Le Bricabrac Schizophrénique

des idées en vrac, une pincée de bonne humeur et une bonne dose d’amitié…

 

Réponse à Sven… Ou discussion sur la non-monogamie 29 novembre, 2010

Classé dans : réflexions isolées — Ewillana @ 20:02

Bon alors, m’apercevant que ma réponse à la réaction de Sven lors de mon dernier article faisait finalement trois pages sur Open Office, j’ai finalement décidé d’en faire un post ! Eh oui, cher Sven tu es un petit veinard, un post rien que pour toi dans notre blog ! Bon, je dois dire que j’avais de toute façon décidé d’écrire un article sur la non-monogamie pour développer mes idées en profondeur sur le sujet (ce qui n’avait pas été possible dans Amour et Psychanalyse). Voici donc l’occasion idéale pour le faire… Je pense que cet article sera amené à être complété par la suite… Mais revenons à nos moutons ! ^_^

Bonsoir Sven ! Tout d’abord, merci pour ton intérêt ! Je crois qu’on pourrait se tutoyer, d’autant que nous nous sommes déjà rencontrés ^_^ ! Je vais tâcher de reprendre chaque point que tu as abordé en espérant être claire et concise…

 

[...] Vous énoncez l’idée d’une liberté dans le couple, d’une certaine forme d’indépendance. Sur ce point là je vous rejoins également. On peut être en couple, aimer la personne et éprouver des sentiments ou de l’attirance pour une autre, d’accord.

 

  • C’est déjà pas mal de le reconnaître :)

Mais doit on réellement aller jusqu’au bout de ce raisonnement ? Ne faut il pas poser une certaine nuance ? Faut il se laisser aller à vivre toutes ses passions jusqu’au bout, jusqu’à avoir des relations amoureuses avec plusieurs personnes à la fois ? On laissera de coté les considérations de « propriété sur l’autre » ou même de « jalousie », cela va au delà. Mais dans l’idée d’être en « couple » avec deux ou trois personnes à la fois, peut on développer des relations aussi profondes ? Ne risque t-on pas de verser dans une certaine superficialité ?

 

  • Si on part du principe que l’on a un couple, dans l’acception classique du terme, on part du principe d’une exclusivité stricte où envisager des relations avec un autre que son partenaire est une trahison/tromperie. Il y a donc bien un contrat moral qui stipule bien que l’on ne se « donnera » qu’à cet autre. Dès lors il s’agit bien de propriété. Ne dit on pas d’ailleurs « je t’appartiens » ? Ou « Tu es à moi pour la vie ? », « je te donne mon coeur/âme/corps »… Les expressions pullulent ! Ce n’est donc pas seulement une figure de style et ce quelque soit l’intensité des sentiments ! On part donc ici d’un raisonnement fondé sur l’individu libéré de toutes entraves, et notamment celles du couple. Quelqu’un donc de « célibataire » qui pourrait entretenir des relations diverses et variées avec plus ou moins d’intensité, plus ou moins d’investissement. Il s’agit d’élargir son vocabulaire affectif, pour en finir avec la logique binaire de l’amitié d’un côté et de l’amour de l’autre, admettant l’idée que les sentiments humains sont bien plus complexes pour se résumer à ces deux termes. De là, la question de la « profondeur » d’une relation ne se pose plus… Ça dépend des individus. La question se posera plutôt en ces termes : Pourquoi me priverais-je d’exprimer mon affection pour J. si j’en ai pour lui/elle et si il/elle est d’accord pour en recevoir de ma part ? Dois je attacher J. dès lors que je l’aurais embrassé(e) sur la bouche ? Si j’ai réellement de l’affection pour il/elle, n’aurais je pas plutôt envie de le/la laisser libre, dans son intérêt ?

En effet, dans l’hypothèse d’un couple fonctionnant sur ce système, on ne fait aucun projet, on ne cherche pas à bâtir quelque chose mais simplement à se satisfaire personnellement. Imaginez un couple de deux personnes vivant chacune plusieurs relations amoureuses simultanées, imaginons maintenant que ce couple aie un enfant. Le père voudra t’il l’élever, sachant qu’il a lui-même une ou deux autres personnes vers qui se tourner, et sachant également qu’il n’est qu’une option parmi deux ou trois dans la vie de sa compagne ? On ne peut rien bâtir la dessus, aucun projet d’avenir, tout est dans le superficiel.

 

  • Nous y voilà ! Déjà j’aimerais lever un amalgame courant, que je rencontre très fréquemment lorsque je discute de ce sujet avec mon entourage. Cet amalgame consiste à confondre la relation amoureuse entre deux personnes et le rôle parental qu’ils pourraient exercer un jour. Pourquoi faut il toujours mêler les deux ? Ce sont deux espaces différents (en tout cas je l’espère car mêler sa vie privée/sentimentale et ses éventuels déboires à l’éducation de ses enfants est à mon sens très malsain). Et dès lors qu’on mélange les deux qu’advient-il des gens qui ne souhaitent pas procréer ? N’auront il jamais l’occasion de « construire » quelque chose ? D’avoir une « relation profonde » ? Ou alors la relation amoureuse est elle condamnée à aboutir sur la procréation ? Ce sont deux sujets différents à mon sens.Mais admettons maintenant, pour répondre totalement à ton argument, que deux personnes qui entretiennent une relation d’affection profonde décident d’avoir un enfant ensemble. Où est le problème ? L’enfant doit il vivre avec ses deux parents pour être totalement épanoui ? Que fait on des couples divorcés ? Des parents célibataires ? Sont ils des « ratages » de la parentalité ? Je n’ai pas connaissance qu’il y ait tant d’enfants perturbés et traumatisés dans les familles recomposées ou étant issus de parents célibataires ! Encore une fois, ce qui fait douter d’un tel système, c’est la norme sociale conventionnelle autour de la famille unie vivant sous le même toit avec son petit jardin bien entretenu et son labrador… On oublie trop souvent d’ailleurs que les frustrations et les rancoeurs d’un couple qui s’entend mal et qui maintient à toute force la sacro-sainte « unité familiale » pour coller aux standards de la société inflige bien plus de dégâts chez ses enfants que deux personnes vivant séparément mais en bons termes tout en partageant la garde de leur progéniture. Ça demande peut être des aménagements, mais je n’y vois pas là matière de remettre totalement en question l’idée de la non-monogamie.

