer par « un après midi sans idées et une envie d&#8217;écrire »</font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#7da647"><font size="2">(16:40:23) Nizou: J&#8217;imagine que tu n&#8217;as pas pris de photos de ton caviar d&#8217;aubergine ? </font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#ff950e"><font size="2">(16:40:52) Ewillana: J&#8217;ai pris des photos mais ça ressemble à du vomis avec le flash (désolée pour l&#8217;expression)</font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#7da647"><font size="2">(16:41:03) Nizou: Mééééé faut pas de flash! </font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#ff950e"><font size="2">(16:41:09) Ewillana: Mais sans c&#8217;est pire !</font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#7da647"><font size="2">(16:41:10) Nizou: Faut le disposer dans de jolies coupelles avec un filet d&#8217;huile d&#8217;olive et une tite feuille de persil par exemple ! </font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#ff950e"><font size="2">(16:41:27) Ewillana: Trop tard : il a été achevé </font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#7da647"><font size="2">(16:41:32) Nizou: roooh et après ça fait une jolie photo ^^ </font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#ff950e"><font size="2">(16:41:44) Ewillana: Et puis c&#8217;est une recette qui m&#8217;ait pas propre </font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#000000"><font size="2"><font color="#7da647">(16:41:53) Nizou: Les recettes n&#8217;appartiennent à personne</font> </font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#ff950e"><font size="2">(16:41:58) Ewillana (sceptique) : ouuaisss </font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#7da647"><font size="2">(16:42:37) Nizou: M&#8217;enfin voyons ! Une recette ça ne peut pas appartenir à quelqu&#8217;un ! </font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#000000"><font size="2"><font color="#ff950e">(16:43:02) Ewillana: T&#8217;crois ?</font> </font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#7da647"><font size="2">(16:43:22) Nizou: Roh t&#8217;es très attachée à la notion de brevets intellectuels toi :p </font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#000000"><font size="2"><font color="#ff950e">(16:43:38) Ewillana: Ouais mon cerveau c&#8217;est le mien je le donne à personne</font> </font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#7da647"><font size="2">(16:43:44) Nizou: Et même si c&#8217;est le cas les recettes font parti des choses dont on ne peut légalement pas prétendre à possession et même si c&#8217;est le cas, les recettes font partie des choses dont on ne peut légalement pas prétendre à possession. Moi je n&#8217;ai pas de reconnaissance pour les brevets. Pour moi une idée appartient à toute personne capable de la penser. Comment une personne ou une société peut elle prétendre posséder une idée que tu es capable de réaliser et de penser ?</font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#ff950e"><font size="2">(16:45:05) Ewillana: Je note </font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#7da647"><font size="2">(16:46:35) Nizou: L&#8217;idée est juste le pendant psychologique d&#8217;une chose qui existe déjà avant qu&#8217;on en soit conscient et existera toujours lorsque nous serons tous morts. Ça appartient à tout le monde et à personne à la fois :/ C&#8217;est pas parce que j&#8217;ai créé une recette que je peux prétendre qu&#8217;elle est à moi, que personne ne peut la réaliser sans me demander la permission ou la diffuser ou j&#8217;n'en sais rien &#8230; Encore cette manie de l&#8217;homme à vouloir tout posséder et tout se partager inéquitablement. C&#8217;est ça les brevets. Une connaissance, ça n&#8217;appartient pas à un homme ou société, même si c&#8217;est le premier humain à l&#8217;avoir pensée. Une connaissance, ça appartient à toute l&#8217;humanité. </font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#ff950e"><font size="2">(16:49:30) Ewillana (nounouille de service): Et pourquoi ? </font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#7da647"><font size="2">(16:50:13) Nizou: Parce qu&#8217;à partir du moment où tu es capable de le penser comme moi y&#8217;a aucune raison que je prétende le posséder et pas toi. </font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#ff950e"><font size="2">(16:50:33) Ewillana (taquine): Même si j&#8217;ai copié sur toi en lisant ? </font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#7da647"><font size="2">(16:50:43) Nizou: Oui.  