Le Bricabrac Schizophrénique

des idées en vrac, une pincée de bonne humeur et une bonne dose d’amitié…

 
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Pourquoi je suis devenue végétarienne… 27 février, 2009

Classé dans : réflexions isolées — Ewillana @ 19:00

J’ai déjà détaillé précédemment comment j’étais devenue végétarienne, mais il me semblait important d’apporter quelques précisions par rapport à mes motivations profondes. En effet, il y a tellement d’arguments en faveur de ce mode de vie aujourd’hui, que je me sens forcée de les exposer et je le répéterai autant qu’il le faudra si cela peut convaincre des gens de franchir le pas.

Tout d’abord, comme je l’ai expliqué, je suis végéta*ienne pour les animaux. Je suis pour le respect de la vie, contre la souffrance et je considère que l’on est à égalité avec les animaux au moins sur ces plans là : nous sommes tous vivants, et nous souffrons de la même façon (puisque nous avons un système nerveux). Dans ce cas, et selon mon point de vue, rien ne peut justifier de créer, d’élever, et de tuer dans les pires conditions possibles (voir le documentaire « Terriens » sur google, c’est très « instructif ») des êtres vivants sensibles tels que les animaux. Je suis contre le spécisme qui consiste à considérer qu’une espèce aurait plus de droit qu’une autre à vivre (par exemple, un chat aurait plus de « valeur » qu’une vache ou une poule). Pour moi le spécisme est au même rang que le racisme, et je ne tolère ni l’un ni l’autre. Et comme certains l’ont noté, le traitement infligé aux animaux va souvent de pair avec celui infligé aux hommes. Ce n’est pas pour rien que l’on a pu constater la naissance des premiers camps d’extermination en même temps que celle des abattoirs industriels… A réfléchir !

Deuxièmement, je suis végéta*ienne pour des raisons économiques. Actuellement des millions de gens souffrent de la famine dans le monde, gens à qui l’ont a pris leur terre pour produire des céréales qui vont nourrir… les bestiaux des pays riches. Or cette « viande » consomme énormément de céréales pour grandir et finalement être abattue pour le plaisir de nos palais. Toutes ces surfaces agricoles pourraient être exploitées et nourrir directement les populations les plus pauvres du monde, et même plus ! Selon certaines sources on pourrait même nourrir plus du double de la population actuelle avec ces terres ! C’est important pour moi de parler de cela car souvent on m’a reproché « ma sensiblerie » à l’égard des animaux alors que des peuples souffraient de la famine et de la guerre… En dehors du fait que je ne pense pas que se battre pour les animaux soit incompatible avec le fait de se battre pour les peuples pauvres et opprimés, je pense aussi à eux quand je refuse de manger de la viande ! Quand on sait que la nourriture risque de poser des problèmes dans les années à venir au vu de la croissance démographique actuelle, le végétarisme apparaît comme une solution possible !

Enfin, il se trouve qu’en plus de gaspiller les ressources pour le bétail, nous exploitons aussi directement les plus pauvres pour notre confort : on les paye une misère pour exploiter des terres qui ne les nourriront pas, et on les fait travailler dans des industries qui les tuent à petit feu (exploitation dans les pires conditions, ouvriers travaillant dans l’industrie du cuir manipulant à mains nues, jour après jour, des produits hautement toxiques pour leur santé…).

Troisièmement, je suis végéta*ienne pour des raisons écologiques. L’industrie de la viande pollue !! Les déjéctions des animaux contiennent beaucoup de méthane, gaz responsable de l’agrandissement du trou de la couche d’ozone, et bien souvent dans les élevages industriels tout part dans l’eau !! Sans compter les engrais chimiques que nous déversont chaque jour pour faire pousser plus vite les céréales qui vont nourrir ces animaux et qui contaminent les terres et les eaux alentours ! Eau que consomment évidemment beaucoup de gens pauvres… D’autre part ces animaux consomment énormément d’eau dans leur vie, et énormément de céréales comme je le disais précédemment… Actuellement, la forêt amazonienne part en fumée en partie pour les nourrir  ! Et j’en passe et pas des meilleures !

Quatrièmement, je suis végéta*ienne parce que je pense que c’est bon pour moi. Des études scientifiques sérieuses, menées notamment aux Etats-Unis et au Canada montrent que le végéta*isme est bien meilleur qu’un régime omnivore sur beaucoup de points notamment l’obésité, le cholestérol, la constipation, certains cancers, problèmes artériels, cardiaques…  Dans tous les cas, il a été prouvé qu’un régime végéta*ien n’est pas dangereux pour la santé ! Nous ferons je pense un article spécial concernant la diététique mais je tenais à dire que nous faisons généralement plus attention à ce que nous mangeons que les omnivores, équilibrant et diversifiant notre alimentation et que si le végétarisme était réellement mauvais pour la santé alors la moitié de la population indienne serait décimée actuellement (vu que 50% d’indiens sont végétariens). D’autre part, de grands sportifs sont aussi végétariens  (Carl Lewis par exemple). En tant que végétaliens, le seul apport que nous ne trouvons pas dans les végétaux est la vitamine B12, mais des complémentations efficaces existent (sous forme d’ampoules à prendre une fois par semaine ou par mois), et il existe des aliments enrichis (notamment les céréales du petit déjeuner ou des jus de fruits).