On peut aller plus loin. On peut poser l’hypothèse que l’autre personne ne partage pas ces idées. S’ensuivent questionnements, interrogations et doutes, qui sont légitimes. Cette personne est elle réellement heureuse avec moi ? Pourquoi a t’elle besoin de chercher ailleurs une satisfaction ? Elle n’est pas « assez » satisfaite avec moi ? Ces interrogations mène à une insatisfaction du rapport l’autre, non pas parce qu’il n’est pas tout pour l’être aimé, mais parce qu’il est conscient de ne pas rendre l’autre pleinement satisfait. Suivant votre raisonnement, je dirais que cette relation doit s’arrêter dès ce moment. En effet, pour une satisfaction personnelle, on impose à l’autre une relation insatisfaisante, ce qui si vous me permettez est le summum de l’individualisme.

 

  • C’est là que nous nous rejoignons, Sven ! Mon idée des relations amoureuses ne s’imagine pas sans le préalable indispensable du partage de cette acception ! Bien entendu que les deux personnes doivent envisager les choses de la même manière ! C’est une simple question de respect de l’autre et de ses valeurs ! Mais imagine aussi l’autre pendant : si tu imposes ton exclusivité à l’autre, si tu l’attaches à toi par les liens moraux et sentimentaux du couple exclusif alors que cet autre t’affectionnes mais aimerait conserver sa liberté, n’est ce pas frustrant pour lui aussi ? Ne risques tu pas de le rendre malheureux, le forçant à faire un choix entre toi et sa liberté alors qu’il suffirait de concilier les deux ? Et refuser son affection parce que cette personne veut rester libre, n’est ce pas masochiste ? Pourquoi refuser d’être aimé pour une question de possessivité ?Ensuite, tu abordes la question d’être « suffisant pour l’autre » , de le « satisfaire pleinement » c’est donc que tu considères en réalité que tu dois être « tout » pour l’autre au moins sur le plan affectif. Voilà mon point de vue : comment une seule personne peut elle réunir en elle toutes les qualités, toutes les vertus qui permettent à l’autre d’être totalement comblé(e) et de le rester pour toujours (si on part du principe qu’un couple exclusif finira sa vie ensemble) ? À mon avis c’est impossible. On ne peut pas être « parfait » (dans le sens de combler l’autre totalement) et certainement pas dans la durée. Il faudra alors faire des « concessions », ce mot pudique pour parler des sacrifices et des désillusions de la vie de couple. Tout passe un jour ! Nous évoluons chaque jour, alors comment nos sentiments pourraient ils rester toujours les mêmes ainsi que nos désirs, nos idéaux ? Ce que j’avance, c’est une vision qui essaie d’être réaliste sur la vie et les relations affectives. Enfin, voyons les choses encore sous un autre angle : prenons l’exemple de deux personnes qui auraient de l’affection (ou de l’amour) l’un pour l’autre mais à des degrés différents. Dans ton modèle exclusif, il est clair que celui qui aime « moins » sera malheureux, car il sera clairement frustré. Si on suit ton modèle, ce couple va droit au mur avec tout ce que tu as décrit fort justement plus tôt sur l’insatisfaction dans le couple. Et comme celui qui aime l’autre plus que l’autre ne l’aime ne supporte pas que l’autre voit d’autres personnes, alors il faudra se séparer. Moi je pose une seule question : Pourquoi ? Pourquoi refuser l’affection que cet autre a à donner et qui pourrait les rendre heureux ?


Enfin, j’ai énoncé que dans vos certitudes sur comment doit fonctionner un couple, vous manquez de nuance. Cette nuance, je vous la propose. N’est il pas possible d’être en couple, d’être heureux avec l’autre, et de se laisser une liberté mutuelle ? N’est il pas possible d’être en couple et de conserver son indépendance ? En d’autres termes mener sa petite vie, avoir des amis différents de ceux de l’être aimé, mener des vies indépendantes sans toutefois aller voir ailleurs ? Aimer sans être dépendant de l’autre, n’est ce pas cela aimer véritablement ?

 

  • Toute la question est là justement ! Comment dire qu’on est libre quand on ne peut pas explorer cette liberté ? N’y vois tu pas une contradiction flagrante ? Dans ton idée seuls les liens d’amitié sont possibles en dehors du couple. C’est très restrictif ! Et encore ne peut on pas tout faire avec ses amis ! Parce que bien entendu, j’imagine que dans ta définition de l’amitié, il n’y a pas de place pour tous les gestes auxquels on rattache habituellement l’amour : baisers, caresses, relations sexuelles…Néanmoins, je suis d’accord avec ce que tu dis ensuite : aimer sans être dépendant est réellement « amour » selon moi, car il se détache justement des obligations et des devoirs qui ne sont pas sentiments ni partage affectif et des complexes qui sont propres à soi et non à l’autre (peur d’être seul, d’être abandonné…).

Je conclurais juste sur l’idée que ce n’est pas parce qu’on n’a pas été heureux en couple que cela est impossible. Et de mon point de vue, ce n’est pas le cas. Et puis, si l’on n’arrive déjà pas à être heureux a deux, n’est ce pas se rajouter de la confusion que de chercher à vivre plusieurs aventures à la fois ?