On ne fait pas ça tout le temps peut être ?</font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#ff950e"><font size="2">(16:51:06) Ewillana: Ben si mais on appelle ça « apprentissage » &#8230;</font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#7da647"><font size="2">(16:51:22) Nizou: Pour se construire on n&#8217;est pas toujours en train de regarder autour de soi et d&#8217;intégrer ? Que ce soit des choses humaines, ou physique/naturelles ou j&#8217;sais pas quoi? </font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#ff950e"><font size="2">(16:51:23) Ewillana: On ne prend pour autant pas le nom de celui qui a travaillé sur tel ou tel sujet. </font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#7da647"><font size="2">(16:51:34) Nizou (bug): On prend le nom? </font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#ff950e"><font size="2">(16:51:42) Ewillana: Ben je veux dire pour les théories ou autre &#8230; Le type bosse dessus des années. Moi j&#8217;arrive derrière j&#8217;apprends sa théorie. Génial. Je vais pas dire ensuite c&#8217;est ma théorie. Ce serait pas très sympa pour le type.</font></font></p>
<p align="justify"><title></title> 	 	 	<!-- 		@page { margin: 2cm } 		P { margin-bottom: 0.21cm } 	--><font face="georgia,palatino" color="#7da647"><font size="2">(16:52:44) Nizou: En effet, mais ça n&#8217;est pas quelque chose qu&#8217;on aurait le droit de réglementer ! T&#8217;as le droit de prétendre ce que tu veux. Et l&#8217;inventeur est en droit de dire qu&#8217;il l&#8217;a inventé. Mais là n&#8217;est pas la question ! Les brevets c&#8217;est non seulement de dire qui l&#8217;a inventé, mais surtout d&#8217;interdire à tout autre d&#8217;utiliser l&#8217;idée ! On ne va pas museler la liberté d&#8217;expression non plus? :/ Si t&#8217;as envie de dire que t&#8217;as inventé la théorie de la relativité, libre à toi. Pour moi tu l&#8217;inventes à partir du moment où tu es capable de la reproduire par toi même. À partir du moment où tu l&#8217;as appris quoi. Einstein est simplement le premier à l&#8217;avoir inventée. Tous ceux qui l&#8217;ont comprise après lui, l&#8217;ont inventée à leur tour, et peuvent prétendre la posséder autant que lui.</font></font></p>
<p align="left"><font face="georgia,palatino" color="#000000"><font size="2"><font color="#ff950e">(16:54:33) Ewillana: Le problème c&#8217;est l&#8217;argent &#8230; Et la notion d&#8217;effort ?</font></font></font></p>
<p align="left"><font face="georgia,palatino" color="#000000"><font size="2"><font color="#7da647">(16:55:28) Nizou: O</font><font color="#7da647">ui, l&#8217;argent c&#8217;est autre chose. La notion d&#8217;effort ? </font><font color="#7da647">O</font><font color="#7da647">n n&#8217;a pas forcé Einstein à faire ses recherches !</font><br />
<font color="#ff950e"></font></font></font></p>
<p align="left"><font face="georgia,palatino" color="#000000"><font size="2"><font color="#ff950e">(16:55:53) Ewillana: L</font><font color="#ff950e">e premier a avoir inventé la théorie, il partait de pas grand chose&#8230;  Alors que ceux qui la reprennent, ne font que la reprendre justement.</font><br />
<font color="#7da647"></font></font></font></p>
<p align="left"><font face="georgia,palatino" color="#000000"><font size="2"><font color="#7da647">(16:56:08) Nizou: </font><font color="#7da647">Il a fourni ces efforts parce que c&#8217;est sa passion, et il a été payé pour ses efforts.</font><br />
<font color="#ff950e"></font></font></font></p>
<p align="left"><font face="georgia,palatino" color="#000000"><font size="2"><font color="#ff950e">(16:56:19) Ewillana: A</font><font color="#ff950e">h oui sûrement. Mais il est quand même juste d&#8217;être reconnu premier. C&#8217;est grâce à lui qu&#8217;on a avancé ensuite</font><br />
<font color="#7da647"></font></font></font></p>
<p align="left"><font face="georgia,palatino" color="#000000"><font size="2"><font color="#7da647">(16:56:44) Nizou: B</font><font color="#7da647">ah oui je ne dis pas que celui qui y a pensé le premier n&#8217;a pas plus de mérite que les autres. Ce que je dis c&#8217;est qu&#8217;en aucun cas l&#8217;idée lui appartient. C&#8217;est deux choses différentes.</font><br />
<font color="#ff950e"></font></font></font></p>