Pour finir, je pense que le végétarisme, pour toutes les raisons que j’ai citées plus haut rend plus humain. Le crier haut et fort n’est maintenant plus une difficulté pour moi, au contraire. Je ne pense pas être quelqu’un de sectaire ou extrémiste, et il me semble important de revendiquer une certaine éthique de vie et refuser de tuer directement ou indirectement en fait partie, en ce qui me concerne. Je n’ai pas à avoir honte de cela ! Ceux qui réagissent mal à nos idées sont pour moi ceux qui ont bien souvent les réponses en eux mais refusent d’accepter l’évidence pour ne pas avoir à changer leur mode de vie.

Sources et liens :

 

 
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Comment je suis devenue végétarienne… 4 février, 2009

Classé dans : réflexions isolées — Ewillana @ 22:02

Cette histoire pourrait commencer par : « Tout a commencé il y a bien longtemps dans les tréfonds de mon inconscient alors que je traversais les rayons boucherie du supermarché… », mais je trouve ça un peu trop pompeux pour ce que j’ai à exprimer là. Il est vrai que j’ai toujours beaucoup aimé les animaux et que j’en ai toujours côtoyé depuis mon enfance. Pour moi, ils ont toujours représenté plus qu’un cadeau de Noël, qu’on peut jeter quand il est usé ou qu’on a plus envie de s’en occuper, plus qu’un larbin qu’on peut exploiter sans s’en soucier jusqu’à ce qu’il ne soit plus rentable… J’ai eu des oiseaux, des chats, des chiens, j’ai pratiqué longtemps l’équitation et mes parents m’ont toujours appris à respecter « les bêtes », même si pour eux, le fait de les tuer et de les manger rentre dans l’acception du terme « respecter ».

Peut être que cette sensibilité est le point de départ de tout ça, et je pense que sans elle, il n’y a aucune réflexion ni remise en question autour du statut des animaux. Cela étant dit, j’ai toujours grandi dans une famille de « carnivores » où l’on pouvait laisser les légumes de côté à condition de finir la viande et jusqu’à une certaine époque je pouvais engouffrer mon steak sans avoir de remords en croisant le regard de mon chat ou de mes perruches. Je pouvais même câliner un jeune lapin dans les clapiers de mon grand père en sachant qu’il finirait un jour dans mon assiette… Il suffisait de ne pas trop s’attarder sur cette pensée.

Au fil des années, je sentais un certain malaise assez fugace néanmoins en achetant de la viande mais après tout, ne sommes nous pas « faits » pour manger de la viande ? A cette époque, je m’étais installée à Paris, je vivais seule et faisais donc les courses moi même, ça laisse un peu plus de marge pour réfléchir à ce que l’on consomme (quand on en a quelque chose à faire…). J’ai commencé à me disputer avec Nizou autour de cette question du végétarisme (lui venait de franchir le cap). Nous avions BESOIN de la viande (bien que je n’aie aucune connaissance sur la nutrition à cette époque), nous ne pouvions pas dérégler l’ordre de la chaine alimentaire, nous allions au devant d’un déséquilibre (qui chasserait les cerfs dans la forêt, et les lapins, les sangliers ? il fallait réguler ces populations…), si on arrivait à détenir des animaux dans de meilleures conditions d’exploitation et d’abattage, on ne les ferait pas souffrir et il n’y aurait aucune raison de se sentir mal à l’aise.

Mais mal à l’aise je l’étais, car mon ami avait de meilleurs arguments que moi. Ses tests sanguins ne montraient aucune carence, il avait l’air en pleine forme (comme toujours) et faisait très attention (bien plus que moi) à ce qu’il mangeait, veillant à équilibrer ses repas et à les diversifier. Pourquoi étions nous obligés de réguler les populations d’animaux dans les forêts ? N’était ce pas parce que nous avions exterminé tous leurs prédateurs naturels (loups, ours, renards…) ? Au regard de cela, n’était ce pas à nous de trouver une solution plus éthique (comme réintroduire des espèces en voie de disparition) au lieu de continuer à faire dans l’extermination ? Mon raisonnement me semblait quelque peu fragile, mais accepter que j’avais tort, que je contribuais à ma façon à la souffrance des animaux que je disais aimer, changer de mode de vie me semblait trop énorme et ne m’effleurait pas l’esprit. Néanmoins la machine était lancée, et il était impossible de la retenir.

Ce qui est bien avec la fac, c’est qu’on peut s’ouvrir l’esprit sur beaucoup de domaines, et quand j’ai vu que je pouvais choisir une option philosophie sur les rapports entre Hommes et Animaux au cours des siècles, en deuxième année, j’ai sauté sur l’occasion… Et c’est à partir de là… Non, en fait, ce n’est pas vrai. Pour être honnête, c’était la seule option qui me semblait intéressante et où il restait de la place, je me suis donc inscrite… Mais le destin est étrange parfois et cette UE n’a fait que relancer la réflexion qui germait dans ma tête sur ma façon de considérer l’animal. Je pourrais dire plutôt « cette UE n’a fait que commencer à me torturer » car j’étais de plus en plus en conflit ouvert avec moi même.