 

  • Il ne s’agit pas d’une fuite en avant où on comblerait ses insatisfactions personnelles, ses complexes, ses difficultés dans la relation à l’autre dans une sorte de vagabondage affectif. Il s’agit au contraire d’apprendre à être autonome et heureux en étant célibataire. Non pas comme choix par défaut, non comme une contrainte ou un choix qu’on ferait pour éviter d’avoir à se confronter à ses difficultés mais justement pour être épanoui et s’ouvrir à l’autre, tout en le respectant avec ses limites. Il s’agit d’explorer de nouveaux modes de relations, plus libres, plus souples, plus ou moins enrichissants et de partager son affection avec ceux/celles qui ont envie d’en partager aussi. Il n’y a rien de pathologique là dedans…

Quelques lectures :

Contre l’amour, Collectif

Au delà du personnel, ACL

 

 

 

 

 

 

Amour et psychanalyse 12 novembre, 2010

Classé dans : réflexions isolées — Ewillana @ 15:55

Aujourd’hui, j’ai décidé de vous livrer un petit texte que j’ai écrit il y a quelques mois et que je n’ai jamais publié pour diverses raisons… Puisqu’il est difficile de vivre libre dans un monde qui ne l’est pas, j’espère que mon verbiage pourra entrouvrir des portes, des fenêtres et pourquoi pas des esprits…

La psychanalyse parle peu des relations d’amour à l’âge adulte. Une fois passée la résolution du Complexe d’Oedipe à l’adolescence, c’est le grand plongeon dans l’inconnu. Le jeune adulte se détourne une bonne fois pour toute de ses parents comme objets d’amour et d’identification, choisit un partenaire en dehors de la famille et tout va bien dans le meilleur des mondes. Après on retrouve les bonnes vieilles valeurs de notre société : mariage, famille et pourquoi pas même le labrador qui va avec. Il y a encore peu, sous l’influence de Lacan notamment, le modèle familial en psychanalyse s’est diversifié : l’homosexualité n’est plus une tare, ni une maladie mentale (depuis 1970 elle a disparu du DSMIV, la « bible » de la psychiatrie américaine), et on pense même qu’un homme puisse faire une bonne mère, qu’une mère célibataire à condition qu’elle ne vive pas en vase clos avec son enfant puisse aussi donner du « père »… Bref, les mentalités évoluent peu à peu, on finit progressivement par admettre que les « ratés de la parentalité » (homo-parentalité, mono-parentalité, problèmes de fécondité et adoption, famille recomposée…) sont avant tout des jugements sociétaux. Mais qu’en est il du couple ? De cet Amour que tout le monde cherche avec ferveur ? Rien ou peu de choses… C’est toujours le même couple monogame et exclusif qu’on entrevoit partout. Le même idéal : trouver l’âme soeur et surtout la garder. Comme si la culture et ses diktats s’arrêtaient à cette notion. On peut modifier l’architecture de la famille, mais pas besoin de remettre en question la notion de couple. Pourtant cette notion est en contradiction certaine avec ce que l’on sait du développement psychologique de l’individu et de son bon déroulement en psychanalyse… Alors faisons quelques petits rappels…


Au commencement était… Le paradis. L’enfant est dans le ventre de sa mère, dans un état de parfaite complétude et de fusion, ne manquant de rien, ne désirant rien. Bref, le bonheur absolu. La mère elle aussi est comblée. Pour la première fois peut être de sa vie de femme, elle n’est plus seule. C’est l’euphorie, la douce folie maternelle si nécessaire aux premiers liens d’attachement. L’accouchement arrive, et cet état de grâce se termine brutalement et dans la douleur, parfois avec grande difficulté. Les rêves et fantasmes maternels (mais aussi ceux du père) se confrontent à la réalité de l’enfant… Décalage parfois plus ou moins terrible et mortifère pour l’enfant et ses parents.


Si ce décalage n’est pas trop important, la symbiose physiologique de la grossesse se poursuivra naturellement par une phase de symbiose psychologique entre la mère et l’enfant. Winnicott appelle cette phase « la phase de préoccupation maternelle précoce » où la mère forme une entité fusionnelle dans un état quasi-psychotique avec l’enfant, état nécessaire pour être « parfaite », pallier tous les besoins de l’enfant quitte à les devancer. Il n’y a alors rien d’autre qui existe au monde que cette unité entre la mère et l’enfant, et celui ci construit la confiance qu’il a en lui et dans le monde grâce à ce lien, parce qu’il vit dans l’illusion (garantie par sa mère) qu’il est à l’origine de toutes ses satisfactions. En effet, sa mère étant parfaitement ajustée à ses besoins, les devançant même, c’est bien qu’il suffit de penser à quelque chose pour l’obtenir, c’est donc bien lui, le nourrisson, qui en est le maitre et décideur ! En psychanalyse, on appelle ça le sentiment d’omnipotence infantile, ou le sentiment de toute puissance infantile.


Et le mythe s’effondre. Le bébé apprend la frustration. La mère qui « va bien » sort de son état quasi-pathologique pour retourner à sa vie de femme et ses préoccupations. C’est le concept de la  « mère suffisamment bonne » chez Winnicott. Elle laisse un tiers s’introduire dans sa relation privilégiée avec le bébé, le Père (au sens symbolique et psychanalytique). Père qui vient signifier les limites de cette relation fusionnelle pour éviter que celle ci ne finisse par être destructrice pour l’enfant et pour la mère. Ainsi, la mère n’est plus « toute » à l’enfant, de même que l’enfant n’est plus « tout » à la mère. Le bébé est donc obligé d’attendre, il découvre qu’il n’est pas à l’origine de ses satisfactions, et ainsi se différencie de sa mère. Il réalise qu’il n’est pas elle, et qu’il en dépend. C’est le début de la haine. Et c’est donc dans la haine que le bébé fait le plus grand progrès : il apprend à penser. Parce qu’il doit attendre, il doit trouver un moyen de patienter. Il va donc commencer à « imaginer », en fantasmant la satisfaction de ses besoins, le retour de sa mère… Il va aussi dans le même temps commencer à investir d’autres relations, à se tourner vers autrui et bâtir les bases de sa future indépendance, notamment avec le Père…


Le temps passe. L’enfant grandit et construit son identité sur le modèle parental, premier modèle social. Le jeune enfant désire plus ou moins secrètement s’approprier alternativement chacun de ses parents et développe des sentiments haineux contre le parent rival. C’est l’œdipe. Le désir de revenir à cet état antérieur où il possédait sa mère et où il était tout pour elle. Mais il sait que c’est impossible (si tout se passe bien) et doit se résigner s’il ne veut pas perdre l’amour de l’autre parent. Il apprend aussi la différence fille/garçon, et celle des générations. La place des pairs commence à prendre de plus en plus d’ampleur et la mère doit apprendre à renoncer de plus en plus à son enfant, qui commence à prendre son indépendance.