<p align="left"><font face="georgia,palatino" color="#000000"><font size="2"><font color="#ff950e">(16:57:05) Ewillana (docile): D</font><font color="#ff950e">&#8216;accord. Donc là si je te copie dans un fichier texte pour le diffuser dans notre blog, tu vas pas me taper dessus ?</font><br />
<font color="#7da647"></font></font></font></p>
<p align="left"><font face="georgia,palatino" color="#000000"><font size="2"><font color="#7da647">(16:57:45) Nizou: </font><font color="#7da647">Nan pas du tout <img src='http://bricabracschizo.unblog.fr/wp-includes/images/smilies/icon_smile.gif' alt=':)' class='wp-smiley' /> </font><br />
<font color="#ff950e"></font></font></font></p>
<p align="left"><font face="georgia,palatino" color="#000000"><font size="2"><font color="#ff950e">(16:57:48) Ewillana: A</font><font color="#ff950e">aaaaaaah. Et je pourrais donc dire : voici la recette du caviar d&#8217;aubergine que j&#8217;ai réalisé il y a deux semaines, que je n&#8217;ai pas inventée</font><font color="#ff950e"> </font><font color="#ff950e">mais réinventée à ma manière.</font><br />
<font color="#7da647"></font></font></font></p>
<p align="left"><font face="georgia,palatino" color="#000000"><font size="2"><font color="#7da647">(16:58:47) Nizou: Q</font><font color="#7da647">ue t&#8217;as inventée à ton tour!</font><br />
<font color="#ff950e"></font></font></font></p>
<p align="left"><font face="georgia,palatino" color="#000000"><font size="2"><font color="#ff950e">(16:58:51) Ewillana: O</font><font color="#ff950e">uais&#8230; Je suis un génie en fait.</font><br />
<font color="#7da647"></font></font></font></p>
<p align="left"><font face="georgia,palatino" color="#000000"><font size="2"><font color="#7da647">(16:58:55) Nizou: O</font><font color="#7da647">u plus simplement: </font><font color="#7da647">voici MA recette du caviar d&#8217;aubergine qu&#8217;elle soit la même que celle que t&#8217;as trouvée ou pas, elle t&#8217;appartient aussi à toi. Si tu juges bon de citer le blog et la personne d&#8217;où ta trouvé la recette libre à toi ! C&#8217;est même élégant </font></font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#ff950e"><font size="2">(16:59:44) Ewillana (s&#8217;ouvre à de nouvelles perspectives): Hmmm.</font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#7da647"><font size="2">(16:59:52) Nizou: Mais tu n&#8217;y es pas contrainte.</font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#000000"><font size="2"><font color="#ff950e">(17:00:32) Ewillana: Vivent la libre circulation des connaissances et la liberté d&#8217;expression !</font> </font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#000000"><font size="2"><font color="#7da647">(17:00:41) Nizou: Oui ^^</font> </font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#ff950e"><font size="2">(17:00:42) Ewillana: Et vive le caviar d&#8217;aubergine tartiné sur du pain !</font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#7da647"><font size="2">(17:00:54) Nizou: Je suis un fervent partisan de la libre circulation des connaissances ! Un exemple de la connerie des brevets intellectuels : Tu sais que google a fait un portable qui ressemble beaucoup à l&#8217;iPhone d&#8217;Apple .  Tactile toussa&#8230; </font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#ff950e"><font size="2">(17:01:43) Ewillana: Yeap.</font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#7da647"><font size="2">(17:02:05) Nizou: Bah sur la version américaine de ce portable, le multipoint est desactivé . Enfin, carrément supprimé des options . Tu sais ce que c&#8217;est le multipoint ? </font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#ff950e"><font size="2">(17:02:28) Ewillana: Nope.</font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#7da647"><font size="2">(17:02:42) Nizou: C&#8217;est qu&#8217;en touchant avec plusieurs doigts on peut faire des actions. Comme agrandir, rapetisser, tourner &#8230; Tu n&#8217;as jamais vu ça ? </font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#ff950e"><font size="2">(17:03:10) Ewillana (doute mais veut pas passer pour une ignarde) : Euh probablement si&#8230; </font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#7da647"><font size="2">(17:03:20) Nizou (désespéré) : Tu sais tu mets deux doigts et tu tournes !  Ou tu les rapproches pour faire s&#8217;éloigner l&#8217;image &#8230; !</font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#ff950e"><font size="2">(17:03:29) Ewillana: J&#8217;ai pas ça sur mon Samsung&#8230; Sûrement à cause d&#8217;Apple .