Le Bricabrac Schizophrénique

des idées en vrac, une pincée de bonne humeur et une bonne dose d’amitié…

 

Mes fufus, mes amours… 9 mars, 2009

Classé dans : les amis, les amours... — Ewillana @ 15:35

Comment rédiger ce blog(ue) sans parler d’eux ? Ils sont dans ma vie depuis bientôt un an pour la première (Chaussette) et ils m’apportent tant de joies au quotidien par leur simple présence qu’il me fallait les présenter et les montrer… Tout a débuté par une période difficile de ma vie, où face à ma solitude, il me fallait trouver un remède. Un colocataire ? Oui, mais plutôt à quatre pattes de préférence… Allez savoir comment au fur et à mesure de mes recherches sur les animaux de compagnie, je suis passée d’un projet de lapin nain… à un furet ! Je tiens à préciser que cette décision d’adopter m’a pris des mois de réflexion et de quête d’information. Pas question de prendre un animal sans en connaître les moindres besoins ! Et en effet, un furet, animal très en vogue actuellement, a des besoins très particuliers… J’en parlerais dans un autre article.

En attendant, une fois ma décision arrêtée sur le furet, où trouver la perle rare ? Les animaleries ? Pas question !! Je n’étais pas végéta*ienne à cette époque là, mais j’ai toujours été contre le système sans foi ni loi des animaleries. Me restait alors les particuliers et les refuges… C’est à cette période que je me suis inscrite sur le forum FREE qui propose des furets et toute sorte de NAC à l’adoption. Malheureusement (ou heureusement), à cette période, il n’y avait pas de furets à replacer, et j’avais d’autres contacts avec des particuliers. Je ne suis pas pour la reproduction (vu le grand n’importe quoi que font la plupart des « éleveurs » et le nombre croissant d’abandons chaque année dans les refuges) soit dit en passant. J’ai donc adopté Chaussette chez une particulière qui ne pouvait plus la garder pour des raisons financières…

L’histoire de Chaussette (1an et demi).

Je devais adopter sa soeur jumelle, Chips, adoptée et rendue plusieurs fois d’abord pour cause de « morsure » (apparemment pas si mordeuse que ça au final) puis pour cause de maladie grave de la « maitresse » (je n’aime pas ce terme). Mais étant débutante avec les furets, et Chips étant traumatisée, elle ne pouvait pas être prise par la peau du cou (c’est indolore mais nécessaire pour beaucoup de soins), sa propriétaire décida de me confier sa soeur Chaussette, réputée très douce et gentille car elle devait de toute façon se séparer de deux de ses furets. Les deux soeurs étant des clones (deux petites boules blanches adorables) et étant complètement ignorante, je me suis laissée faire par les doux yeux de Chaussette et l’ai ramenée à la maison…

Elle fit d’abord tout un cirque sur le chemin de la maison, manquant plusieurs fois de réussir à s’échapper du sac de transport en ouvrant les fermeture éclair dans le métro sous les yeux médusés des voyageurs. Ensuite, arrivée à la maison, je la mis dans son immense cage (j’avais prévu un vrai palace deux semaines auparavant) en pensant : « La pauvre, elle doit être totalement déboussolée, elle vient de perdre sa maman, son copain, sa soeur et sa maison, je vais la laisser tranquille au calme pendant une nuit, histoire qu’elle se remette… ». Deux minutes plus tard, je la trouvais le nez dans les croquettes, me vidant la gamelle avec bon appêtit. Dès qu’elle eut terminé, elle se mit d’abord à me faire les yeux doux derrière les barreaux de la cage, puis voyant que ça ne marchait pas, passa à l’attaque : elle se mit à secouer les barreaux avec les pattes et les dents, puis fit une tentative d’évasion en se faufilant derrière la porte de la cage, plus fine que le reste des barreaux ! J’appelais en urgence mon petit ami, à 21h un dimanche, pour qu’il trouve une série de petits cadenas et je barricadais la cage de ce petit monstre en commençant à entre-aperçevoir l’arnaque dont j’avais été victime… 