Le temps passe encore, c’est l’adolescence. Tout à coup, le corps change, l’enfant devient en mesure de se mesurer au parent rival, il en a la maturité physique et sexuelle. C’est la reviviscence de l’Oedipe. La proximité avec les parents devient dangereuse, il faut à tout prix en sortir. Pour exister et avoir son identité propre, il va falloir s’exiler. Partir pour vivre. Ainsi l’adolescent ira chercher ailleurs ses modèles d’identification et ses objets d’amour. Trouver sa place. C’est un long travail qui commence, fait de retours et d’avancées, de succès et d’échecs, en tout cas pas un processus linéaire, en quête constante d’autonomie. On sait tous quand commence l’adolescence pour chacun d’entre nous, mais pas quand elle se termine…


On l’aura compris, chaque phase de développement est un nouveau pas vers l’autonomie, un pas vers l’autre et vers le monde. Et puis brutalement, on repasse à un modèle archaïque de relation, où l’autre doit être tout pour soi, où l’on doit être tout pour l’autre, dans un couple fusionnel et étriqué. Alors que l’on avait appris à varier ses relations, à mettre une limite à la fusion maternelle, on exige de l’autre qu’il soit le centre de son monde, à ne dépendre que de lui, au nom du Grand Amour. Ne serait ce en réalité que le fantasme d’un retour à la fusion maternelle auquel on ne peut renoncer ? Une vague de nostalgie pour un état primitif idéalisé ? Pourtant, nous avions tous appris les dangers d’une trop grande proximité : risque de perdre son identité, le contact avec la réalité, l’immense souffrance d’un désir jamais comblé, une relation où l’autre qui ne peut jamais être parfait sera toujours frustrante. La plupart du temps, nous sommes des êtres équilibrés, bien différenciés et relativement autonomes. Alors nous sommes pris de désirer « ailleurs » que dans le couple, tout comme nous nous étions dégagés de la relation maternelle pour exister. Ce serait donc un élan de santé, et pourtant c’est un interdit absolu dans notre société. J’y vois une grande contradiction. Pourquoi ce retour en arrière ? Et comment la psychanalyse peut elle passer à côté de ce paradoxe ? Alors qu’il suffirait d’accepter de partager son affection, de varier nos relations, de s’enrichir de nouvelles rencontres, d’être libre et de laisser l’autre libre en retour.


Mais voilà, la peur de la solitude est là, insidieuse, ainsi que la culture capitaliste de nos sociétés, mélange explosif. Dans une société où l’individualisme fait loi et où la propriété est devenue une valeur à laquelle se raccrocher, le modèle du couple parfait et exclusif est un idéal à atteindre. Malheureusement, nous nous y cassons les dents. Tout comme il était aliénant, impossible et malsain pour la mère de rester à jamais parfaite pour son enfant, l’autre ne peut pas correspondre à nos attentes comme un parfait miroir. Il s’épuisera à vouloir nous satisfaire dans le même temps que nous n’arriverions pas à le combler parfaitement. Cet amour s’auto-consumera avec le temps, et les désillusions arriveront petit à petit. On commencera à se dire que l’herbe serait peut être plus verte ailleurs, et ce constat mènera à la rupture parce que dans le couple exclusif, il n’y a pas de demi-mesure : soit on aime l’autre absolument, soit on ne l’aime plus. Tout comme le bébé croyait avoir une mère parfaite quand elle le comblait ou une mère mauvaise et persécutrice quand elle le frustrait (voir notamment les travaux de Mélanie Klein), les membres du couple exclusif ne font pas dans la nuance. Et après la séparation, on continuera la quête impossible et sans fin de l’autre parfait qui saura exaucer nos voeux de complétude. Dans le pire des cas, nous serons tellement apeurés à l’idée de finir seuls que nous préférerons rester enchainés à un autre que l’on n’aime plus ou moins, quitte à sacrifier les relations possibles et l’enrichissement de nouvelles rencontres pour maintenir l’illusion de la stabilité et de l’harmonie dans un couple aussi creux qu’un arbre mort qui ne tient que par ses racines.


Pour pallier souffrances de ce mode relationnel impossible à tenir dans sa position idéale, la psychanalyse et la psychologie ont développé les thérapies de couple, ultimes tentatives pour conserver à toute force l’unité du couple. Sauver le navire à la dérive. Sans se poser la question de savoir si ce n’est pas l’architecture même du couple qu’il faudrait remettre en cause. Sans travailler cette angoisse profonde de la solitude et de l’abandon, l’origine de la jalousie. Qui n’ont en fait rien à voir avec le couple, mais où tout est à comprendre dans l’histoire du sujet et sa construction identitaire. Sans développer un nouveau modèle relationnel où la propriété sur l’autre disparaitrait, où les places seraient plus flexibles, plus fluides, ainsi que les sentiments et les individus plus libres. Où il serait possible de se dégager de l’autre, de ne plus en être dépendant et de chercher des satisfactions dans la relation aux autres, de partager son affection, sans pour autant verser dans le vagabondage sexuel ou pseudo-affectif. Une juste mesure dans la relation à autrui, où l’authenticité primerait sur la peur de l’inconnu et de la solitude. C’est dans un modèle dégagé des contraintes de l’attachement forcené qu’on pourrait investir plus de temps pour soi, pour s’épanouir en tant que personne, développer d’autres relations riches sur le plan intellectuel, affectif et pourquoi pas sexuel. Pour cela la psychanalyse et la psychologie ont encore beaucoup de barrières intellectuelles, culturelles et sociales à franchir…

 

 

Petite discussion autour de la recette du caviar d’aubergine… 29 janvier, 2010

Classé dans : réflexions isolées — Ewillana et Nizou @ 0:25

Un après midi banal sur Pidgin…

(16:37:41) Ewillana: Allez nizou, sors moi une idée brillante de ton petit crâne. J’ai les doigts qui frétillent.

(16:38:11) Nizou: heuuuuu

(16:38:23) Nizou: *auto-connexion synaptique*

(16:38:37) Nizou: *shlouk*

(16:39:55) Nizou: Faudrait que j’commence à mettre des recettes mais pour ça faut que j’commence à cuisiner

(16:40:01) Ewillana: mdrrr. Mon article va commencer par « un après midi sans idées et une envie d’écrire »

(16:40:23) Nizou: J’imagine que tu n’as pas pris de photos de ton caviar d’aubergine ?