</font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#7da647"><font size="2">(17:03:39) Nizou: Exactement. C&#8217;est apple qui a breveté ça le premier. Mais dans le domaine logiciel, seul les États-Unis reconnaissent les brevets (le bastion du capitalisme). Donc ce brevet ne concerne normalement que les États-Unis. Ce qui fait que pour que d&#8217;autres marques ou même un amateur crée un logiciel qui fait du multipoint, il faut qu&#8217;Apple t&#8217;en donne l&#8217;autorisation. Et vraisemblablement que tu leur paies une redevance. Parce que cette idée leur appartient. « Appartiendrait » selon moi. Ce qui explique qu&#8217;aux États-Unis, le portable de google n&#8217;a pas de multipoint et que ton portable n&#8217;en a pas non plus. C&#8217;est pas ridicule ? </font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#ff950e"><font size="2">(17:06:33) Ewillana: Hmmm, si. Je réfléchis &#8230;</font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#000000"><font size="2"><font color="#7da647">(17:06:41) Nizou (comme si c&#8217;était possible): :p C&#8217;est justement d&#8217;ailleurs ce contre quoi lutte le mouvement du logiciel libre en informatique. Lorsque qu&#8217;une société fait un logiciel sous licence propriétaire, non seulement elle ne publie pas les sources, mais elle prétend en plus</font> <font color="#7da647">que ces lignes de code sont sa propriété exclusive. Les licences libres font tous le contraire. Quand un développeur publie en licence GPL, il assure justement que ce qu&#8217;il a créé tombe irrémédiablement dans le domaine public, que ces connaissances (ligne de code ou autre) soient librement distribuables, utilisables, et modifiables par tous. Et que personne ne puisse plus se les attribuer exclusivement, donc. Ces idées sont à jamais la propriété de tous. Dans le même mouvement qui consiste à concentrer les richesses et à créer des inégalités, à considérer l&#8217;autre comme un concurrent plutôt que comme un partenaire, bah on s&#8217;approprie aussi les idées.</font></font></font></p>
<p align="left"><font face="georgia,palatino" color="#000000"><font size="2"><font color="#ff950e">(17:09:51) Ewillana (apprend des trucs) : O</font><font color="#ff950e">uais d&#8217;accord&#8230;</font><br />
<font color="#7da647"></font></font></font></p>
<p align="left"><font face="georgia,palatino" color="#000000"><font size="2"><font color="#7da647">(17:09:53) Nizou: P</font><font color="#7da647">ar exemple le noyau Linux tel qu&#8217;il est aujourd&#8217;hui est à jamais la propriété de tous, car sous licence GPL.</font><br />
<font color="#ff950e"></font></font></font></p>
<p align="left"><font face="georgia,palatino" color="#000000"><font size="2"><font color="#ff950e">(17:09:59) Ewillana: M</font><font color="#ff950e">ais y&#8217;a surement l&#8217;idée de concurrence derrière tout ça et d&#8217;argent.</font><br />
<font color="#7da647"></font></font></font></p>
<p align="left"><font face="georgia,palatino" color="#000000"><font size="2"><font color="#7da647">(17:10:19) Nizou: O</font><font color="#7da647">ui, cette idée des brevets est un instrument du capitalisme.</font></font></font></p>
<p align="left"> </p>
<p><span id="more-51"></span><br />
<font face="georgia,palatino" color="#000000"><font size="2"> <font color="#ff950e">(17:10:38) Ewillana: S</font><font color="#ff950e">i Apple perd le monopole de ses idées, toute petite entreprise peut rivaliser avec eux et leur faire faire faillite, non ? </font><font color="#ff950e">Cela étant c&#8217;est pas juste que les entreprises plus petites ne puissent plus rivaliser du tout. </font></font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#7da647"><font size="2">(17:11:26) Nizou: Non. Apple développe ses logiciels et crée des idées, ils sont donc les premiers à les implémenter. Ils auraient donc une longueur d&#8217;avance et même si le multipoint existait sous windows ou autre, ils garderaient quand même leurs spécificités ! Leurs ordis se vendraient toujours ! Je peux comprendre qu&#8217;une société ne publie pas les sources de ses logiciels mais pas que ces sources soient propriétaires. </font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#ff950e"><font size="2">(17:13:29) Ewillana: Ah voilà, parce que s&#8217;il les donne il n&#8217;aura plus de longueur d&#8217;avance très rapidement.