Le lendemain matin, m’approchant prudemment de la cage, je me dis : « Bon, une bonne nuit de sommeil a du lui faire du bien, elle est sûrement plus calme, voyons ce que ça donne à l’extérieur… ». C’était une période de vacances, et j’avais donc tout mon temps pour faire connaissance avec elle. Je pensais : « Si elle est peureuse, je vais la laisser m’approcher tranquillement, à son rythme, je ne la forcerais pas, il faut le temps qu’elle découvre son nouvel environnement. ». Quelle naïveté ! Dès qu’elle eu une patte dehors, elle passa son temps à me poursuivre, tentant de rentrer dans les jambes de mon pantalon (mais que voulait elle bien faire ?), essayant de grimper sur moi alors que j’étais assise dans mon canapé… Je la laissais approcher, pas très rassurée (je connaissais les morsures de furet de réputation). Puis vint la première morsure tant redoutée, et je compris que j’avais en face de moi un vrai petit tyran sur pattes (550g), intelligent et rusé. J’essayais de jouer, mais mes mollets et mes poignets l’intéressaient beaucoup plus, et j’étais vraiment morte de trouille.

Une semaine après son arrivée, je l’attrapais d’une main après une énième morsure et la regardais droit dans les yeux : « Je te signale, Chaussette, que tu es la plus petite d’entre nous, j’espère que tu as bien profité de mes mollets car je te préviens,  c’est fini, je ne me laisserais plus impressionner par 550g de poils blancs surmontés de deux paires de crocs !! ». A partir de ce moment, je passais à la phase éducation intensive (voir méthodes dans le prochain post), les morsures devinrent plus sévères, mais je ne lâchais pas. Il n’était pas question de l’abandonner, elle me testait, et j’allais réussir, comme j’avais toujours réussi avec tous les animaux que j’avais connu, avec fermeté mais sans brutalité. Un jour, elle me mordit vraiment fort et sans raison particulière (j’étais tranquillement en train de taper sur mon ordi), et sans réfléchir, je la pris et la mordis aussi. A partir de ce moment là, je pus constater une vraie amélioration dans nos rapports. Elle commençait à me respecter.

Et moi, j’étais de plus en plus attachée à ce petit bout de furet, fier, courageux, intelligent, révolté et entêté. Les morsures s’espaçaient de plus en plus et je décidais d’autoriser de nouveau les visites dans mon appartement. Mon petit ami tout d’abord puis mes amis, tous plus ou moins terrifiés après que je leur ai raconté mes histoires et montré fièrement mes blessures de guerres. Chaussette se montra à la hauteur de sa réputation, bien entendu, terrorisant son monde, apparaissant discrètement de derrière un coussin, chippant un morceau de peau puis filant en vitesse sans qu’on ait le temps de l’attraper. Je continuais son éducation et elle vit de plus en plus de monde, ce qui la rendit plus douce avec le temps (sauf avec mon homme, le pauvre). Néanmoins, je reste actuellement la seule personne qu’elle respecte vraiment.

Avec elle c’est toujours sur le thème de l’amour vache et des pires conneries (en fait ce n’est pas un furet, c’est une créature un tiers-kangourou, un tiers -singe, un tiers-chat le tout sous LSD…) et réclamant en permanence attention et jeux. Elle ne tient pas en place, et d’ailleurs dort très peu pour un furet. Parfois elle me fait l’honneur de dormir sur moi ou dans mes mains, et souvent ses léchouilles ressemblent plus à des préliminaires avant la morsure que des bisous, mais bon, je l’aime, que voulez vous ? Son bonheur suffit au mien, et elle sait me faire rire chaque jour avec ses pitreries et fondre de tendresse avec ses longs regards brillants. Elle est et restera toujours ma fifille, ma peste adorée, mon petit boudin sur pattes… 

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