(16:40:52) Ewillana: J’ai pris des photos mais ça ressemble à du vomis avec le flash (désolée pour l’expression)

(16:41:03) Nizou: Mééééé faut pas de flash!

(16:41:09) Ewillana: Mais sans c’est pire !

(16:41:10) Nizou: Faut le disposer dans de jolies coupelles avec un filet d’huile d’olive et une tite feuille de persil par exemple !

(16:41:27) Ewillana: Trop tard : il a été achevé

(16:41:32) Nizou: roooh et après ça fait une jolie photo ^^

(16:41:44) Ewillana: Et puis c’est une recette qui m’ait pas propre

(16:41:53) Nizou: Les recettes n’appartiennent à personne

(16:41:58) Ewillana (sceptique) : ouuaisss

(16:42:37) Nizou: M’enfin voyons ! Une recette ça ne peut pas appartenir à quelqu’un !

(16:43:02) Ewillana: T’crois ?

(16:43:22) Nizou: Roh t’es très attachée à la notion de brevets intellectuels toi :p

(16:43:38) Ewillana: Ouais mon cerveau c’est le mien je le donne à personne

(16:43:44) Nizou: Et même si c’est le cas les recettes font parti des choses dont on ne peut légalement pas prétendre à possession et même si c’est le cas, les recettes font partie des choses dont on ne peut légalement pas prétendre à possession. Moi je n’ai pas de reconnaissance pour les brevets. Pour moi une idée appartient à toute personne capable de la penser. Comment une personne ou une société peut elle prétendre posséder une idée que tu es capable de réaliser et de penser ?

(16:45:05) Ewillana: Je note

(16:46:35) Nizou: L’idée est juste le pendant psychologique d’une chose qui existe déjà avant qu’on en soit conscient et existera toujours lorsque nous serons tous morts. Ça appartient à tout le monde et à personne à la fois :/ C’est pas parce que j’ai créé une recette que je peux prétendre qu’elle est à moi, que personne ne peut la réaliser sans me demander la permission ou la diffuser ou j’n'en sais rien … Encore cette manie de l’homme à vouloir tout posséder et tout se partager inéquitablement. C’est ça les brevets. Une connaissance, ça n’appartient pas à un homme ou société, même si c’est le premier humain à l’avoir pensée. Une connaissance, ça appartient à toute l’humanité.

(16:49:30) Ewillana (nounouille de service): Et pourquoi ?

(16:50:13) Nizou: Parce qu’à partir du moment où tu es capable de le penser comme moi y’a aucune raison que je prétende le posséder et pas toi.

(16:50:33) Ewillana (taquine): Même si j’ai copié sur toi en lisant ?

(16:50:43) Nizou: Oui. On ne fait pas ça tout le temps peut être ?

(16:51:06) Ewillana: Ben si mais on appelle ça « apprentissage » …

(16:51:22) Nizou: Pour se construire on n’est pas toujours en train de regarder autour de soi et d’intégrer ? Que ce soit des choses humaines, ou physique/naturelles ou j’sais pas quoi?

(16:51:23) Ewillana: On ne prend pour autant pas le nom de celui qui a travaillé sur tel ou tel sujet.

(16:51:34) Nizou (bug): On prend le nom?

(16:51:42) Ewillana: Ben je veux dire pour les théories ou autre … Le type bosse dessus des années. Moi j’arrive derrière j’apprends sa théorie. Génial. Je vais pas dire ensuite c’est ma théorie. Ce serait pas très sympa pour le type.

(16:52:44) Nizou: En effet, mais ça n’est pas quelque chose qu’on aurait le droit de réglementer ! T’as le droit de prétendre ce que tu veux. Et l’inventeur est en droit de dire qu’il l’a inventé. Mais là n’est pas la question ! Les brevets c’est non seulement de dire qui l’a inventé, mais surtout d’interdire à tout autre d’utiliser l’idée ! On ne va pas museler la liberté d’expression non plus? :/ Si t’as envie de dire que t’as inventé la théorie de la relativité, libre à toi. Pour moi tu l’inventes à partir du moment où tu es capable de la reproduire par toi même. À partir du moment où tu l’as appris quoi. Einstein est simplement le premier à l’avoir inventée. Tous ceux qui l’ont comprise après lui, l’ont inventée à leur tour, et peuvent prétendre la posséder autant que lui.

(16:54:33) Ewillana: Le problème c’est l’argent … Et la notion d’effort ?

(16:55:28) Nizou: Oui, l’argent c’est autre chose. La notion d’effort ? On n’a pas forcé Einstein à faire ses recherches !

(16:55:53) Ewillana: Le premier a avoir inventé la théorie, il partait de pas grand chose… Alors que ceux qui la reprennent, ne font que la reprendre justement.

(16:56:08) Nizou: Il a fourni ces efforts parce que c’est sa passion, et il a été payé pour ses efforts.

(16:56:19) Ewillana: Ah oui sûrement. Mais il est quand même juste d’être reconnu premier. C’est grâce à lui qu’on a avancé ensuite

(16:56:44) Nizou: Bah oui je ne dis pas que celui qui y a pensé le premier n’a pas plus de mérite que les autres. Ce que je dis c’est qu’en aucun cas l’idée lui appartient. C’est deux choses différentes.

(16:57:05) Ewillana (docile): D‘accord. Donc là si je te copie dans un fichier texte pour le diffuser dans notre blog, tu vas pas me taper dessus ?

(16:57:45) Nizou: Nan pas du tout :)

(16:57:48) Ewillana: Aaaaaaaah. Et je pourrais donc dire : voici la recette du caviar d’aubergine que j’ai réalisé il y a deux semaines, que je n’ai pas inventée mais réinventée à ma manière.

(16:58:47) Nizou: Que t’as inventée à ton tour!

(16:58:51) Ewillana: Ouais… Je suis un génie en fait.

(16:58:55) Nizou: Ou plus simplement: voici MA recette du caviar d’aubergine qu’elle soit la même que celle que t’as trouvée ou pas, elle t’appartient aussi à toi. Si tu juges bon de citer le blog et la personne d’où ta trouvé la recette libre à toi ! C’est même élégant

(16:59:44) Ewillana (s’ouvre à de nouvelles perspectives): Hmmm.