</font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#7da647"><font size="2">(17:14:10) Nizou: En d&#8217;autres termes, Apple peut avoir une idée nouvelle, et créer des logiciels l&#8217;utilisant. Je suis contre le fait qu&#8217;on considère que cette idée lui appartient et qu&#8217;elle ait le droit d&#8217;interdire son utilisation par d&#8217;autres. Je peux comprendre en revanche qu&#8217;elle ne publie pas les sources de son logiciel, de manière à ce que l&#8217;on ne voit pas ses secrets de codage ou j&#8217;sais pas quoi et qu&#8217;on soit obligé de tout coder nous même pour mettre en pratique l&#8217;idée.</font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#ff950e"><font size="2">(17:15:11) Ewillana: Les autres peuvent effectivement retrouver l&#8217;idée et ce serait injuste à ce moment là de leur interdire de l&#8217;exploiter.</font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#7da647"><font size="2">(17:15:47) Nizou: Exactement ! Tu as tout compris.</font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#ff950e"><font size="2">(17:15:51) Ewillana: Je crois que je peux être d&#8217;accord avec ça : je suis un génie :p </font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#000000"><font size="2"><font color="#7da647">(17:16:04) Nizou: Oui ^^</font> </font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#ff950e"><font size="2">(17:16:12) Ewillana: J&#8217;ai pu retrouver le cheminement de ta pensée . </font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#000000"><font size="2"><font color="#7da647">(17:16:17) Nizou: Ouiiiii ^^</font> </font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#ff950e"><font size="2">(17:16:23) Ewillana: Le code source de ton logiciel mono-neurone &#8230;</font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#7da647"><font size="2">(17:16:28) Nizou: Hahaha ^^ Voilà, pour moi une société qui innove aura toujours une longueur d&#8217;avance &#8230; Moindre certes, mais plus juste. D&#8217;ailleurs les brevets font souvent carrément obstacle aux progrès.</font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#000000"><font size="2"><font color="#ff950e">(17:17:11) Ewillana: Oui finalement c&#8217;est totalement contre productif et anti-créatif cette histoire de monopole. Les autres pourraient prendre l&#8217;idée sous un autre point de vue et la faire évoluer. La simplifier ou la complexifier. L&#8217;adapter à une demande différente …</font> </font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#7da647"><font size="2">(17:18:00) Nizou: Par exemple, les sociétés pétrolières font tout pour breveter ou racheter les brevets des énergies nouvelles et renouvelables ou des modes de stockage écolo de l&#8217;énergie. par exemple le développement de la pile à hydrogène est tout bonnement quasi paralysé depuis de nombreuses années parce que les sociétés pétrolières ont racheté les brevets</font></font>.</p>
<p align="justify"> </p>
<p><!--more--></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#ff950e"><font size="2">(17:18:01) Ewillana: C&#8217;est une atteinte à la liberté de penser.</font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#7da647"><font size="2">(17:18:46) Nizou: Oui. </font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#ff950e"><font size="2">(17:19:01) Ewillana: Parce que du coup les brevets mêmes sont l&#8217;objet d&#8217;un marchandage.</font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#7da647"><font size="2">(17:19:12) Nizou: C&#8217;est très très répandu ça ! </font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#ff950e"><font size="2">(17:19:15) Ewillana: C&#8217;est même plus à celui qui aura l&#8217;idée mais à celui qui l&#8217;achète.</font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#7da647"><font size="2">(17:19:18) Nizou: Y&#8217;a plein d&#8217;autres exemples. </font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#ff950e"><font size="2">(17:19:20) Ewillana: Zéro effort.</font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#000000"><font size="2"><font color="#7da647">(17:19:25) Nizou: Exactement</font> </font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#ff950e"><font size="2">(17:19:37) Ewillana: Du marchandage intellectuel.