Pourquoi considérions nous l’Animal comme un être en « manque de ce qu’a » l’Homme ? Darwin n’a t-il pas montré que nous étions des animaux comme les autres ? Qu’est ce qui différenciait fondamentalement l’Homme de l’Animal ? Etait-ce la conscience, cette notion vague et floue qui ne trouve pas de définition exacte ? Pourtant les animaux ne sont pas des machines et elles ne semblent pas de façon évidente déterminées et programmées à la naissance… Alors oui, les animaux n’ont pas le langage,  ils ne peuvent pas décontextualiser (parler du passé ou du futur ou toute chose en dehors du contexte) mais ne sont  ils pas parfaitement adaptés à leur environnement ? Nous ne pouvons pas les juger par nous mêmes par rapport à nous mêmes, ce ne serait pas équitable. On ne peut pas être juge et partie. La notion d’intelligence est bien futile quand on sait qu’elle varie en fonction de la culture, et même du point de vue théorique que l’on adopte (je suis bien placée pour le savoir, vu que je suis étudiante en psychologie).

En parallèle, je suis devenue membre d’une association de protection animale pour les NAC (nouveaux animaux de compagnie), un refuge, qui a un site web et un forum (www.refugenac.com) et l’un des membres m’informa qu’il y avait une conférence sur l’éthique animale de Jean-Baptiste Jeangène Vilmer à l’occasion de la sortie de son bouquin, à Science Po le 20 mars dernier, et j’y suis allée. Je crois que je pourrais dater précisement le début de ma nouvelle façon de vivre de ce jour là. J’en suis ressortie transformée. Comme une métamorphose lente qui finit par aboutir. Il plaça des mots sur mes idées, des réponses à mes questions, n’apporta pas de « solution miracle » ni de conseils sur la façon dont toute personne morale devrait vivre, mais j’avais trouvé ma voie. L’Homme n’était plus le centre du monde (antropocentrisme) à la place était la souffrance que nous ressentions comme tout être doté d’un système nerveux (et même d’autres, au vu des découvertes scientifiques récentes) ce qui nous mettait enfin de façon indiscutable au même plan que les autres animaux. Tout devenait dès lors tellement plus facile ! 

J’ai changé du tout au tout extérieurement. Bien sûr, intérieurement, comme j’ai pu l’expliquer plus haut, il m’a fallu du temps pour accepter tout ça et en sortant de cette conférence, je n’en menais pas large. La culpabilité de mes actes et de ma façon de penser antérieure m’est tombée dessus brutalement, après que j’ai fait tant d’efforts pour la refouler. Et puis ça été un intense soulagement. Un grand « OUF ». Enfin, je pouvais aller de l’avant, changer, grandir en bref. Enfin, j’allais pouvoir être en accord avec mes convictions profondes, mettre de l’ordre, arrêter le conflit qui se jouait en moi depuis tout ce temps.

Il n’y a pas eu de période « d’adaptation », la veille j’étais omnivore, le lendemain j’étais végétarienne. Nizou n’en a pas cru ses yeux, lui qui croyait avoir définitivement perdu la bataille, mon petit ami m’a paru sceptique, mais n’a pas posé de questions particulières (peut être peu convaincu que mes convictions étaient solides, et puis de toute façon respectueux de mes décisions), le plus dur ayant été ma famille. J’ai mis un certain temps à leur dire, mais j’ai fini par le faire en essayant de m’expliquer le plus clairement possible, tout en résumant un peu mon parcours. Bizarrement, je n’ai pas eu droit à trop de railleries, et ils ne contestèrent pas trop mes choix. Ma mère me propose encore régulièrement du poulet  ou du poisson quand je viens la voir et mon père me ressort encore de temps en temps le coup du « cri de la carotte » sous différentes  variantes, mais dans l’ensemble je ne suis pas la végétarienne la plus a plaindre.

Depuis ma réflexion continue, et ma façon de vivre se « radicalise » encore, en quelque sorte : je suis en train de devenir végétalienne (je ne mange plus ni oeufs ni lait chez moi mais il m’arrive encore de le faire à l’extérieur). Ce nouveau changement est moins brutal car plus difficile à tenir en dehors de chez soi (regardez un peu les ingrédients de tout ce que vous mangez, et vous vous apercevrez que pratiquement tout contient du lait ou des oeufs). Mais avec un peu de temps, et d’expérience, on apprend à trouver des solutions et des astuces partout pour pouvoir mener la vie qu’on souhaite. Ce n’est qu’une question de conviction ;)

Quelques références pour ceux que ça intéresse :

  • Mondes animaux et monde humain de Jacob von Uexküll
  • Les animaux dénaturés de Vercors
 

 
 

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