(16:59:52) Nizou: Mais tu n’y es pas contrainte.

(17:00:32) Ewillana: Vivent la libre circulation des connaissances et la liberté d’expression !

(17:00:41) Nizou: Oui ^^

(17:00:42) Ewillana: Et vive le caviar d’aubergine tartiné sur du pain !

(17:00:54) Nizou: Je suis un fervent partisan de la libre circulation des connaissances ! Un exemple de la connerie des brevets intellectuels : Tu sais que google a fait un portable qui ressemble beaucoup à l’iPhone d’Apple . Tactile toussa…

(17:01:43) Ewillana: Yeap.

(17:02:05) Nizou: Bah sur la version américaine de ce portable, le multipoint est desactivé . Enfin, carrément supprimé des options . Tu sais ce que c’est le multipoint ?

(17:02:28) Ewillana: Nope.

(17:02:42) Nizou: C’est qu’en touchant avec plusieurs doigts on peut faire des actions. Comme agrandir, rapetisser, tourner … Tu n’as jamais vu ça ?

(17:03:10) Ewillana (doute mais veut pas passer pour une ignarde) : Euh probablement si…

(17:03:20) Nizou (désespéré) : Tu sais tu mets deux doigts et tu tournes ! Ou tu les rapproches pour faire s’éloigner l’image … !

(17:03:29) Ewillana: J’ai pas ça sur mon Samsung… Sûrement à cause d’Apple .

(17:03:39) Nizou: Exactement. C’est apple qui a breveté ça le premier. Mais dans le domaine logiciel, seul les États-Unis reconnaissent les brevets (le bastion du capitalisme). Donc ce brevet ne concerne normalement que les États-Unis. Ce qui fait que pour que d’autres marques ou même un amateur crée un logiciel qui fait du multipoint, il faut qu’Apple t’en donne l’autorisation. Et vraisemblablement que tu leur paies une redevance. Parce que cette idée leur appartient. « Appartiendrait » selon moi. Ce qui explique qu’aux États-Unis, le portable de google n’a pas de multipoint et que ton portable n’en a pas non plus. C’est pas ridicule ?

(17:06:33) Ewillana: Hmmm, si. Je réfléchis …

(17:06:41) Nizou (comme si c’était possible): :p C’est justement d’ailleurs ce contre quoi lutte le mouvement du logiciel libre en informatique. Lorsque qu’une société fait un logiciel sous licence propriétaire, non seulement elle ne publie pas les sources, mais elle prétend en plus que ces lignes de code sont sa propriété exclusive. Les licences libres font tous le contraire. Quand un développeur publie en licence GPL, il assure justement que ce qu’il a créé tombe irrémédiablement dans le domaine public, que ces connaissances (ligne de code ou autre) soient librement distribuables, utilisables, et modifiables par tous. Et que personne ne puisse plus se les attribuer exclusivement, donc. Ces idées sont à jamais la propriété de tous. Dans le même mouvement qui consiste à concentrer les richesses et à créer des inégalités, à considérer l’autre comme un concurrent plutôt que comme un partenaire, bah on s’approprie aussi les idées.

(17:09:51) Ewillana (apprend des trucs) : Ouais d’accord…

(17:09:53) Nizou: Par exemple le noyau Linux tel qu’il est aujourd’hui est à jamais la propriété de tous, car sous licence GPL.

(17:09:59) Ewillana: Mais y’a surement l’idée de concurrence derrière tout ça et d’argent.

(17:10:19) Nizou: Oui, cette idée des brevets est un instrument du capitalisme.

 

(more…)

 

 

Pourquoi je suis devenue végétarienne… 27 février, 2009

Classé dans : réflexions isolées — Ewillana @ 19:00

J’ai déjà détaillé précédemment comment j’étais devenue végétarienne, mais il me semblait important d’apporter quelques précisions par rapport à mes motivations profondes. En effet, il y a tellement d’arguments en faveur de ce mode de vie aujourd’hui, que je me sens forcée de les exposer et je le répéterai autant qu’il le faudra si cela peut convaincre des gens de franchir le pas.

Tout d’abord, comme je l’ai expliqué, je suis végéta*ienne pour les animaux. Je suis pour le respect de la vie, contre la souffrance et je considère que l’on est à égalité avec les animaux au moins sur ces plans là : nous sommes tous vivants, et nous souffrons de la même façon (puisque nous avons un système nerveux). Dans ce cas, et selon mon point de vue, rien ne peut justifier de créer, d’élever, et de tuer dans les pires conditions possibles (voir le documentaire « Terriens » sur google, c’est très « instructif ») des êtres vivants sensibles tels que les animaux. Je suis contre le spécisme qui consiste à considérer qu’une espèce aurait plus de droit qu’une autre à vivre (par exemple, un chat aurait plus de « valeur » qu’une vache ou une poule). Pour moi le spécisme est au même rang que le racisme, et je ne tolère ni l’un ni l’autre. Et comme certains l’ont noté, le traitement infligé aux animaux va souvent de pair avec celui infligé aux hommes. Ce n’est pas pour rien que l’on a pu constater la naissance des premiers camps d’extermination en même temps que celle des abattoirs industriels… A réfléchir !

Deuxièmement, je suis végéta*ienne pour des raisons économiques. Actuellement des millions de gens souffrent de la famine dans le monde, gens à qui l’ont a pris leur terre pour produire des céréales qui vont nourrir… les bestiaux des pays riches. Or cette « viande » consomme énormément de céréales pour grandir et finalement être abattue pour le plaisir de nos palais. Toutes ces surfaces agricoles pourraient être exploitées et nourrir directement les populations les plus pauvres du monde, et même plus ! Selon certaines sources on pourrait même nourrir plus du double de la population actuelle avec ces terres ! C’est important pour moi de parler de cela car souvent on m’a reproché « ma sensiblerie » à l’égard des animaux alors que des peuples souffraient de la famine et de la guerre… En dehors du fait que je ne pense pas que se battre pour les animaux soit incompatible avec le fait de se battre pour les peuples pauvres et opprimés, je pense aussi à eux quand je refuse de manger de la viande ! Quand on sait que la nourriture risque de poser des problèmes dans les années à venir au vu de la croissance démographique actuelle, le végétarisme apparaît comme une solution possible !