</font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#7da647"><font size="2">(17:19:47) Nizou: Il est loin le temps où l&#8217;idée venait d&#8217;un homme qui s&#8217;empressait de l&#8217;exploiter lui même et d&#8217;en profiter </font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#ff950e"><font size="2">(17:19:59) Ewillana: ou d&#8217;une femme :p </font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#000000"><font size="2"><font color="#7da647">(17:20:10) Nizou: je parle d&#8217;homme avec un grand « h » :p. Maintenant les idées sont créées par des hommes qui bossent pour des multi-nationnales ou sont rachetées par elles. Et c&#8217;est justement encore une perversion du capitalisme qui fait que les richesses, (y compris les idées) se concentrent et sont à la disposition d&#8217;une minorité seulement alors qu&#8217;une idée</font>, <font color="#7da647">encore une fois, ça appartient à tout le monde capable de la penser :/ </font></font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#ff9900"><font size="2">(17:21:41) Ewillana: Ça devrait </font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#7da647"><font size="2">(17:21:46) Nizou: Au passage, les développeurs du libre ne respectent souvent pas ces brevets :p. Ce qui fait que de nombreux morceaux de logiciels sont illégaux aux états unis. Par exemple, le noyau linux de la prochaine Ubuntu amène les premières pierres de l&#8217;implémentation du multipoint. Et ce sans payer de redevance à la con à apple.</font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#000000"><font size="2"><font color="#ff950e">(17:22:30) Ewillana: Je me demandais comment open office faisait pour exister par exemple.</font> </font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#7da647"><font size="2">(17:23:09) Nizou: Oui ^^ </font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#ff950e"><font size="2">(17:23:18) Ewillana: Wow les rebelles ! les robins des bois de l&#8217;informatique ! </font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#000000"><font size="2"><font color="#7da647">(17:23:22) Nizou: Oui :p</font> </font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#000000"><font size="2"><font color="#ff950e">(17:24:03) Ewillana: J&#8217;adore l&#8217;idée !</font> <font color="#ff950e"> <img src='http://bricabracschizo.unblog.fr/wp-includes/images/smilies/icon_biggrin.gif' alt=':D' class='wp-smiley' />  </font></font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#7da647"><font size="2">(17:24:20) Nizou: C&#8217;est d&#8217;ailleurs pour ça que ubuntu ne lit pas par exemple les DVDs par défaut. Il te donne juste l&#8217;information qu&#8217;il faut pour que les néophytes installent le dépot médibuntu, un débot tiers qui ajoute à ubuntu des trucs illégaux aux USA. Parce que selon la loi des brevets logiciels, pour lire des DVDs, il faut évidemment coder un logiciel qui les décodent et pour ça, il faudrait payer au consortium de sociétés qui possèdent cette technologie et il faudrait leur autorisation aussi.</font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#ff950e"><font size="2">(17:26:23) Ewillana: C&#8217;nul.  Absurde même. Ça voudrait dire que les boulangeries qui veulent faire des toasts de caviar d&#8217;aubergine doivent me demander l&#8217;autorisation vu que c&#8217;est ma recette de caviar d&#8217;aubergine et ce même s&#8217;ils ont acheté mon caviar d&#8217;aubergine.</font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#7da647"><font size="2">(17:27:31) Nizou: Et tu serais en droit de leur demander de te payer une redevance pour chaque toast vendus et de leur interdire de l&#8217;utiliser.</font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#ff950e"><font size="2">(17:27:49) Ewillana: Alors que je suis pour rien dans la confection et la préparation de leur pain.</font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#7da647"><font size="2">(17:27:54) Nizou: Ou même de l&#8217;imiter : &laquo;&nbsp;notion de plagiat&nbsp;&raquo;.</font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#ff950e"><font size="2">(17:28:11) Ewillana: Donc au final je serais seule avec des montagnes et des montagnes de caviar d&#8217;aubergine.