Enfin, il se trouve qu’en plus de gaspiller les ressources pour le bétail, nous exploitons aussi directement les plus pauvres pour notre confort : on les paye une misère pour exploiter des terres qui ne les nourriront pas, et on les fait travailler dans des industries qui les tuent à petit feu (exploitation dans les pires conditions, ouvriers travaillant dans l’industrie du cuir manipulant à mains nues, jour après jour, des produits hautement toxiques pour leur santé…).

Troisièmement, je suis végéta*ienne pour des raisons écologiques. L’industrie de la viande pollue !! Les déjéctions des animaux contiennent beaucoup de méthane, gaz responsable de l’agrandissement du trou de la couche d’ozone, et bien souvent dans les élevages industriels tout part dans l’eau !! Sans compter les engrais chimiques que nous déversont chaque jour pour faire pousser plus vite les céréales qui vont nourrir ces animaux et qui contaminent les terres et les eaux alentours ! Eau que consomment évidemment beaucoup de gens pauvres… D’autre part ces animaux consomment énormément d’eau dans leur vie, et énormément de céréales comme je le disais précédemment… Actuellement, la forêt amazonienne part en fumée en partie pour les nourrir  ! Et j’en passe et pas des meilleures !

Quatrièmement, je suis végéta*ienne parce que je pense que c’est bon pour moi. Des études scientifiques sérieuses, menées notamment aux Etats-Unis et au Canada montrent que le végéta*isme est bien meilleur qu’un régime omnivore sur beaucoup de points notamment l’obésité, le cholestérol, la constipation, certains cancers, problèmes artériels, cardiaques…  Dans tous les cas, il a été prouvé qu’un régime végéta*ien n’est pas dangereux pour la santé ! Nous ferons je pense un article spécial concernant la diététique mais je tenais à dire que nous faisons généralement plus attention à ce que nous mangeons que les omnivores, équilibrant et diversifiant notre alimentation et que si le végétarisme était réellement mauvais pour la santé alors la moitié de la population indienne serait décimée actuellement (vu que 50% d’indiens sont végétariens). D’autre part, de grands sportifs sont aussi végétariens  (Carl Lewis par exemple). En tant que végétaliens, le seul apport que nous ne trouvons pas dans les végétaux est la vitamine B12, mais des complémentations efficaces existent (sous forme d’ampoules à prendre une fois par semaine ou par mois), et il existe des aliments enrichis (notamment les céréales du petit déjeuner ou des jus de fruits).

Pour finir, je pense que le végétarisme, pour toutes les raisons que j’ai citées plus haut rend plus humain. Le crier haut et fort n’est maintenant plus une difficulté pour moi, au contraire. Je ne pense pas être quelqu’un de sectaire ou extrémiste, et il me semble important de revendiquer une certaine éthique de vie et refuser de tuer directement ou indirectement en fait partie, en ce qui me concerne. Je n’ai pas à avoir honte de cela ! Ceux qui réagissent mal à nos idées sont pour moi ceux qui ont bien souvent les réponses en eux mais refusent d’accepter l’évidence pour ne pas avoir à changer leur mode de vie.

Sources et liens :

 

 

Comment je suis devenue végétarienne… 4 février, 2009

Classé dans : réflexions isolées — Ewillana @ 22:02

Cette histoire pourrait commencer par : « Tout a commencé il y a bien longtemps dans les tréfonds de mon inconscient alors que je traversais les rayons boucherie du supermarché… », mais je trouve ça un peu trop pompeux pour ce que j’ai à exprimer là. Il est vrai que j’ai toujours beaucoup aimé les animaux et que j’en ai toujours côtoyé depuis mon enfance. Pour moi, ils ont toujours représenté plus qu’un cadeau de Noël, qu’on peut jeter quand il est usé ou qu’on a plus envie de s’en occuper, plus qu’un larbin qu’on peut exploiter sans s’en soucier jusqu’à ce qu’il ne soit plus rentable… J’ai eu des oiseaux, des chats, des chiens, j’ai pratiqué longtemps l’équitation et mes parents m’ont toujours appris à respecter « les bêtes », même si pour eux, le fait de les tuer et de les manger rentre dans l’acception du terme « respecter ».

Peut être que cette sensibilité est le point de départ de tout ça, et je pense que sans elle, il n’y a aucune réflexion ni remise en question autour du statut des animaux. Cela étant dit, j’ai toujours grandi dans une famille de « carnivores » où l’on pouvait laisser les légumes de côté à condition de finir la viande et jusqu’à une certaine époque je pouvais engouffrer mon steak sans avoir de remords en croisant le regard de mon chat ou de mes perruches. Je pouvais même câliner un jeune lapin dans les clapiers de mon grand père en sachant qu’il finirait un jour dans mon assiette… Il suffisait de ne pas trop s’attarder sur cette pensée.

Au fil des années, je sentais un certain malaise assez fugace néanmoins en achetant de la viande mais après tout, ne sommes nous pas « faits » pour manger de la viande ? A cette époque, je m’étais installée à Paris, je vivais seule et faisais donc les courses moi même, ça laisse un peu plus de marge pour réfléchir à ce que l’on consomme (quand on en a quelque chose à faire…). J’ai commencé à me disputer avec Nizou autour de cette question du végétarisme (lui venait de franchir le cap). Nous avions BESOIN de la viande (bien que je n’aie aucune connaissance sur la nutrition à cette époque), nous ne pouvions pas dérégler l’ordre de la chaine alimentaire, nous allions au devant d’un déséquilibre (qui chasserait les cerfs dans la forêt, et les lapins, les sangliers ? il fallait réguler ces populations…), si on arrivait à détenir des animaux dans de meilleures conditions d’exploitation et d’abattage, on ne les ferait pas souffrir et il n’y aurait aucune raison de se sentir mal à l’aise.

Mais mal à l’aise je l’étais, car mon ami avait de meilleurs arguments que moi. Ses tests sanguins ne montraient aucune carence, il avait l’air en pleine forme (comme toujours) et faisait très attention (bien plus que moi) à ce qu’il mangeait, veillant à équilibrer ses repas et à les diversifier. Pourquoi étions nous obligés de réguler les populations d’animaux dans les forêts ? N’était ce pas parce que nous avions exterminé tous leurs prédateurs naturels (loups, ours, renards…) ? Au regard de cela, n’était ce pas à nous de trouver une solution plus éthique (comme réintroduire des espèces en voie de disparition) au lieu de continuer à faire dans l’extermination ? Mon raisonnement me semblait quelque peu fragile, mais accepter que j’avais tort, que je contribuais à ma façon à la souffrance des animaux que je disais aimer, changer de mode de vie me semblait trop énorme et ne m’effleurait pas l’esprit. Néanmoins la machine était lancée, et il était impossible de la retenir.

Ce qui est bien avec la fac, c’est qu’on peut s’ouvrir l’esprit sur beaucoup de domaines, et quand j’ai vu que je pouvais choisir une option philosophie sur les rapports entre Hommes et Animaux au cours des siècles, en deuxième année, j’ai sauté sur l’occasion… Et c’est à partir de là… Non, en fait, ce n’est pas vrai. Pour être honnête, c’était la seule option qui me semblait intéressante et où il restait de la place, je me suis donc inscrite… Mais le destin est étrange parfois et cette UE n’a fait que relancer la réflexion qui germait dans ma tête sur ma façon de considérer l’animal. Je pourrais dire plutôt « cette UE n’a fait que commencer à me torturer » car j’étais de plus en plus en conflit ouvert avec moi même.

Pourquoi considérions nous l’Animal comme un être en « manque de ce qu’a » l’Homme ? Darwin n’a t-il pas montré que nous étions des animaux comme les autres ? Qu’est ce qui différenciait fondamentalement l’Homme de l’Animal ? Etait-ce la conscience, cette notion vague et floue qui ne trouve pas de définition exacte ? Pourtant les animaux ne sont pas des machines et elles ne semblent pas de façon évidente déterminées et programmées à la naissance… Alors oui, les animaux n’ont pas le langage,  ils ne peuvent pas décontextualiser (parler du passé ou du futur ou toute chose en dehors du contexte) mais ne sont  ils pas parfaitement adaptés à leur environnement ? Nous ne pouvons pas les juger par nous mêmes par rapport à nous mêmes, ce ne serait pas équitable. On ne peut pas être juge et partie. La notion d’intelligence est bien futile quand on sait qu’elle varie en fonction de la culture, et même du point de vue théorique que l’on adopte (je suis bien placée pour le savoir, vu que je suis étudiante en psychologie).

En parallèle, je suis devenue membre d’une association de protection animale pour les NAC (nouveaux animaux de compagnie), un refuge, qui a un site web et un forum (www.refugenac.com) et l’un des membres m’informa qu’il y avait une conférence sur l’éthique animale de Jean-Baptiste Jeangène Vilmer à l’occasion de la sortie de son bouquin, à Science Po le 20 mars dernier, et j’y suis allée. Je crois que je pourrais dater précisement le début de ma nouvelle façon de vivre de ce jour là. J’en suis ressortie transformée. Comme une métamorphose lente qui finit par aboutir. Il plaça des mots sur mes idées, des réponses à mes questions, n’apporta pas de « solution miracle » ni de conseils sur la façon dont toute personne morale devrait vivre, mais j’avais trouvé ma voie. L’Homme n’était plus le centre du monde (antropocentrisme) à la place était la souffrance que nous ressentions comme tout être doté d’un système nerveux (et même d’autres, au vu des découvertes scientifiques récentes) ce qui nous mettait enfin de façon indiscutable au même plan que les autres animaux. Tout devenait dès lors tellement plus facile ! 

J’ai changé du tout au tout extérieurement. Bien sûr, intérieurement, comme j’ai pu l’expliquer plus haut, il m’a fallu du temps pour accepter tout ça et en sortant de cette conférence, je n’en menais pas large. La culpabilité de mes actes et de ma façon de penser antérieure m’est tombée dessus brutalement, après que j’ai fait tant d’efforts pour la refouler. Et puis ça été un intense soulagement. Un grand « OUF ». Enfin, je pouvais aller de l’avant, changer, grandir en bref. Enfin, j’allais pouvoir être en accord avec mes convictions profondes, mettre de l’ordre, arrêter le conflit qui se jouait en moi depuis tout ce temps.

Il n’y a pas eu de période « d’adaptation », la veille j’étais omnivore, le lendemain j’étais végétarienne. Nizou n’en a pas cru ses yeux, lui qui croyait avoir définitivement perdu la bataille, mon petit ami m’a paru sceptique, mais n’a pas posé de questions particulières (peut être peu convaincu que mes convictions étaient solides, et puis de toute façon respectueux de mes décisions), le plus dur ayant été ma famille. J’ai mis un certain temps à leur dire, mais j’ai fini par le faire en essayant de m’expliquer le plus clairement possible, tout en résumant un peu mon parcours. Bizarrement, je n’ai pas eu droit à trop de railleries, et ils ne contestèrent pas trop mes choix. Ma mère me propose encore régulièrement du poulet  ou du poisson quand je viens la voir et mon père me ressort encore de temps en temps le coup du « cri de la carotte » sous différentes  variantes, mais dans l’ensemble je ne suis pas la végétarienne la plus a plaindre.

Depuis ma réflexion continue, et ma façon de vivre se « radicalise » encore, en quelque sorte : je suis en train de devenir végétalienne (je ne mange plus ni oeufs ni lait chez moi mais il m’arrive encore de le faire à l’extérieur). Ce nouveau changement est moins brutal car plus difficile à tenir en dehors de chez soi (regardez un peu les ingrédients de tout ce que vous mangez, et vous vous apercevrez que pratiquement tout contient du lait ou des oeufs). Mais avec un peu de temps, et d’expérience, on apprend à trouver des solutions et des astuces partout pour pouvoir mener la vie qu’on souhaite. Ce n’est qu’une question de conviction ;)

Quelques références pour ceux que ça intéresse :

  • Mondes animaux et monde humain de Jacob von Uexküll
  • Les animaux dénaturés de Vercors
 

 
 

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