</font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#7da647"><font size="2">(17:28:18) Nizou: Oui :p </font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#ff950e"><font size="2">(17:28:23) Ewillana: Et je mourrais d&#8217;indigestion. </font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#7da647"><font size="2">(17:28:27) Nizou: Haha ^^ </font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#ff950e"><font size="2">(17:28:34) Ewillana: Ils vont peut être exploser aussi, microsoft et tout ça, à force d&#8217;avoir trop d&#8217;argent. Nan ? </font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#7da647"><font size="2">(17:29:04) Nizou: Bah ils s&#8217;en servent pour dominer de plus en plus partout où ils le peuvent car ils ont beaucoup d&#8217;argent à perdre. Par exemple avec la XBOX, tu sais leur console de salon. Ça leur à couté très cher, ils ont perdu beaucoup d&#8217;argent avec la première. Si ça avait été une société nouvelle ils auraient fait faillite. Mais c&#8217;était microsoft, ils savaient que la première console serait largement en perte, mais ils ont les reins solides. Et maintenant ils en sont à la deuxième : la XBox 360 et leur branche console de salon devrait bientôt être rentable. Avec tous cet argent ils peuvent se permettre de l&#8217;implanter partout et d&#8217;éliminer la concurrence facilement </font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#ff950e"><font size="2">(17:30:58) Ewillana: Donc je peux mettre du caviar d&#8217;aubergine a la poubelle alors ? </font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#7da647"><font size="2">(17:31:07) Nizou: Oui :p </font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#ff950e"><font size="2">(17:31:21) Ewillana: Dommage pour ceux qui auraient voulu en profiter. C&#8217;est tout pour moi et rien pour vous sinon poubelle. </font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#7da647"><font size="2">(17:31:31) Nizou: T&#8217;as lu l&#8217;article sur directX ? Et openGL? </font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#7da647"><font size="2">(17:31:46) Ewillana: Non :$ </font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#000000"><font size="2"><font color="#7da647">(17:31:51) Nizou: Roh :p Pas gentille fille :p</font> </font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#ff950e"><font size="2">(17:32:01) Ewillana: Je suis une ignorante, tu sais bien. Une naïve. </font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#000000"><font size="2"><font color="#7da647">(17:32:20) Nizou: Bah je t&#8217;en avais donné le lien te souviens pas ?</font> </font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#000000"><font size="2"><font color="#ff950e">(17:32:29) Ewillana: Euh.</font> <font color="#ff950e">Tu m&#8217;en donnes très souvent :$ </font></font></font></p>
<p align="left"><font face="georgia,palatino" color="#000000"><font size="2"><font color="#7da647">(17:32:47) Nizou: Du coup t&#8217;en regardes un sur deux ^^</font></font></font></p>
<p><!--more--><font face="georgia,palatino" color="#000000"><font size="2"><font color="#ff950e"><br />
</font></font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#ff950e"><font size="2">(17:32:51) Ewillana: Mon cerveau a du revendre les parts du marché à un autre&#8230;</font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#000000"><font size="2"><font color="#7da647">(17:32:56) Nizou: Haha ^^</font> </font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#ff950e"><font size="2">(17:33:32) Ewillana: Dès que t&#8217;as plus de deux neurones, ça se renvoie la patate chaude et du coup ça crée un marché intellectuel. <Passe en mode craquage></font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#ff950e"><font size="2"> &laquo;&nbsp;Non 	moi je veux pas traiter c&#8217;t'info.&nbsp;&raquo;</font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#ff950e"><font size="2">&nbsp;&raquo; Ok 	j&#8217;achète.&nbsp;&raquo;</font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#ff950e"><font size="2">&nbsp;&raquo; Ah 	ouais mais t&#8217;es pret à mettre combien ?&nbsp;&raquo;</font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#ff950e"><font size="2">&laquo;&nbsp;</font></font><font face="georgia,palatino" color="#ff950e"><font size="2">Mais 	on s&#8217;en fout tu vas rien en faire de tte façon ! &laquo;&nbsp;</font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#ff950e"><font size="2">&laquo;&nbsp;Ahahaha 	mais qui sait ?? Je pourrais en tirer quelque chose  !&nbsp;&raquo;</font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#ff950e"><font size="2">&laquo;&nbsp;Maaaaaaaais 	non t&#8217;es trop bête de tte façon.&nbsp;&raquo;</font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#ff950e"><font size="2">&nbsp;&raquo; Ben 	tu la veux ou pas.&nbsp;&raquo; </font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#ff950e"><font size="2">&laquo;&nbsp;Bon 	d&#8217;accord&#8230;.&nbsp;&raquo;</font></font></p>
<p><font face="georgia,palatino" color="#ff950e"><font size="2">&laquo;&nbsp;Ahahah 	ça ferait 300 molécules de glucose.&nbsp;&raquo; </font></font></p>
<p><font face="georgia,palatino" color="#ff950e"><font size="2">[splash le neurone s'éteint]</font></font><font face="georgia,palatino" color="#ff950e"><font size="2"></font></font></p>
<p><font face="georgia,palatino" color="#ff950e"><font size="2">&laquo;&nbsp;Ah 	merde je lui ai trop demandé.&nbsp;&raquo;</font></font></p>
<p><font face="georgia,palatino" color="#ff950e"><font size="2"></font></font><font face="georgia,palatino" size="2" color="#7da647">(17:34:46) Nizou: <img src='http://bricabracschizo.unblog.fr/wp-includes/images/smilies/icon_biggrin.gif' alt=':D' class='wp-smiley' /> </font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#000000"><font size="2"> </font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#ff950e"><font size="2">(17:35:28) Ewillana: Mort intellectuelle par auto-destruction. C&#8217;est ça notre capitalisme : on meurt sur nos montagnes de pognon.</font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#7da647"><font size="2">(17:36:08) Nizou: Oui ^^ ou sans rien.</font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#ff950e"><font size="2">(17:36:22) Ewillana: Ouais parce que c&#8217;est avant tout des chiffres dans un ordinateur. Encore des idées.</font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" color="#000000"><font size="2"><font color="#7da647">(17:39:06) Nizou: Oui! <img src='http://bricabracschizo.unblog.fr/wp-includes/images/smilies/icon_smile.gif' alt=':)' class='wp-smiley' />  </font><font color="#7da647">pour moi la seule idée que l&#8217;on possède, c&#8217;est sa propre image. sur des photos par exemple !</font></font></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="2" color="#990066">Alors la voilà </font><font color="#990066">&laquo;&nbsp;ma&nbsp;&raquo; recette de caviar d&#8217;aubergine&#8230;</font></p>
<p align="justify"><u><font face="georgia,palatino" size="2" color="#990066">Pour 8 personnes :</font></u></p>
<p><font face="georgia,palatino" size="2" color="#990066">2 grosses aubergines</font></p>
<p><font face="georgia,palatino" size="2" color="#990066">10 cl d&#8217;huile d&#8217;olive</font></p>
<p><font face="georgia,palatino" size="2" color="#990066">6 gousses d&#8217;ail</font></p>
<p><font face="georgia,palatino" size="2" color="#990066">Sel</font></p>
<p><font face="georgia,palatino" size="2" color="#990066">Poivre du moulin</font></p>
<p><font face="georgia,palatino" size="2" color="#990066">Curry (facultatif)</font></p>
<p><u><font face="georgia,palatino" size="2" color="#990066">Préparation : </font></u><font face="georgia,palatino" size="2" color="#990066">-Laver les aubergines et supprimer les extrémités.</font></p>
<p><font face="georgia,palatino" size="2" color="#990066">-Fendre en deux les aubergines et les inciser à l&#8217;intérieur.</font></p>
<p><font face="georgia,palatino" size="2" color="#990066">-Saler et ajouter du curry si vous aimez.</font></p>
<p><font face="georgia,palatino" size="2" color="#990066">-Introduire les gousses d&#8217;ail coupées en quatre dans les incisions.</font></p>
<p><font face="georgia,palatino" size="2" color="#990066">-Arroser les aubergines d&#8217;huile d&#8217;olive.</font></p>
<p><font face="georgia,palatino" size="2" color="#990066">-Envelopper les aubergines de papier aluminium.</font></p>
<p><font face="georgia,palatino" size="2" color="#990066">-Mettre dans un four chaud à 170°C pendant 60 minutes.</font></p>
<p><font face="georgia,palatino" size="2" color="#990066">-Retirer les papillottes du feu et les ouvrir.</font></p>
<p><font face="georgia,palatino" size="2" color="#990066">-Extraire la pulpe cuite des aubergines et la malaxer grossièrement.</font></p>
<p><font face="georgia,palatino" size="2" color="#990066">-Poivrer au moulin.</font></p>
<p><font face="georgia,palatino" size="2" color="#990066">-Laisser refroidir et déguster !</font></p>
<p><font face="georgia,palatino" size="2" color="#990066"> </font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="2" color="#990066">Source :<a href="http://www.750g.com/fiche_de_cuisine.2.123.4164.htm"> http://www.750g.com/fiche_de_cuisine.2.123.4164.htm</a><br />
</font></p>
<p><font face="georgia,palatino" size="2" color="#990066"> </font></p>
]]></content:encoded>
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